EurActiv Logo
Actualités & débats européens
- dans votre langue -
Click here for EU news »
EurActiv.com Réseau

TOUTES LES RUBRIQUES

La candidature serbe à l’UE ne va plus tarder [FR]

Publié 08 décembre 2009
Étiquettes
Serbia
Version imprimableSend by email

Le président serbe Boris Tadić a salué hier (7 décembre) le déblocage d’un nouvel accord commercial provisoire avec l’UE, expliquant aux journalistes que son pays ferait bientôt sa demande pour le statut de candidat, a rapporté l’agence serbe BETA.

S’exprimant à Prague, où il participait au congrès du Parti socialiste européen, M. Tadić a déclaré que le déblocage de l’accord provisoire serait suivi d’une analyse approfondie, et que peu de temps après une décision serait prise sur le moment opportun pour la Serbie de faire sa demande pour le statut de candidat à l’UE.

Les ministres des Affaires étrangères ont décidé hier d’activer un accord commercial intérimaire avec la Serbie, exprimant ainsi leur satisfaction de voir Belgrade mettre en oeuvre des réformes européennes essentielles – y compris l’accord lui même.

Cette mesure ne va pas jusqu’à débloquer l’Accord de stabilisation et d’association (ASA), mais elle est considérée comme un pas en avant de la part des Pays-Bas, qui jusqu’ici se sont montrés très stricts quant à la coopération de la Serbie avec le TPIY (Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, voir ‘Contexte’).

Serge Brammertz, le procureur en chef du TPIY, a informé les ministres en détail à propos de la coopération de la Serbie avec le tribunal, qu’il a qualifié de « meilleure que jamais auparavant ». De son côté, le ministre des Affaires étrangères néerlandais Maxime Verhagen a confirmé que Belgrade avait fait tout son possible.

La décision de débloquer l’ASA devrait être prise après six mois, après le prochain rapport régulier de M. Brammertz devant le Conseil de sécurité de l’ONU, ont affirmé des diplomates serbes à notre site Internet.

Les relations entre Bruxelles et Belgrade n’ont jamais été meilleures, ont admis ces diplomates, se référant à la décision récente de lever les restrictions de visa pour les citoyens serbes visitant les pays de l’espace Schengen.

Un diplomate occidental cité par Reuters a déclaré que l’UE avait fait un geste à l’égard de Belgrade, tout en continuant à faire pression sur elle.

La presse serbe cite M. Verhagen, qui aurait dit que Belgrade ne devrait pas se précipiter pour sa candidature à l’UE et qu’elle ferait mieux d’attendre jusqu’à ce que l’ASA soit ratifié par l’UE.

Vladimir Vučković, professeur à l’Université Megatrend de Serbie, a déclaré au quotidien Blic que le déblocage de l’accord intérimaire changerait peu de chose pour la Serbie en termes pratiques puisque le document était déjà mis en œuvre.

Mais il a ajouté que la mesure améliorerait l’image du pays et aiderait à attirer les investissements étrangers.

Contexte : 

En règle générale, les candidatures à l’adhésion à l’UE sont déposées en coordination entre le pays candidat et la Commission européenne. Les seuls pays des Balkans occidentaux à ne pas avoir encore déposé de candidatures sont la Serbie et la Bosnie-Herzégovine. Le Kosovo, qui a déclaré son indépendance en février 2008, constitue un cas à part car il n’a pas encore été reconnu par tous les pays de l’UE.

La base juridique des relations UE-Serbie est l’Accord de stabilisation et d’association (ASA). Belgrade s’est vu offrir cet accord en avril 2008 alors que l’Union tentait de soutenir les forces proeuropéennes en amont d’élections nationales cruciales (EurActiv 30/04/09).

La Serbie a ratifié l’ASA en septembre 2008 (EurActiv 09/09/08). Cependant, cet accord doit encore entrer en vigueur. Du côté de l’UE, l’attitude du gouvernement néerlandais est actuellement le seul obstacle restant quant à la mise en œuvre de l’ASA. Certains Etats membres ont fait pression pour que l’ASA soit ratifié depuis la capture du criminel de guerre Radovan Karadžić en juillet 2008 (EurActiv 22/07/08).

Toutefois, l’administration néerlandaise insiste pour dire qu’elle ne lèvera son veto que lorsque les autres criminels de guerre recherchés, Ratko Mladić et Goran Hadžić, seront arrêtés et remis entre les mains du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Elle attend également la confirmation du procureur en chef du tribunal, Serge Brammertz, concernant la réalité de la pleine coopération de Belgrade avec le tribunal.

More in this section

Publicité