Le radical Derviş Eroğlu, issu du Parti de l'unité nationale (UBP - droite), a été élu président de Chypre du Nord suite à une élection animée dimanche (18 avril), a rapporté la presse turque.
M. Eroğlu a remporté 50,38 % des voix dans cette élection qui comptait sept candidats, alors que le candidat indépendant pro réunification Mehmet Ali Talat est resté à la traîne avec 42,85 % des voix, selon des résultats non officiels.
Le résultat de l'élection devrait aider à déterminer le futur des discussions de paix menées par l'ONU sur cette île divisée.
Les critiques du président nouvellement élu craignent qu'il ne stoppe les discussions de paix actuelles avec les Chypriotes grecs. Toutefois, dans son discours de victoire après l'élection, M. Eroğlu a assuré qu'il ne serait pas celui qui se détournerait dela table des négociations, écrit le quotidien turc Hurriyet.
Les négociations continueront, a dit le nouveau président au moment de réagir au résultat au siège de son parti,mettant au défi les critiques selon lesquelles il ne parviendrait jamais à une réconciliation.
Il a déclaré : les discussions continueront, afin de défendre les droits de notre peuple à la table des négociations, et pour trouver un accord viable et honorable.
M. Eroğlu, dont le parti UBP a remporté les élections législatives il y a un an et qui dirige le gouvernement dans le nord, soutient une solution à deux Etats, une option vigoureusement rejetée par les Chypriotes grecs, qui préconisent un Etat fédéral, avec deux zones administratives, et deux communes.
Le vainqueur des élections devra négocier un accord dans le cadre des discussions chapeautées par l'ONU, qui sont également cruciales pour le processus d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Ankara a encouragé à de nombreuses reprises la poursuite des discussions, ce qui a été perçu par beaucoup comme un clair soutien en faveur de M. Talat.
Nous aurons de bonnes relations avec notre patrie, la Turquie. Je poursuivrai les discussions à la table des négociations avec le dirigeant des Chypriotes grecs Dimitris Christofias, a dit M. Dervişoğlu.
Environ 164 000 électeurs se sont rendus aux urnes. Le taux de participation a été plus élevé qu'il y a 5 ans, atteignant les 76,37 % comparé à environ 69 % en 2005, d'après les résultats non officiels. Lorsque le nombre de votes reçus par M. Eroğlu a dépassé 50 %, ses partisans se sont rués versla place Atatürk à Nicosie pour célébrer la victoire.
Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan a fait plusieurs déclarations à la veille des élections, considérées par certains comme un soutien pour M. Talat (voir les "Positions").
La situation chypriote pèse lourdement sur la candidature d'adhésion à l'UE de la Turquie. Lorsque les dirigeants européens se sont accordés en décembre 2004 pour ouvrir les discussions d'adhésion avec la Turquie le 3 octobre 2005, l'une des conditions spécifiques était qu'Ankara prolonge l'accord d'association avec le prédécesseur de l'UE, la Communauté Economique Européenne, avec les dix nouveaux membres de l'Union. Ce groupe comprend l'Etat chypriote grec, qui n'est pas reconnu par la Turquie.
En juillet 2005, la Turquie a signé un protocole élargissant son union douanière aux dix nouveaux membres de l'UE, mais au même moment Ankara a émis une déclaration selon laquelle sa signature ne signifiait pas qu'elle reconnaissait la République de Chypre. La Turquie a également refusé d'ouvrir ses ports et aéroports à Chypre, alors qu'elle affirme que l'UE n'a pas réussi à commercer directement avec la partie nord de l'île non reconnue (EurActiv 08/10/10).




