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Les ministres des affaires étrangères ont recommandé à la Serbie de mener des consultations avec le Kosovo au sujet de son futur statut et ont indiqué que sa coopération avec le Tribunal pénal international de La Haye serait une condition à la réouverture des négociations sur un accord de stabilisation et d'association avec l'UE.
Le Kosovo est sous l'administration civile et militaire de l'ONU depuis le conflit de 1999.
Le 26 janvier 2007, l'envoyé spécial des Nations Unies, Martti Ahtisaari, a présenté à Vienne son plan relatif au statut de la province serbe devant les membres du "groupe de contact" composé des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de la France, de l'Italie et de la Russie.
Le 2 février 2007, M. Ahtisaari a soumis ce plan aux parties concernées à Belgrade et Pristina pour approbation.
Le 7 février 2007, la Troïka européenne s'est rendue en Serbie.
La Serbie a refusé d'entamer une consultation avec Pristina avant d'avoir formé son gouvernement à l'issue des élections générales du 21 janvier 2007.
Le 11 février 2007, les Albanais du Kosovo ont violemment manifesté contre le plan de M. Ahtisaari, exigeant l'indépendance immédiate et totale de leur pays.
Selon les conclusions du Conseil, "il faut que Belgrade et Pristina participent activement et de manière constructive" aux consultations relatives au futur statut de la province serbe, qui se tiendront la semaine prochaine à Vienne. Les ministres européens des affaires étrangères ont par ailleurs apporté leur franc soutien à M. Ahtisaari, qui a présenté son plan au Conseil.
Le Conseil s'est déclaré prêt à poursuivre les négociations sur un accord de stabilisation et d'association (ASA) avec la Serbie, "à condition qu'elle montre un engagement déterminé et prenne des mesures concrètes et efficaces pour coopérer avec le tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie".
Cet accord de stabilisation et d'association renforcerait ses liens avec l'Union européenne et serait un premier pas vers l'adhésion de la Serbie à l'UE.
L'UE attend encore que Ratko Mladic, soupçonné de crimes de guerre, soit livré au TPI. La semaine dernière, Carla del Ponte, la procureure générale du TPI pour les crimes de guerre, a exigé la suspension des négociations tant que la Serbie n'aurait pas arrêté R. Mladic.
Les ministres des affaires étrangères ont également proposé d'accélérer les négociations d'accords visant à faciliter la délivrance de visas et d'accords de réadmission en vue de renforcer la coopération du côté serbe.
Le plan Ahtisaari a divisé les Etats membres; certains ont émis des réserves sur la proposition, notamment la Grèce, la Roumanie, Chypre, l'Espagne, la Slovaquie et la Pologne.
Selon le ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, "maintenant que le plan de M. Ahtisaari est sur la table, nous devons poursuivre des négociations prudentes avec la Russie. J'espère que nous trouverons une solution et qu'elle sera garante de la stabilité dans les Balkans occidentaux".
Le commissaire à l'élargissement, Olli Rehn, estime que la coopération pleine et entière de la Serbie avec le TPIY est une condition nécessaire pour finaliser les négociations sur l'ASA.
Le haut-représentant de l'UE, Javier Solana, a déclaré : "Nous devons envoyer un message positif à ce moment précis. Ils [la Serbie] se rapprocheront de l'UE s'ils répondent aux demandes du Conseil."
Les vice-présidents du groupe socialiste au Parlement européen, Jan Marinus Wiersma et Hannes Swoboda, ont déclaré: "La Serbie doit contribuer à trouver une solution sur le statut final du Kosovo à partir des propositions de l’envoyé spécial des Nations Unies, Martti Ahtisaari."
J. M. Wiersma a ajouté: "Un gouvernement pro-européen est nécessaire pour établir une meilleure coopération avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. Elle permettrait la réouverture puis la finalisation des négociations en vue de signer un accord de stabilisation et d’association entre la Serbie et l’Union européenne".