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La Croatie accepte l’aide de l’UE pour résoudre son différend avec la Slovénie [FR]

Publié 10 mars 2009
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Croatia Slovenia
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La Croatie a accepté l’offre de médiation de l’Union européenne concernant le différend frontalier avec la Slovénie, mais à la condition qu’elle mène à un transfert devant une cour internationale, a indiqué le Premier ministre Ivo Sanader lundi (9 mars). 

Nous nous attendons à ce que les négociations d’adhésion reprennent dès que la commission de médiation de l’UE commencera à travailler, a déclaré M. Sanader après une réunion des leaders politiques issus de tous les partis politiques. Il a indiqué qu’il y avait un consensus politique national sur ce point. 

En raison de ce différend, qui porte sur de petites parcelles de territoire et de frontière maritime et qui date de la sécession d’avec la Yougoslavie en 1991, la Slovénie, Etat membre de l’UE, a opposé son veto à un tiers des négociations d’adhésion de la Croatie en décembre dernier.

Ce que nous devons désormais faire, conjointement avec la Commission européenne, c’est d’examiner le mandat des médiateurs, car nous l’acceptons dans le but de résoudre ce vieux différend frontalier devant la cour internationale, a déclaré M. Sanader. 

Le commissaire européen à l’Elargissement, Olli Rehn, qui a averti les deux parties qu’elles ne devaient pas lier à la médiation des conditions impossibles, a salué la réponse positive de la Croatie. Il rencontrera les ministres slovaque et croate des Affaires étrangères aujourd’hui à Bruxelles.  

Nous étudions en détail les positions croate et slovène, a-t-il précisé lors d’une conférence de presse à Bruxelles. 

Selon M. Rehn, la Croatie pourrait toujours achever ses négociations d’adhésion cette année, comme prévu, si la Slovénie lève rapidement son veto. 

Toutefois, le ministre slovène des Affaires étrangères, Samuel Zbogar, s’est montré beaucoup plus prudent, déclarant que la Slovénie – qui a exclu tout recours à une cours internationale – ne lèverait pas son veto immédiatement. 

Les conditions posées par la Croatie ont réduit les possibilités d’entamer une médiation, a-t-il déclaré. Nous devons maintenant attendre la réaction du commissaire M. Rehn et les explications de la Croatie, a-t-il poursuivi. 

Zagreb et Bruxelles devraient tenir une conférence le 27 mars, date à laquelle les négociations d’adhésion pourraient officiellement reprendre.

Lorsque la Slovénie a apposé son veto aux négociations de Zagreb, elle a déclaré que Zagreb avait soumis à Bruxelles des documents préjudiciables au différend frontalier.  La Slovénie, coincée entre l’Italie et la Croatie, souhaite un accès direct aux eaux internationales du nord de l’Adriatique. Cela obligerait la Croatie à céder certaines de ses eaux extraterritoriales. Les deux parties se disputent également quatre petits villages dans le nord de la péninsule d’Istrie. 

M. Rehn a proposé en janvier que le Prix Nobel de la Paix Martti Ahtisaari, ancien président finlandais, serve de médiateur dans le conflit. Mais reste à savoir si l’équipe de M. Ahtisaari proposera une solution frontalière finale ou seulement le meilleur moyen de la gérer. 

(EurActiv avec Reuters. Ce texte a été traduit de l’anglais par EurActiv.)  

Contexte : 

Au cours de la présidence française de l’UE, la Slovénie a bloqué l’ouverture de neuf des dix chapitres de négociation avec Zagreb, et ce en raison d’un différend frontalier non résolu (EurActiv 18/12/08). 

Selon les diplomates, si le différend bilatéral n’est pas résolu bientôt, de sérieux doutes planent sur l’objectif de la Croatie de clore les négociations d’adhésion avant la fin de l’année - afin d’être prête à rejoindre l’UE en 2010 (voir LinksDossier  d’EurActiv sur les relations entre l’UE et la Croatie). 

Le conflit frontalier entre la Slovénie et la Croatie est lié à de petites enclaves de terre le long de la côte adriatique, qui pourraient se révéler importantes si elles s’accompagnaient de droits exclusifs aux zones de grand fond. Contrairement à la Slovénie, la Croatie a une longue ligne côtière, ce qui pousse la première à tenter de faire valoir ses droits d’Etat géographiquement désavantagé. 

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