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Mettre une annonceLa chancelière allemande Angela Merkel a soutenu le président français Nicolas Sarkozy dans sa volonté de créer une Union méditerranéenne. En échange, celui-ci lui a assuré que ce projet concernerait les 27 Etats membres.
M. Sarkozy avait émis l’idée d’une Union méditerranéenne pour la première fois durant sa campagne électorale en 2007, suggérant que les cinq pays d’Afrique du nord (le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Mauritanie et la Libye) et cinq Etats membres européens (La France, l’Espagne, l’Italie, le Portugal et Malte) devraient se regrouper (EurActiv 16/07/2007).
Selon la proposition française, l’Union méditerranéenne devrait se concentrer sur la criminalité et le terrorisme, le développement durable, l’immigration illégale et la sécurité énergétique.
L’initiative avait reçu le soutien de l’Italie, de l’Espagne et de la Grèce, mais s’était attirée de nombreuses critiques de l’Allemagne, qui souhaite s’assurer que l’initiative ne rivalise pas avec l’UE ou le partenariat euro méditerranéen (dans le cadre du « processus de Barcelone »).
Bien qu’ayant un champ d’application plus vaste, le « processus de Barcelone » n’est pas parvenu à répondre aux grandes attentes jusqu’ici, étant donné le manque de volonté des voisins du sud de l’UE à coopérer les uns avec les autres.
Lors d’une déclaration suite à l’inauguration officielle du Cebit - le salon des technologies de l’information et de la bureautique – à Hanovre, M. Sarkozy et Mme Merkel ont convenu qu’il faut une nouvelle base aux accords de l’Union avec les pays tiers de la côte méditerranéenne. Mme Merkel a décrit les activités de l’UE dans la région comme étant un élément central de la politique étrangère européenne.
A l’origine, M. Sarkozy comptait lancer officiellement l’initiative lors d’un sommet réunissant uniquement les 10 pays membres potentiels à Paris le 13 juillet, les autres membres européens ne devant participer à la rencontre qu’un jour plus tard. Suite à l’accord franco-allemand, tous les Etats membres européens seront désormais présent pour la création du nouveau projet.
La France reprendra la présidence de l’UE le 1er juillet 2008.
La proposition de la France de créer une Union méditerranéenne se heurte à une forte opposition de l’Allemagne et aurait même reporter une réunion bilatérale entre Mme Merkel et M. Sarkozy, prévue le 3 mars.
M. Sarkozy a notamment souligné que l’approvisionnement énergétique était un des principaux piliers de la nouvelle Union, la France ayant récemment conclu des accords avec la Libye et l’Algérie sur le transfert de la technologie de l’énergie nucléaire à usage civil. En contrepartie, la France se verrait accorder l’accès aux approvisionnements en gaz de ces pays (EurActiv 16/07/07, EurActiv 26/07/07).
Dès le début, la chancelière allemande Angela Merkel a clairement fait savoir que l’Allemagne souhaitait participer au projet : « la région de la Méditerranée est notre mission à tous en Europe », a-t-elle déclaré en s’adressant au Parlement allemand en décembre dernier. Elle avait ajouter que l’Europe ne peut réussir que dans l’unité (EurActiv 13/12/07).
Suite à l’accord franco-allemand, Mme Merkel a déclaré qu’elle recommanderait que la présidence slovène entame les premières négociations officielles sur le sujet lors du prochain Conseil européen les 13 et 14 mars.
Dernièrement, la France avait déjà indiqué qu’elle était consciente de l’irritation en Allemagne et dans d’autres Etats membres provoquée par l’appellation « Union méditerranéenne ». Le secrétaire aux Affaires européenne Jean-Pierre Jouyet avait alors déclaré qu’il s’agirait plutôt d’une « Union pour la Méditerranée » (EurActiv 29/02/08), cherchant à apaiser les craintes que cette Union ne devienne une entité séparée aux côté de l’UE.
La Turquie a également critiqué les plans français, considérant l’initiative comme un moyen d’écarter définitivement les ambitions turques d’adhésion à l’UE.