L'Albanie a obtenu un feu vert « de principe » de la présidence tchèque de l'Union européenne pour déposer sa candidature d'ici à la fin juin, mais aucune date n'a encore été fixée, a précisé le Premier ministre albanais, lors d'un entretien avec l'AFP.
« On s'est mis d'accord pour présenter la demande », a ajouté M. Berisha, soulignant que 96 % des Albanais soutiennent l’adhésion du pays à l’UE.
La Commission européenne a identifié le fait que la procédure des prochaines élections parlementaires albanaises soit régulière comme une condition à la candidature du pays. L’Albanie prévoit de tenir des élections parlementaires le 28 juin. Parallèlement, le FMI a récemment averti que Tirana doit être prudente par rapport à ses dépenses avant les élections, soulignant que le pays devait faire attention à ne pas nuire à la stabilité macroéconomique du pays.
L’Albanie a une mauvaise réputation en ce qui concerne les élections, qui ont été souvent marquées par des fraudes et des incidents. Une nouvelle loi électorale visant à éviter la fraude a été récemment adoptée au Parlement.
Tout se joue lors des élections
La décision de M. Berisha de déposer la candidature d’adhésion à l’UE est considérée à Bruxelles comme une astuce préélectorale. La classe politique albanaise espère également que l’OTAN ouvrira ses portes à l’ancien pays communiste lors du sommet de l’Alliance des 3 et 4 avril. La Croatie devrait rejoindre l’OTAN au même moment.
Des diplomates ont en effet souligné que tout se joue lors des élections. D’autres scrutins jouent également un rôle, les élections européennes de juin en particulier, mais aussi les élections nationales en Allemagne en septembre. En outre, un second référendum sur le traité de Lisbonne devrait très probablement être organisé en octobre.
Dans un contexte de déclin du soutien populaire pour un nouvel élargissement de l’UE en Europe occidentale, les principaux partis politique ne souhaitent pas offrir des arguments aux populistes souhaitant exploiter les craintes selon lesquelles un pays pauvre comme l’Albanie représenterait un problème de plus pour l’UE, a indiqué un diplomate.


