Cela fait presque cinq ans que la Turquie n’a pas connu un attentat terroriste d’une telle ampleur. Ce double attentat à la bombe n’a pas été immédiatement revendiqué bien que des militants séparatistes kurdes aient été les premiers soupçonnés.
Ces attentats ont été fermement condamnés par l’UE.
Dans un communiqué, la Commission européenne a condamné au plus haut point l’atrocité des attentats à la bombe perpétrés hier à Istanbul. L’exécutif estime que ces actes étaient clairement destinés à tuer le plus de personnes possible. Selon le président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (PACE), Lluís Maria de Puig, « Aucune cause au monde ne saurait justifier un acte aussi odieux, soigneusement prémédité pour tuer des personnes innocentes. Il n'y a pas de place dans la société pour des terroristes. Je suis convaincu que ce sentiment est partagé non seulement par toute la société turque mais par tous ceux qui adhèrent à la communauté de valeurs que constitue le Conseil de l'Europe ».
Cette attaque intervient à la veille de l’ouverture des délibérations de la Cour constitutionnelle sur l’interdiction éventuelle du parti au pouvoir, l’AKP. Ce parti pro-islamiste est accusé de vouloir porter atteinte à la laïcité. L’affaire a créé des tensions politiques en Turquie. Le gouvernement a les mains liées par une lutte de pouvoir avec les kémalistes, auto-proclamés gardiens de la laïcité et jouissant d’une grande influence dans les cercles militaires et judiciaires. Cependant, le lien entre les attentats et l’affaire n’est pas certain.
Il y a 2 semaines, le procureur général d’Istanbul a prononcé 86 mises en accusation contre des personnes accusées d’avoir formé un groupe terroriste pour renverser le gouvernement (EurActiv 15/07/08). Une mystérieuse organisation, connue sous le nom d’Ergenekon, a été accusée de lutter activement contre le gouvernement du Premier ministre Tayyip Erdogan. La décision de la Cour dans l’affaire AKP, qui comprend des charges contre 71 officiels du parti et contre plus de 30 députés, devrait être rendue dans les prochaines semaines. L’UE observe l’affaire de très près après avoir fait savoir plusieurs fois qu’une interdiction du parti serait anti-démocratique et porterait un coup sévère aux aspirations européennes du pays (EurActiv 01/04/08).


