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Croatie : les négociations d’adhésion retardées par le conflit frontalier avec la Slovénie [FR]

Publié 24 avril 2009
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L’Union européenne a reporté une conférence sur l’adhésion avec la Croatie prévue aujourd’hui, après que Zagreb n’a pu témoigner d’aucun progrès dans la résolution du conflit frontalier avec la Croatie, Etat membre de l’UE. C’est ce qu’a déclaré hier (23 avril) la présidence tchèque de l’UE.

Jeudi également, la Slovénie a décommandé une réunion entre les Premiers ministres des deux pays. 

Une source du gouvernement de Zagreb a affirmé à l’agence de presse de l’Etat croate, Hina, que la Slovénie n’avait pas proposé d’autre date ou donné le motif de l’annulation. 

Le conflit entre les deux ex-républiques yougoslaves a freiné les négociations entre la Croatie et les Etats membres de l’UE, parce que la Slovénie, en tant qu’Etat membre, dispose d’un droit de veto sur la progression des négociations. 

Si le litige n’est pas rapidement résolu, la Croatie pourrait ne pas atteindre son objectif de faire aboutir les négociations d’adhésion cette année et de rejoindre les Vingt-Sept en 2010 ou 2011, selon des diplomates. Ils ont aussi affirmé que Zagreb avait pris du retard dans les réformes de secteurs clé tels que le secteur judiciaire, l’agriculture et l’industrie de construction navale en difficulté. 

Une nouvelle date de conférence doit être fixée en fonction des développements positifs, a affirmé la présidence de l’UE dans une déclaration. 

Le manque d’avancée dans les négociations, sur des chapitres qui sont prêts à être résolus, ne reflète pas les progrès réels enregistrés par la Croatie sur le terrain.

La déclaration a ajouté que le trio des présidences passée, présente et future de l’UE– la France, la République tchèque et la Suède – étaient fortement convaincu de la proximité d’un accord pouvant rouvrir la voie aux négociations.

Mercredi, la Croatie et la Slovénie ont tenu un autre tour de discussion avec les représentants de l’UE à Bruxelles, et le commissaire à l’Elargissement Olli Rehn a mis sur la table une toute nouvelle proposition pour résoudre le conflit. 

Selon des rapports de presse, M. Rehn a proposé de former une commission d’arbitrage ad hoc pour la frontière, qui devrait fonctionner selon les principes du droit international, point sur lequel la Croatie a insisté. 

Quant à l’accès de la Slovénie aux eaux internationales – une préoccupation majeure pour Ljubljana dans ce différend – les arbitres pourraient prendre en considération ce qui leur semble juste et équitable, comme Ljubljana le demande. 

Le différend frontalier, remontant à l’explosion de la Yougoslavie en 1991, a poussé la Slovénie à opposer son veto lors de la plupart des discussions sur l’adhésion de la Croatie à l’UE en décembre. 

(EurActiv avec Reuters. Cet article a été traduit de l’anglais par EurActiv) 

Réactions : 

Le ministre croate des Affaires étrangères et de l’intégration européenne, Gordan Jandroković, a déclaré le 22 avril que la dernière proposition du commissaire à l’Elargissement Olli Rehn constituait une bonne base à la résolution du différend frontalier entre la Slovénie et la Croatie.

La proposition de M. Rehn, qui a le soutien de la troïka présidentielle, est une bonne base à partir de laquelle chercher une solution acceptable, et reprend, dans une large mesure des points de vue croates bien connus, c'est-à-dire la séparation de la question du processus d’adhésion de la Croatie et des questions bilatérales, le déblocage des négociations d’adhésion de la Croatie, et le règlement du différend frontalier, conformément au droit international, devant un tribunal judiciaire international, a déclaré M. Jandroković aux journalistes à la suite d’une série de réunions tenues à Bruxelles. 

Il y a toujours quelques éléments sur lesquels nous devons conduire des consultations politiques en Croatie, et je crois que la Croatie présentera très bientôt sa position, aurait-il ajouté, selon l’agence de presse croate Hina.

Le quotidien croate Javno a publié le détail des recommandations d’Olli Rehn, commissaire à l’Elargissement. 

Selon la nouvelle proposition, les frontières terrestre et maritime entre la Croatie et la Slovénie seraient déterminées par une cour d’arbitrage composée de cinq membres, conformément au droit international. La Croatie et la Slovénie nommeraient chacune un membre, les trois derniers étant nommés conjointement. Si elles ne peuvent pas s’entendre sur la question, ils seront nommés par le président de la Cour internationale de justice de La Haye. 

Les deux parties devraient s’accorder sur la signification du régime d’utilisation des zones maritimes et du contact de la Slovénie avec la haute mer. Si elles n’y parviennent pas, la cour d’arbitrage prendrait le relais. 

La proposition anticipe le déblocage des négociations d’adhésion avec la Croatie, qui surviendra aussitôt que les parlements des deux pays auront ratifié l’accord transférant la responsabilité de la résolution du différend transfrontalier à la cour d’arbitrage. De par la signature de l’accord, les deux pays s’engageraient à le ratifier au sein de leurs parlements respectifs. 

Les observateurs s’attendent à ce que les deux parties présentent leur réponse finale à la proposition de M. Rehn au début du mois de mai, peut-on lire dans le Javno. 

Prochaines étapes : 
  • Début mai : la Croatie et la Slovénie doivent présenter leur réponse finale à la proposition de M. Rehn.
Contexte : 

Au cours de la présidence française de l’UE, la Slovénie a bloqué l’ouverture de neuf des dix chapitres de négociation avec Zagreb, et ce en raison d’un différend frontalier non résolu (EurActiv 18/12/08). 

Selon les diplomates, si le différend bilatéral n’est pas résolu bientôt, de sérieux doutes planent sur l’objectif de la Croatie de clore les négociations d’adhésion avant la fin de l’année - afin d’être prête à rejoindre l’UE en 2010 (voir LinksDossier d’EurActiv sur les relations entre l’UE et la Croatie). 

Le conflit frontalier entre la Slovénie et la Croatie est lié à de petites enclaves de terre le long de la côte adriatique, qui pourraient se révéler importantes si elles s’accompagnaient de droits exclusifs aux zones de grand fond. Contrairement à la Slovénie, la Croatie a une longue ligne côtière, ce qui pousse la première à tenter de faire valoir ses droits d’Etat géographiquement désavantagé.

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