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Bouclier anti-missile : la Russie invite les petits acteurs à rester à l'écart

Publié 16 février 2010 - Mis à jour 31 août 2011
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La Russie a écarté aujourd'hui (16 février) la proposition de la République moldave du Dniestr qui invitait Moscou à déployer des missiles près de sa frontière avec la Roumanie en réponse à l'empressement de Bucarest à recevoir le bouclier anti-missile des Etats-Unis. Cet acte de la Russie semble représenter un message aux petits pays pour leur lire de rester à l'écart jusqu'à ce que la question ait été discutée à Washington.

Dmitry Rogozin, représentant de la Russie auprès de l'OTAN, a déclaré que l'invitation d'Igor Smirnov, dirigeant de la République moldave du Dniestr qui ne bénéficie pas d'une reconnaissance internationale selon laquelle Moscou devrait déployer ses missiles sur son territoire, pourrait déclencher un conflit régional sérieux, a rapporté la presse russe.

Ces derniers jours, la République moldave du Dniestr aurait demandé à Moscou de mettre en place un système de défense anti-missile sur son territoire pour contrer les projets américains consistant à déployer un bouclier anti-missile en Roumanie (voir Contexte).

Nous confirmons que nous pouvons déployer ce dont la Russie a besoin, aurait dit M. Smirnov.

La République moldave du Dniestr, région moldave à l'est de la rivière Dniestr, est considérée comme une zone de conflit gelé depuis la désintégration de l'Union soviétique. Sa population est à majorité russe et ukrainienne et ses dirigeants sont considérés comme les émissaires de Moscou. Bien que d'un point de vue international la République moldave du Dniestr fait partie de la Moldavie, ses autorités n'exercent de facto aucun pouvoir.

M. Rogozin se plaint du fait que la Russie sera incapable de remettre à zéro ses relations avec Washington si elle continue d'apprendre via les journaux les projets américains de déployer un bouclier anti-missile dans son voisinage.

Comment pourrions nous parler d'un vrai partenariat avec Washington si nous lisons des nouvelles déplaisantes dans les journaux, a-t-il demandé.

Le président bulgare va consulter M. Barroso

La semaine dernière, il est apparu que Washington entendait également installer des éléments de son controversé bouclier anti-missile en Bulgarie. L'ambassadeur américain auprès de la Bulgarie James Warlick a déclaré lors d'un évènement public à Sofia le 12 février que son pays prévoyait de discuter de la question avec les autorités bulgares.

Invité à donner ses impressions, le premier ministre bulgare a déclaré le même jour que la décision de la Bulgarie d'accueillir une partie du bouclier anti-missile américain était entre les mains du président bulgare Georgi Parvanov, qui d'après la constitution du pays est le commandant en chef, et aussi entre celles de la Commission européenne.

Lorsque vous êtes un membre de l'OTAN, vous devez travailler pour la sécurité collective, aurait déclaré M. Borissov, cité par Dnevnik, publication partenaire d'EurActiv en Bulgarie.

M. Parvanov devrait visiter Bruxelles la semaine prochaine et rencontrer le président de la Commission José Manuel Barroso ainsi que le président du Conseil Herman Van Rompuy mardi, selon des sources qui se sont confiées à EurActiv.

La Russie a apparemment compris que la Bulgarie était prête à accueillir le bouclier anti-missile américain.

Nous avons déjà demandé à nos partenaires américains comment nous devrions comprendre cela et pourquoi la surprise bulgare vennait après la surprise roumaine, a déclaré le ministre russe des affaires étrangères Sergei Lavrov dimanche (14 février).

Les diplomates bulgares ont déclaré à EurActiv qu'à leur connaissance la décision d'accueillir ou non le bouclier n'avait pas encore été prise.

Les Américains ont l'habitude de discuter d'abord avec les militaires bulgares, qui ont pour habitude d'être d'accord avec toutes leurs propositions. Ensuite, les diplomates des Etats-Unis pressent le gouvernement bulgare en disant : votre commandement militaire nous a dit que c'était faisable, a expliqué un diplomate qui a demandé à rester anonyme.

Et ensuite, nous avons peu de marge de manœuvre, s'est il plaint.

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Prochaines étapes : 
  • 22-23 février.: Le président bulgare Georgi Parvanov en visite à Bruxelles.
Bulgaria's Borissov: President should decide
Contexte : 

 Le président roumain Traian Basescu a annoncé le 4 février que son pays avait accepté une invitation du président américain Barack Obama d'accueillir un bouclier anti-missile (EurActiv 05/02/10).

M. Basescu a insisté pour dire que ce projet était dans les intérêts de son pays et qu'il n'était pas dirigé contre la Russie. Il a ajouté qu'un précédent projet des Etats-Unis de déployer un tel bouclier en Pologne et en République tchèque couvrait seulement une partie de la Roumanie, alors qu'avec le projet actuel l'intégralité du territoire roumain sera couvert et protégé.

Moscou s'est fortement opposée aux installations polonaises et tchèques, les considérant comme une menace pour sa sécurité. Après l'élection de M. Obama en novembre 2008, le président russe Dimitri Medvedev a menacé de déployer les missiles de moyenne portée Iskander dans l'enclave russe de Kaliningrad, à côté de la frontière polonaise, si les Etats-Unis persistaient dans leur démarche.

Après que M. Obama ait annoncé en septembre dernier son intention de repenser le système imaginé par son prédécesseur George W. Bush, la Russie a salué un nouveau commencement dans ses relations avec l'OTAN.

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