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Chypre : des progrès importants avant un arrêt temporaire des discussions

Publié 31 mars 2010
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Cyprus Turkey
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Les dirigeants des parties turques et grecques de Chypre ont affirmé le 30 mars que d'importants progrès avaient été réalisés dans les discussions de réunification sous la surveillance de l'ONU. Toutefois, les négociations vont maintenant s'arrêter en amont des élections dans le nord, la partir de l'île occupée par la Turquie.

Suite aux nombreuses rencontres qui ont eu lieu à ce jour, et à nos discussions sur tous les aspects du problème chypriote, nous sommes encouragés par les importants progrès que nous avons effectués jusqu'ici sur les chapitres de la gouvernance, du partage du pouvoir, des questions relatives à l'UE et à l'économie, et nous sommes certains qu'en persévérant nous devrions parvenir à un accord détaillé, ont affirmé le dirigeant chypriote turc Mehmet Ali Talat et son homologue chypriote grec Dimitris Christofias dans une déclaration commune.

Nous soulignons le fait que les négociations sont conduites en vertu du principe fondamental de l'approche d’ensemble intégrée, qui signifie que rien n'est conclu à part si on s'accorde sur tout, ont expliqué les deux dirigeants dans une déclaration.

Le document à été présenter en leur nom par Alexander Downer, le conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU pour Chypre.

Les deux dirigeants ont affirmé être convaincus que leurs inquiétudes mutuelles pour le bien commun des deux parties de Chypre et leur désir d'aboutir à une solution globale conduirait prochainement à une discussions exhaustive sur les aspects du problème qui restent à régler.

Les deux dirigeants ont fait part de leur espoir que les écarts entre leurs deux positions puissent se rapprocher en vue d'une solution mutuelle acceptable, qui serait soumise à des référendums simultanés.

Alors que les négociations restent confidentielles, il est admis que les deux dirigeants doivent expliquer à leurs communautés quels progrès ont été réalisés jusque là et quelles différends doivent toujours être résolus, ajoute la déclaration conjointe.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a salué les nouvelles en provenance de Nicosie, affirmant que les progrès des discussions montraient le degré d'engagement et de responsabilité que les deux dirigeants s'efforcent de mettre dans les discussions pour parvenir à un accord.

La déclaration montre également les progrès importants qui ont été effectués depuis que les négociations à part entière ont débuté le 3 septembre 2008. Ces aboutissements montrent clairement qu'un accord est sur le point d'être trouvé et qu'il existe une chance de finaliser les discussions dans les prochains mois à venir, a dit M. Barroso.

L'incertitude des élections

Toutefois, les élections qui auront lieu dans la partie nord de l'île le 18 avril pourraient compliquer le cours des négociations, écrit la presse turque. Hardliner Dervis Eroglu est perçu comme largement favori de ces élections.

La presse chypriote a rapporté que M. Christofias aurait dit lundi qu'il avait entendu de nombreuses discussions ces derniers temps sur le fait que la question chypriote devenait unproblème pour la réélection de M. Talat.

Se référent à ceux qui prennent part aux discussions, M. Christofias a affirmé : je ne sais pas ce qu'ils veulent. Peut-être qu'ils veulent [Dervis] Eroglu au final […] et si M. Eroglu gagne quel sera le résultat? Une stagnation continue? Une impasse continue? Nous devons nous demander si nous voulons réellement servir correctement ce pays. Je continuerai donc à essayer et espérer que M. Talat remporte l'élection et recherche une solution, a déclaré M. Christofias.

Prochaines étapes : 
  • 18 avril : Les élections doivent avoir lieu dans la partie nord de Chypre, occupée par la Turquie.

    .
Key players in Cyprus: Downer, Talat, Christofias
Contexte : 

La division de Chypre représente l'une des questions les plus difficiles qui affectent les relations UE-Turquie, la future adhésion de la Turquie à l'UE dépendant de la résolution de ce différend.

Malgré des efforts répétés sous l'égide de l'ONU pour amener les dirigeants des communautés grecques et turques de Chypre à s'entendre, l'île est restée divisée depuis 1974.

En 1992, le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan avait présenté un plan de réunification, suggérant une fédération des deux entités avec une présidence tournante, qui avait soulevé l'enthousiasme.

En avril 2004, les Chypriote grecs ont rejeté le référendum sur le plan onusien connu sous le nom de Plan Annan, tandis que les Chypriotes turcs l'acceptaient. L'échec du référendum fut une déception pour l'UE, qui avait accepté de laisser Chypre rejoindre l'Union en partie avec l'espoir que cette initiative encouragerait une solution au problème chypriote. En mai 2004, la République de Chypre (partie grecque) est devenue un membre à part entière de l'UE.

Lors du sommet de décembre 2004, les dirigeants de l'UE ont convenu d'ouvrir les négociations d'adhésion à la Turquie à partir d'octobre 2005. L'une des conditions explicites était qu'Ankara étende son accord d'association de 1963 signé avec l'entité précédant l'UE, la Communauté économique européenne, aux dix nouveaux Etats membres de l'UE. Ce groupe incluait l'Etat chypriote grec, qui n'est pas reconnu par la Turquie.

En juillet 2005, la Turquie a signé un protocole étendant son union douanière aux dix nouveaux membres, mais Ankara a dans le même temps fait une déclaration affirmant que sa signature ne signifiait pas une reconnaissance de la République de Chypre. La Turquie a également refusé d'ouvrir ses ports et ses aéroports à Chypre, puisqu'elle prétend que l'UE ne commerce pas directement avec la partie nord non reconnue de l'île (EurActiv 08/01/10).

Jusqu'ici, seulement un chapitre d'adhésion (science et recherche) a été provisoirement fermé. Onze autres ont été ouverts, mais huit restent bloqués à cause de la non mise en œuvre par la Turquie du Protocole d'Ankara, qui dispose que l'accès aux ports devrait être garanti aux vaisseaux de la République de Chypre.

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