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Mettre une annonceAlors que l’UE digère encore les derniers élargissements et est engluée dans la crise économique actuelle, l’Albanie a formellement déposé hier (28 avril) sa candidature, entamant ainsi un long chemin avant son entrée dans l’Union.
En règle générale, les candidatures à l’adhésion à l’UE sont déposées en coordination entre le pays candidat et la Commission européenne. Les seuls pays des Balkans occidentaux à ne pas avoir encore déposé de candidatures sont l’Albanie, la Serbie et la Bosnie-Herzégovine. Le Kosovo, qui a déclaré son indépendance en février 2008, constitue un cas à part car il n’a pas encore été reconnu par tous les pays de l’UE.
En décembre dernier, quelques jours seulement avant la fin de la présidence française de l'UE, le Monténégro a déposé sa candidature officielle à l'adhésion à l'UE, malgré le fait que la prochaine présidence, occupée par la République tchèque, témoigne d’un plus grand soutien à l'égard de l'adhésion de ce pays des Balkans (EurActiv 16/12/08). Un grand nombre d’observateurs pensent que la décision du Monténégro devrait encourager la Serbie et l’Albanie à en faire de même.
Prenant avantage de la présidence tchèque de l’UE, favorable à l’élargissement, le Premier ministre albanais Sali Berisha a annoncé le mois dernier que son pays se porterait candidat à l’adhésion à l’UE avant la fin du mois de juin (EurActiv 10/03/09).
Dans un entretien exclusif accordé à EurActiv, Erhard Busek, conseiller spécial à l’élargissement auprès de la présidence tchèque, a récemment confirmé que Tirana se préparait à déposer sa candidature (EurActiv 17/04/09).
L’Albanie est l’un des pays les plus pauvres d’Europe, et entame une lutte ardue pour rejoindre l’UE. Bruxelles reste peu convaincue des qualités démocratiques du pays des Balkans de l’Ouest.
Le Premier ministre albanais Sali Berisha a remis s’est porté candidat, à Prague, auprès du Premier ministre tchèque sortant, Mirek Topolánek, dont le pays occupe la présidence tournante de l’UE.
Le chemin qu’emprunte l’Albanie est encore long, et j’espère qu’il sera couronné de succès, a déclaré M. Topolánek lors d’une conférence de presse.
Dans un rapport publié en novembre, la Commission européenne affirmait que l’Albanie devait encore progresser dans le renforcement de l’administration d’Etat ainsi que de son système judiciaire, et dans la lutte contre le crime organisé et la corruption.
La Commission avait aussi instamment prié l’Albanie d’attendre les élections du 28 juin pour remettre sa candidature, affirmant que les élections tenues dans l’Albanie post-communiste n’avaient jamais été certifiées libres et justes par les observateurs internationaux.
L’offre de l’Albanie intervient après celle de son voisin des Balkans, le Monténégro, qui a postulé en décembre, et pourrait être suivie par celle de la Serbie plus tard cette année.
Plus tôt dans le mois, l’Albanie et la Croatie ont rejoint l’alliance de sécurité de l’OTAN menée par les Etats-Unis.
Le processus d’élargissement de l’UE pourrait être ralenti par les hésitations de certains Etats membres actuels quant à accepter davantage de membres après les dernières vagues d’élargissement.
Les admissions ne se feront pas de sitôt, excepté pour la Croatie, qui se trouve à un stade avancé des négociations, et peut-être l’Islande frappée par la crise, qui pourrait bénéficier d’une procédure d’adhésion accélérée.
(EurActiv avec Reuters. Cet article a été traduit de l’anglais par EurActiv)
Michael Leigh, directeur-général de la DG Elargissement de la Commission européenne, a accueilli favorablement la candidature de l’Albanie dans une déclaration écrite.
La Commission salue la candidature présentée par le Premier ministre de l’Albanie, M. Sali Berisha, au président du Conseil européen, le Premier ministre Mirek Topolánek, a déclaré M. Leigh. Aujourd’hui, a-t-il poursuivi, l’Albanie a posé un jalon historique, qui marque l’engagement significatif du pays à respecter des valeurs et fondements européens communs. C’est maintenant au Conseil de décider de la marche à suivre ; la Commission se prépare à rédiger un « avis » sur la candidature de l’Albanie, dans l’éventualité où le Conseil nous inviterait à la faire, a-t-il conclu.