MM. Stanishev et Barroso se sont rencontré après s’être spontanément mis d’accord sur un rendez-vous lors du sommet de l’UE de la semaine dernière, ont indiqué des sources diplomatiques.
Les relations entre la Bulgarie et la Commission se sont tendues récemment après que Bruxelles a refusé de verser à la Bulgarie 220 millions d’euros de financement de préadhésion à la suite d’accusations de détournements (EurActiv 26/11/08). En réponse, des représentants bulgares de haut niveau ont accusé l’exécutif européen d’appliquer des doubles normes. La Commission a rejeté ces allégations.
M. Barroso a réitéré que la Commission insiste sur le fait que la Bulgarie doit fournir des résultats concrets et convaincants sur la réforme judiciaire par rapport à la lutte contre la corruption et la criminalité organisée. Le dernier rapport sur la Bulgarie publié par l’exécutif européen indique que les progrès sont timides, soulignant que la vérification resterait un travail de longue haleine (EurActiv 24/07/08)
Le processus de réforme doit accélérer au lieu de ralentir en Bulgarie, selon M. Barroso. Nous avons besoin d’un consensus en Bulgarie qui définit la lutte contre la corruption et la criminalité organisée comme une question d’importance nationale, et je tiens à souligner cet élément, a-t-il indiqué.
Des pressions sont exercées sur la Bulgarie pour qu’elle soumette à la Commission avant le 22 décembre l’information relative aux efforts visant à répondre à ces questions en suspens. L’information fera partie d’un rapport de suivi qui devrait être publié par l’exécutif européen en février. Mais compte tenu du fait que Bruxelles exige principalement que des peines efficaces soient appliquées aux criminels de haut niveau, la Bulgarie a peu d’information à fournir à ce sujet, a indiqué la presse à Sofia.
Ce qui semble être une nouveauté, c’est que les responsables politiques en Bulgarie essaient d’utiliser la question des fonds de l’UE à des fins politiques, a laissé entendre M. Barroso.
Nous n’autoriserons pas à des individus de s’adonner à des jeux politiques avec les fonds de l’UE, a indiqué M. Barroso.
Mark Gray, porte-parole de la Commission, a refusé de s’étendre sur la question de savoir si M. Barroso se référait à un partenaire de coalition au sein du gouvernement, le mouvement turc des droits et des libertés (DPS), que la plupart soupçonne de redistribuer les fonds et les projets de l’UE dans les cercles du parti.
Au sortir de la rencontre, M. Stanishev a indiqué aux journalistes qu’il ne s’est pas senti personnellement visé par les remarques de M. Barroso, faisant allusion que la Commission ne se concentrait pas sur son parti BSP (Parti socialiste bulgare). Mais il a indiqué qu’il ne voulait pas se prononcer sur les personnes qui s’adonnent à des jeux politiques en Bulgarie en utilisant l’argent de l’UE.
Toutefois, M. Stanishev a laissé entendre qu’il y aurait des raisons de penser que même les partis de la coalition participent à de tels jeux.
Personne, quel que soit le parti au sein du gouvernement ou dans l’opposition, ne pourrait s’imaginer détourner des fonds de l’UE, a-t-il indiqué. Depuis 2005, la Bulgarie a été conduite par une coalition tripartite entre le BSP, le DPS et le Mouvement national pour la stabilité et le progrès (NDSV). Les élections sont prévues pour mi-2009.



