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Chypre : les négociations s’accélèrent avant des élections cruciales [FR]

Publié 05 janvier 2010
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Cyprus Turkey
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Le président chypriote et le dirigeant chypriote turc ont mis en avant leur espoir que 2010 soit l’année de la résolution du conflit de Chypre. Mais selon les observateurs, il leur reste peu de temps, alors que des élections dans la partie nord occupée de l’île devraient amener au pouvoir un partisan de la ligne dure.

Dans une déclaration conjointe après leur dernière rencontre en 2009, dans le cadre des négociations directes visant à résoudre le problème chypriote, le président de Chypre Demetris Christofias et le dirigeant chypriote truc Mehmet Ali Talat ont également annoncé les dates de leurs pourparlers intensifs qui se tiendront en janvier 2010, a rapporté la presse chypriote.

Ces rencontres auront lieu les 11, 12, 13 et 18, 19, 20 janvier au domicile de l’envoyé spécial de l’ONU dans la zone protégée de l’ONU. Selon cette déclaration, lors de ces rencontres, les dirigeants essayeront de parvenir à davantage de convergence sur la gouvernance et le partage du pouvoir, sur l’économie et les questions européennes. Ils continueront également leurs discussions sur le problème de la propriété.

M. Christofias a remarqué qu’il y avait peu de chances que le problème chypriote soit résolu avant les élections d’avril dans la partie nord de Chypre sous domination turque et que ces négociations continueraient après les « soit disantes élections » avec celui ou celle qui deviendrait le leader de la communauté turque de Chypre, a-t-il dit.

M. Christofias a rejeté tout concept d’accord intérimaire, une question qui selon lui ne se pose pas.

Répondant à une question, il a dit que la Turquie violait le droit international, les principes de l’ONU et les conventions sur les droits de l’homme.

La presse chypriote a également cité M. Christofias, expliquant que son gouvernement s’activait auprès de la communauté internationale pour qu’elle fasse pression sur la Turquie et qu’elle change de position sur le problème chypriote.

Selon la presse régionale, Derviş Eroglu, le premier ministre radical de la partie turque de Chypre, reconnue par aucun pays à l’exception de la Turquie, devrait remporter les élections et remplacer M. Talat, considéré comme une colombe.

Puisqu’il n’y aura pas d’accord avant les élections, les négociations devront continuer après ces élections, a expliqué M. Eroglu, cité par la presse turque. Cette déclaration semble destinée à dissiper les craintes communément exprimées de voir son élection déboucher sur un blocage des négociations de réunification.

Réactions : 

L’expert en politique étrangère turc Mensur Akgün, a déclaré que l’adhésion de la Turquie à l’UE pourrait être stoppée si le conflit chypriote reste non résolu, écrit le quotidien Zaman.

M. Akgün, professeur associé et président du département des relations internationales à l’ Istanbul Kültür University (IKÜ), a averti que la Turquie avait perdu son désir de devenir membre de l’UE et qu’elle n’était pas prête à faire des sacrifices.

Interrogé pour savoir s’il pensait que les négociations d’adhésion de la Turquie seraient stoppées en 2010, il a répondu :

C’est possible, même si personne ne le souhaite. Ni les Grecs, ni les Turcs, ni les Français – personne ne le souhaite. Mais lorsque l’on observe les développements pratiques, nous nous dirigeons dans cette direction. Nous n’avons peut être pas de chapitres à négocier. Huit chapitres ont été suspendus en raison du non respect par la Turquie de ses responsabilités en matière de droits de douane, c'est-à-dire en réalité pour ne pas avoir ouvert ses aéroports et ports maritimes aux vaisseaux battant pavillon chypriote grec. Cinq des chapitres sont bloqués de facto par la France pour décourager la Turquie d’obtenir une adhésion pleine et entière. Les chypriotes grecs ont récemment annoncé qu’ils bloqueraient six autres chapitres. Il existe d’autres obstacles et conditions pour progresser dans l’adhésion de la Turquie, sans parler de ceux qui sont bloqués par la Turquie pour évaluation.

Contexte : 

L’élection de Demetris Christofias en tant que président de Chypre en février 2008 a ouvert des perspectives encourageantes pour la réunification de l’île, grâce aux bonnes relations personnelles de ce dernier avec le dirigeant de la communauté chypriote turque Mehmet Ali Talat. Depuis que l’île a été envahie par les troupes turques en 1974 pour empêcher l’annexion par la Grèce, Chypre est divisée en deux.

L’un des exemples frappants de ce nouveau climat de confiance fut la réouverture du passage de Ledra au cœur de Nicosie, la capitale, en avril 2008 (EurActiv 04/04/08).

M. Christofias est secrétaire général d’AKEL, un parti marxiste léniniste, et il est le premier chef d’Etat communiste de l’UE. Il entretient de bonnes relations avec le dirigeant de la République turque de Chypre du Nord, non reconnue, menée par Mehmet Ali Talat, qui est également issu des rangs de la gauche.

Comme l’a rappelé M. Christofias lors d’un entretien  avec EurActiv, son message à la communauté internationale est de conseiller la Turquie pour qu’elle se montre constructive et reste éloignée des négociations.

Les conclusions du Conseil européen de décembre notent que la Turquie, malgré des appels répétés, continue de refuser de respecter son obligation d’ouvrir ses ports aériens et maritimes aux vaisseaux battant pavillon chypriotes grecs, et n’a réalisé aucun progrès concernant la normalisation de ses relations avec la République de Chypre. Huit chapitres des négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE sont bloqués à cause de ce non respect. 

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