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Les acteurs européens se félicitent de l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie [FR]

Publié 27 septembre 2006 - Mis à jour 28 mai 2012
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L'essentiel des acteurs européens soutiennent l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie en 2007, mais les opinions divergent quant aux futurs élargissements. 

Le 26 septembre 2006, la Commission a donné son feu vert à l'adhésion de la Bulgarie et la Roumanie en 2007. Cependant, le dernier rapport de suivi de l'exécutif européen prévoit des conditions strictes à leur adhésion. Certains domaines posant encore problème, comme le système judiciaire, la lutte contre la corruption, le crime organisé et l'agriculture, seront donc surveillés de près.

Si les conditions ne sont pas remplies, la Commission peut recourir à des clauses de sauvegarde. Selon le Traité d'adhésion, il existe trois types de clauses de sauvegarde : l'une porte sur la justice et les affaires intérieures, la deuxième concerne le marché intérieur et la troisième les échanges commerciaux, qui peuvent être invoquées trois ans après l'adhésion des deux pays. Ces mesures pourraient consister à interdire les exportations de denrées alimentaires et à réduire les fonds communautaires, comme les fonds structurels et agricoles. De plus, des mesures transitoires, comme les restrictions à la libre circulation des travailleurs en provenance des nouveaux Etats membres, sont prévues. La Commission peut enfin prendre des mesures de rattrapage pour garantir le fonctionnement des politiques européennes. Ces dernières portent sur la sécurité alimentaire et aérienne, les fonds agricoles, le système judiciaire et la lutte contre la corruption.

Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a déclaré : "Je ne pense pas qu'il serait raisonnable de poursuivre les élargissements avant d'avoir résolu la crise constitutionnelle en Europe." Cette déclaration pourrait susciter des doutes sur l'adhésion prochaine de la Turquie et des Balkans occidentaux, comme l'a promis l'UE. Néanmoins, M. Barroso a précisé qu'il "souhaitait voir la Croatie rejoindre l'UE le plus rapidement possible, si elle remplit tous les critères."

Réactions : 

Gouvernements

Le président bulgare Georgi Parvanov a déclaré que la Bulgarie avait atteint le même degré de préparation que les dix pays qui ont rejoint l'UE en mai 2004, précisant qu'il espérait que son pays bénéficierait donc du même traitement que ces dix Etats membres. Concernant les éventuelles clauses de sauvegarde, le président a de nouveau indiqué qu'il ne s'agirait pas de facteur incitant la Bulgarie à accélérer ses réformes.

Le premier ministre roumain Călin Popescu a déclaré : "Aujourd'hui, les Roumains ont une raison d'être fiers de leur pays! La Commission européenne a décidé dans son rapport de suivi définitif que la Roumanie adhérerait à l'UE le 1er janvier 2007. Nous accédons à l'Union européenne exactement dans les mêmes conditions que les dix autres Etats membres ont adhéré en 2004 et sans clauses de sauvegarde."

Parlement européen

Le président du Parti populaire européen (PPE) Wilfried Martens, a déclaré : "Il s'agit d'une décision historique. Après l'adhésion en 2004 de dix pays d'Europe de l'Est et de la région méditerranéenne, l'UE achève désormais la réunification du continent européen."

Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti Socialiste européen, a déclaré pour sa part : "Tenir notre promesse de laisser ces deux pays nous rejoindre, tout en fixant des conditions pour obtenir de meilleurs résultats dans la lutte contre la corruption et le crime organisé, est une bonne solution. Il aurait été injuste que la Bulgarie et la Roumanie soient victimes de la lassitude à l'égard de l'élargissement; il est cependant certain que certains domaines, comme le crime organisé, sont vraiment préoccupants."

Graham Watson, président du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE), a déclaré : "La taille compte. L'UE doit avoir autant de pays que possible qui partagent nos valeurs pour nous aider à relever les défis sérieux de notre époque."

Joost Lagendijk, du groupe des Verts, a indiqué : "Les Verts saluent le mécanisme de suivi strict mis en place après l'adhésion. La Commission ne doit pas hésiter à recourir aux clauses de sauvegarde si la Bulgarie et la Roumanie n'obtiennent pas les résultats escomptés dans des domaines comme la lutte contre la corruption de haut niveau, et ne doit pas non plus hésiter à suspendre les fonds agricoles si le contrôle des paiements par les agences locales s'avère insuffisant."

Annemie Neyts, présidente des Libéraux Démocrates Européens(ELDR) a déclaré que "la mise en œuvre de mesures d'accompagnement ne doit pas cacher le fait que cette décision est un accomplissement majeur pour les deux pays et qui doit être célébré." L'ELDR ne considère pas que l'élargissement de l'UE devrait s'arrêter après l'accession de la Roumanie et de la Bulgarie. "Les négociations d'adhésion qui sont en cours prendront un certain nombre d'années ce qui permettra à l’UE d’adapter ces institutions," a indiqué Annemie Neyts.

Conseil de l'Europe

René van der Linden,  président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, a déclaré : "Il était important de ne pas perdre la dynamique politique orientée vers l'adhésion, même s'il paraissait nécessaire de surveiller attentivement plusieurs questions restant à régler." il a toutefois ajouté que "la Commission de Suivi de l’APCE demeure vigilante en ce qui concerne la mise en œuvre des réformes et le respect des libertés fondamentales dans les 46 Etats membres."

Fédérations industrielles

Pierre Simon, président d'Eurochambres, a déclaré : "Eurochambres s'est toujours félicité de l'intégration économique de pays candidats dans l'UE. Par ailleurs, nous saluons la décision de la Commission de ne pas cacher les obstacles qui demeurent sur la voie de l'intégration. Nous devons continuer à préparer la communauté des affaires et la société civile dans son ensemble pour garantir une transition en douceur et éviter les désillusions."

Le président d'UNICE, Ernest-Antoine Seillière, a déclaré : "Avec une Union comptant près de 500 millions d'habitants, il devient plus urgent que jamais de réformer le processus décisionnel au sein des institutions européennes. Il faut des solutions adéquates pour donner à l'Europe les moyens de relever ces défis avec succès. Ce sera positif pour les nouveaux pays et pour l'UE elle-même."

Le secrétaire général de la CES, John Monks, a déclaré : "Ce jour marque une nouvelle étape importante dans la construction européenne. Il faut encore travailler pour construire l’Europe sociale à laquelle nous aspirons tous et il est temps maintenant de redoubler nos efforts pour y parvenir."

 

Prochaines étapes : 

Les deux pays rejoindront l'UE le 1er janvier 2007, à moins que le Conseil décide de reporter leur adhésion à 2008. La présidence finlandaise a promis que "le Conseil s'en tiendrait à ses accords."

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