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7 septembre 2008
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Entretien : le dialogue UE-Turquie sera la clé de la réunification chypriote [FR][en][de

Publié: jeudi 31 juillet 2008   

La Turquie a un rôle considérable à jouer dans le succès des négociations historiques entamées hier pour réunir l’île. C’est ce que Nicholas Emiliou, responsable de la diplomatie chypriote auprès de l’UE, a annoncé dans un entretien à EurActiv. 

Le représentant permanent de Chypre auprès de l’UE a souligné le nouvel espoir suscité par l’élection de Demetris Christofias à la présidence de Chypre en février de cette année. 

Le nouveau climat de bonne volonté sur l’île risque de ne pas être suffisant, a-t-il toutefois mis en garde : « L’attitude d’Ankara et la situation en Turquie constituent des facteurs essentiels qui pourraient décider en fin de compte des résultats de l’ensemble du processus ».

« De toute évidence, les dirigeants ont de part et d’autre la volonté d’aboutir à une solution », a déclaré l’ambassadeur, avant d’exprimer un « optimisme prudent » face aux résultats des pourparlers. En effet, les questions les plus complexes n’ont pas encore été débattues. De plus, certaines questions ne peuvent être tranchées que par Ankara, et non par le dirigeant chypriote turque Mehmet Ali Talat.

La première question est celle du retrait des 43 000 soldats turcs stationnés sur l’île. La seconde touche la décision d’Ankara de renoncer ou non à ses droits sur Chypre. Ceux-ci avaient été établis en 1960 quand l’indépendance de l’île avait été déclarée dans le cadre d’un accord entre le Royaume-Uni, la Grèce et la Turquie. D’après M. Emiliou, la restitution des terrains occupés par l’armé turque constituera en outre un élément important.

Après une série de réunions entre MM. Christofias et Talat, une décision historique avait été prise au début du mois en vue d’entamer des négociations directes pour la réunification de Chypre. Les deux parties se sont déjà mises d’accord sur « ce à quoi va ressembler la solution définitive », a expliqué le diplomate.

Il a décrit le processus comme une transition d’un Etat unitaire vers un Etat fédéral, bizonal et bicommunal. Les négociations seront placées sous la houlette d’Alexander Downer, nouvel envoyé spécial des Nations Unies à Chypre et également ancien ministre australien des Affaires étrangères (EurActiv 28/07/08).

Quant au rôle de l’UE dans le processus, l’ambassadeur a mentionné le pouvoir de persuasioneuropéen, soulignant qu’ « une participation positive de la Turquie dans la résolution du problème chypriote constitue un élément d’évaluation des progrès de ce pays en vue d’une adhésion à l’UE ».  

Il a ajouté que « la résolution du problème chypriote serait un obstacle important en moins pour l’adhésion de la Turquie à l’UE ». Il a aussi rappelé que quelque huit chapitres de négociation se trouvaient actuellement dans l’impasse en raison du refus turc de mettre en place le protocole de l’Union douanière avec Chypre. 

En ce qui concerne les négociations elles-mêmes, le diplomate a expliqué que le rôle des Nations unies serait différent par rapport aux médiationsantérieures. En effet, cette fois-ci, les deux camps chypriotes avaient la volonté de résoudre le problème. M. Emiliou a déclaré que les Nations unies jouera le rôle de « facilitateur et non de médiateur qui apporte des solutions concrètes à des problèmes spécifiques ».  

Il a signalé les risques encourus en raison de l’instabilité de la situation politique en Turquie, en particulier avec l’affaire de l’interdiction de l’AKP, le parti au pouvoir, soulevée selon lui par « les élites kémalistes ». «  Le résultat de cette lutte déterminera dans une large mesure  le succès ou l’échec des négociations sur le problème chypriote », a indiqué le diplomate.  

Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici.

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