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Dispute sur le nom de la Macédoine : il est temps de décider

Publié 10 septembre 2010 - Mis à jour 17 septembre 2010
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Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a pressé la Macédoine et la Grèce de résoudre une fois pour toutes la dispute vieille de vingt ans sur le nom du prétendant de l’UE après une rencontre avec le président macédonien Gjorge Ivanov hier (9 septembre) à Bruxelles.

La Grèce voit le nom officiel utilisé par Skopje- République de Macédoine- comme un défi ouvert pour sa propre région de Macédoine, et, par conséquent, bloque les discussions d'adhésion du pays ainsi que son entrée dans l'OTAN (voir le LinksDossier d'EurActiv).

Je comprends la délicatesse extrême de cette question, mais j'appelle toutes les parties à résoudre les obstacles le plus rapidement possible. Il est temps de prendre une décision. Nous pensons qu'il faut désormais trouver une solution à cette question de nom, a déclaré M. Barroso.

Depuis novembre 2009, l'ancien premier ministre Nikola Gruevski et son homologue grec George Papandreou sont entrés en discussion avec la médiation des Nations unies, afin d'essayer de sortir de l'impasse. Des progrès ont apparemment été réalisés.

En juin, la presse grecque a rapporté qu'un accord avait été conclu, la Macédoine ayant envisagé d'ajouter " Vardar" à son nom. Utiliser Vardar -nom de la principale rivière du pays- satisferait les attentes d'Athènes.

M. Barroso s'est montré optimiste en affirmant avoir assisté à une réelle volonté de trouver une solution après avoir contacté les deux parties, et a appelé à un "ultime effort" pour mettre fin à l'impasse. Je suis plus confiant que je ne l'étais il y a quelques années, a-t-il ajouté.

Ivanov : la Grèce n’est pas rationnelle

Toutefois, vu sous un autre angle, la solution à ce problème de longue date ne semble pas avoir été trouvée en interne. Le président de la Macédoine Gjorge Ivanov a qualifié les positions de la Grèce d'« irrationnelles » et l'a exhorté d’agir d’une façon européenne. Au lieu de frustrer les négociations, Athènes devrait soutenir et promouvoir le processus d’intégration européenne pour l’ensemble de la région des Balkans, a-t-il ajouté.

Toutefois, M. Ivanov a ajouté être encouragé par les développements de ces derniers mois et a parlé d’une restauration de la confiance et de la coopération entre les deux voisins. Il a déclaré que le commerce en développement, le tourisme et les liens universitaires avaient aidé à améliorer la relation du pays avec la Grèce.

Il a également souligné que l’intégration européenne demeurait l'une des principales priorités pour la Macédoine et a acclamé l’impact positif de la décision de l’UE de suspendre les obligations de visas pour ses citoyens en décembre dernier. M. Barroso a encouragé M. Ivanov à soutenir le rythme de la réforme dans un certain nombre de domaines, notamment le dialogue politique, le système judiciaire, la corruption et le crime organisé. La Commission européenne va présenter son rapport annuel sur le progrès du pays en novembre.

La Commission reste engagée aux aspirations européennes de l’ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), et attend avec impatience l’ouverture des négociations dés la requête du Conseil, a dit le président de la Commission, faisant allusion au veto de la Grèce en raison de la querelle sur le nom.

A l’insistance de la Grèce, dans les papiers européens officiels la Macédoine n’apparaît pas sous son nom : on y fait allusion comme à l’ « ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) ».

Contexte : 

De tous les obstacles qui se trouvent sur le chemin de l'adhésion de la Macédoine à l'UE, le différend sur son nom avec la Grèce semble être le plus important (voir EurActiv LinksDossier sur les relations UE-Macédoine).

Du point de vue d'Athènes, le nom officiel utilisé par Skopje – République de Macédoine – constitue un défi ouvert à l'encontre de la région grecque de Macédoine. En représailles, la Grèce a promis d'opposer son veto à la participation de la Macédoine aux institutions internationales, y compris l'UE, jusqu'à ce que cette question soit réglée.

Bien que le nom Macédoine soit reconnu comme étant le nom constitutionnel du pays par tous les Etats membres exceptés la Grèce, la dispute sur le nom a conduit à une impasse concernant l'adhésion du pays à l'OTAN et à l'UE.

Selon des informations récentes de sources diplomatiques, un nom ayant une connotation géographique – définissant la Macédoine plus comme une région que comme un pays – serait acceptable aux yeux de la Grèce (EurActiv 07/04/10).

La Grèce insiste sur le fait que le nouveau nom géographique devrait être utilisé dans les relations de Skopje avec le reste du monde, rejetant la suggestion de Skopje que ce nom ne soit utilisé qu’en interne.

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