Quelques heures seulement après que le commissaire européen à la Justice, la liberté et la sécurité, Jacques Barrot, a vivement critiqué la Bulgarie pour son manquement à prendre des mesures énergiques contre le crime organisé, deux « hommes d’affaires » célèbres ont été emprisonnés pour des faits d’escroquerie, a rapporté la presse bulgare aujourd’hui (22 janvier).
Selon un dicton populaire, les fameux frères Galevi seraient les propriétaires de la première ville privée de Bulgarie, Dupnitsa, qui se trouve à 60 kilomètres au sud de Sofia. Les « frères » Galevi ne sont en fait pas frères mais ils ont la même apparence virile que la mafia roumaine affectionne.
Parallèlement, dans la Roumanie voisine, les procureurs ont inculpé Adrian Nastase, Premier ministre du pays depuis 2004, ainsi que quatre autres complices, pour des faits de corruption.
Selon les charges retenues contre eux, l’homme politique social démocrate a incité des entreprises à participer à un système frauduleux de certification d’entreprises, dont les recettes étaient utilisées pour financer sa tentative présidentielle manquée en 2004.
La Bulgarie et la Roumanie n’ont peut être pas coordonné leurs actions, mais c’est précisément la bataille contre la corruption de haut niveau, qui est perçue par la Commission comme un critère important pour les deux pays dans le processus de surveillance qui a suivi leur adhésion à l’UE. Le critère de corruption est actuellement celui qui pèse le plus pour la Roumanie, tandis que la Bulgarie a été incapable de satisfaire les attentes de la Commission quant à la lutte contre les puissants groupes du crime organisé.
M. Barrot s’est rendu à Sofia mardi et a indiqué que le système judiciaire bulgare ne produisait que très peu de résultats positifs. En effet, même dans les rares cas où des membres de haut vol de la pègre ont été arrêtés et poursuivis en justice, ils ont toujours su arriver à leurs fins devant la cour, confirmant les soupçons que le système judiciaire n’est pas seulement inefficace, mais aussi corrompu.
Un état de la situation dans les deux pays, prévu conformément au mécanisme de coopération et de vérification, une mesure sans précédent mise en place pour accompagner les deux pays au cours des deux première années au sein de l’UE, devrait être rédigé pour février. Des sources ont indiqué à EurActiv que la Roumanie lutte pour terminer sa surveillance, alors que la Bulgarie essaie d’éviter la sanction la plus lourde de l’UE : une clause de sauvegarde qui annulerait les décisions de la cour bulgare à l’égard des autres pays de l’UE.



