La quête du Kosovo pour sa reconnaissance est loin d’être terminée. Que ce soit au niveau régional, européen ou international, la région sééparatiste du sud n’a pas réussi pour le moment à rassembler un consensus suffisant pour faire de son statut d’Etat un fait accompli.
Dans les Balkans, la Croatie, la Slovénie, l’Albanie, le Monténégro, la Macédoine et la Bulgarie ont tous reconnu l’indépendance du Kosovo. La Serbie, la Bosnie, la Grèce et la Roumanie y restent opposées.
En plus des deux derniers pays cités, les Etats membres de l’UE Chypre, la Slovaquie et l’Espagne –actuellement titulaire de la présidence de l’UE pour le premier semestre 2010 (EurActiv 07/01/10) – n’ont également pas reconnu le statut international du Kosovo.
En dehors de l’Europe, ceux qui renient le plus nettement l’existence du Kosovo sont les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine).
Un nouveau chapitre a récemment aggravé cette guerre diplomatique, lorsque la Cour de justice internationale a accepté le 1er décembre 2009 d’examiner la légalité d’une requête serbe dont le but était d’annuler la déclaration d’indépendance du Kosovo (EurActiv 01/12/09).
Les espoirs de ceux qui croyaient que la Serbie assouplirait sa position suite à la soumission de sa candidature d’adhésion à l’UE le 22 décembre de l’année dernière (EurActiv 04/01/10) se sont envolés.
Dans un entretien avec le New York Times, le ministre des Affaires étrangères serbe Vuk Jeremic a clairement exprimé cette opinion en affirmant : cet endroit, le Kosovo, est notre Jérusalem ; on ne peut simplement pas le traiter d’une autre manière que notre Jérusalem. Ainsi, les efforts de la Serbie pour dompter le Kosovo ne semblent pas être entravés par sa candidature d’adhésion à l’UE.
Des événements récents ont montré que les conséquences ne seront pas juste superficielles et les relations de la Serbie avec les pays ayant reconnu le Kosovo pourraient se détériorer.
On peut prendre l’exemple du 18 janvier 2010 : la Serbie a rappelé son ambassadeur suite à la décision du gouvernement monténégrin d’établir des relations diplomatiques avec les autorités du Kosovo.
Cité par Emportal, M.Jemeric a déclaré qu’établir des relations diplomatiques entre le gouvernement monténégrin et Pristina mettait en danger la stabilité de la région et rendait plus difficiles les bonnes relations entre les pays voisins.
Par ailleurs, les tensions entre Belgrade et Pristina ont mis en péril les relations bilatérales entre la Serbie et la Croatie (EurActiv 12/01/10) en amont de l’investiture du président nouvellement élu Ivo Josipovic (EurActiv 11/01/2010), qui devrait avoir lieu le18 février 2010.
Le président serbe Boris Tadic a déclaré que M. Josipovic devait faire un choix clair, car il ne sera pas présent à la cérémonie si le président kosovar Fatmir Sejdiju y assiste. D’après M. Tadic, cela pourrait revenir à une tacite reconnaissance du Kosovo par la Serbie.
Les problèmes liés aux relations bilatérales Serbie-Kosovo sont susceptibles de s’étendre bien après la cérémonie d’investiture de M. Josipovic. La Serbie préside le conseil de l’Accord de libre-échange centre-européen depuis le1er janvier 2010. Si aucune solution n’est trouvée, la gestion de cette institution pourrait être confrontée à un obstacle. Un dégel serait d’autant plus urgent que les investissements étrangers directs au Kosovo se sont réduit de 22% en 2009, selon un rapport du média en ligne BalkanInsight.com, fondé sur les estimations de la Banque centrale kosovare.
Les divisions de l’Europe sur le statut du Kosovo pourraient être nuisibles pour trouver un compromis qui fonctionne, et les tensions entre la Serbie et le Kosovo pourraient avoir des répercutions problématiques pour la coopération avec la région toute entière.




