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Le conflit diplomatique entre Serbie et Kosovo gronde encore [FR]

Publié 20 janvier 2010 - Mis à jour 01 mars 2010
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Les pays des Balkans occidentaux n’ont pas encore trouvé un modus vivendi sur la manière de traiter le Kosovo et son statut hybride. La décision serbe de rappeler son ambassadeur au Monténégro lundi (18 janvier), à la suite de la décision de Podgorica d’établir des relations diplomatiques avec le pays en devenir, n’est que la dernière illustration de ce conflit diplomatique.

La quête du Kosovo pour sa reconnaissance est loin d’être terminée. Que ce soit au niveau régional, européen ou international, la région sééparatiste du sud n’a pas réussi pour le moment à rassembler un consensus suffisant pour faire de son statut d’Etat un fait accompli.

Dans les Balkans, la Croatie, la Slovénie, l’Albanie, le Monténégro, la Macédoine et la Bulgarie ont tous reconnu l’indépendance du Kosovo. La Serbie, la Bosnie, la Grèce et la Roumanie y restent opposées.

En plus des deux derniers pays cités, les Etats membres de l’UE Chypre, la Slovaquie et l’Espagne –actuellement titulaire de la présidence de l’UE pour le premier semestre 2010 (EurActiv 07/01/10) – n’ont également pas reconnu le statut international du Kosovo.

En dehors de l’Europe, ceux qui renient le plus nettement l’existence du Kosovo sont les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine).

Un nouveau chapitre a récemment aggravé cette guerre diplomatique, lorsque la Cour de justice internationale a accepté le 1er décembre 2009 d’examiner la légalité d’une requête serbe dont le but était d’annuler la déclaration d’indépendance du Kosovo (EurActiv 01/12/09). 

Les espoirs de ceux qui croyaient que la Serbie assouplirait sa position suite à la soumission de sa candidature d’adhésion à l’UE le 22 décembre de l’année dernière (EurActiv 04/01/10) se sont envolés.

Dans un entretien avec le New York Times, le ministre des Affaires étrangères serbe Vuk Jeremic a clairement exprimé cette opinion en affirmant : cet endroit, le Kosovo, est notre Jérusalem ; on ne peut simplement pas le traiter d’une autre manière que notre Jérusalem. Ainsi, les efforts de la Serbie pour dompter le Kosovo ne semblent pas être entravés par sa candidature d’adhésion à l’UE.

Des événements récents ont montré que les conséquences ne seront pas juste superficielles et les relations de la Serbie avec les pays ayant reconnu le Kosovo pourraient se détériorer.

On peut prendre l’exemple du 18 janvier 2010 : la Serbie a rappelé son ambassadeur suite à la décision du gouvernement monténégrin d’établir des relations diplomatiques avec les autorités du Kosovo.

Cité par Emportal, M.Jemeric a déclaré qu’établir des relations diplomatiques entre le gouvernement monténégrin et Pristina mettait en danger la stabilité de la région et rendait plus difficiles les bonnes relations entre les pays voisins.

Par ailleurs, les tensions entre Belgrade et Pristina ont mis en péril les relations bilatérales entre la Serbie et la Croatie (EurActiv 12/01/10) en amont de l’investiture du président nouvellement élu Ivo Josipovic (EurActiv 11/01/2010), qui devrait avoir lieu le18 février 2010.

Le président serbe Boris Tadic a déclaré que M. Josipovic devait faire un choix clair, car il ne sera pas présent à la cérémonie si le président kosovar Fatmir Sejdiju y assiste. D’après M. Tadic, cela pourrait revenir à une tacite reconnaissance du Kosovo par la Serbie.

Les problèmes liés aux relations bilatérales Serbie-Kosovo sont susceptibles de s’étendre bien après la cérémonie d’investiture de M. Josipovic. La Serbie préside le conseil de l’Accord de libre-échange centre-européen depuis le1er janvier 2010. Si aucune solution n’est trouvée, la gestion de cette institution pourrait être confrontée à un obstacle. Un dégel serait d’autant plus urgent que les investissements étrangers directs au Kosovo se sont réduit de 22% en 2009, selon un rapport du média en ligne BalkanInsight.com, fondé sur les estimations de la Banque centrale kosovare.

Les divisions de l’Europe sur le statut du Kosovo pourraient être nuisibles pour trouver un compromis qui fonctionne, et les tensions entre la Serbie et le Kosovo pourraient avoir des répercutions problématiques pour la coopération avec la région toute entière.

Contexte : 

Le Kosovo, plus petite nation des Balkans, a fait sécession de la Serbie en 2008, soit 9 ans après la fin de la guerre de 1998-1999 entre les forces de sécurité de Belgrade et la guérilla de l’ethnie albanaise. Durant les années suivantes, la Kosovo a été sous protectorat international assuré par les soldats de maintien de la pais de l’OTAN.

Après la déclaration d’indépendance du Kosovo le 17  février 2008, la République, forte de 2 millions de personnes parmi lesquels 90 % viennent de l’ethnie albanaise, a mis en place de nombreux attributs étatiques, notamment une nouvelle constitution, une armée, un hymne nationale, un drapeau, des passeports, cartes d’identité et une centrale de renseignements. 

Le 15 novembre 2009, le Kosovo a tenu ses premières élections depuis sa déclaration d'indépendance. Les personnes d'origine serbe se sont divisés sur la question de la participation à ces élections. La participation générale a été de 45%. 

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