EurActiv Logo
 
6 juillet 2008
Breaking News:

La destinée européenne de la Serbie devient une question de vie ou de mort [FR][en][de

Publié: mardi 6 mai 2008   

A la veille des élections législatives capitales (11 mai), la question de la future adhésion de la Serbie à l’UE est devenue une question d’importance vitale dans la mesure où le président Boris Tadic a reçu une menace de mort en raison de sa position pro-européenne.

M. Tadic a reçu une lettre de menace suite à sa signature de l’accord de stabilisation et d’association (ASA) avec l’UE, considéré comme le premier pas vers la candidature à l’Union (EurActiv 30/04/08). D’après le quotidien de Belgrade « Blic », la lettre accuse le président d’avoir indubitablement trahi la nation serbe et le menace de lui tirer une balle dans la tête.

"Vous, les traîtres, devriez avoir en tête que la trahison du peuple et du pays est l'acte criminel le plus grave et c'est exactement ce que vous faites", a indiqué la lettre citée par « Blic » qui a vraisemblablement été écrite par un nationaliste du parti radical serbe.

M. Tadic a refusé tout commentaire mais il a appelé les responsables politiques serbes à ne pas soutenir ces « êtres diaboliques » pendant la campagne électorale.

Ce type de menace n’est pas une nouveauté dans le monde politique serbe et ne devrait pas être pris à la légère dans la mesure où la Serbie a déjà une triste histoire d’assassinats politiques derrière elle. Le Premier ministre pro-occidental Zoran Djindjic avait été assassiné d’une balle tirée en pleine poitrine en 2003.

L’opposition entre les responsables politiques pro-européens du pays et les partis nationalistes est actuellement à son point le plus haut puisque le Kosovo, la province séparatiste serbe, a déclaré unilatéralement son indépendance le 17 février 2008 – avec le soutien de plusieurs pays de l’UE. 

D’après un récent sondage de l'agence serbe Stratégic Marketing, le parti radical serbe nationaliste est légèrement en tête du bloc pro-européen de M. Tadic (33,2% et 31,5%) et la coalition nationaliste du Premier ministre Vojislav Kostunica est classée en troisième position (13,8%).

De nombreux électeurs sont encore indécis, en grande partie à cause des messages conflictuels suite à la signature de l’ASA par la Serbie, a déclaré l’agence. L’opposition nationaliste a annoncé qu’elle annulerait l’accord en cas de victoire aux élections dimanche prochain, de peur que la signature implique la reconnaissance de facto de la déclaration d’indépendance de la Serbie, à laquelle tous les partis serbes sont opposés.

L’UE a fortement recommandé la signature de l’ASA, en espérant qu’elle stimulerait le camp pro-européen du président Tadic et du ministre des Affaires étrangères Vuk Jeremic, qui envisage les prochaines élections comme un référendum sur l’adhésion à l’UE.

Dans l’hypothèse d’une défaite de M. Tadic, l’Union redoute que la Serbie puisse modifier sa destinée pro-européenne et s’aligner avec son allié historique, la Russie, qui a appuyé M. Kostunica, son candidat favori.    

Liens

Advertising
Advertising