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Entretien : L'Europe élargie 'encore en cours d'apprentissage' [FR][en][de

Publié: vendredi 20 juillet 2007   

Selon Dr András Inotai de l'Institut d'économie mondiale à Budapest, tant l'Europe occidentale qu'orientale doit surmonter des défis semblables résultant de la mondialisation. La menace de réactions excessives dangereuses de la part des populations mécontentes dirigées par des gouvernements populistes est également réelle à travers le continent.

Dr András Inotai, directeur général de l'Institut d'économie mondialeexternal à Budapest, s'est confié à EurActiv sur différents sujets comme le Sommet européen de juin 2007, l'héritage de l'élargissement, et les réalités politiques et économiques en Europe centrale et orientale.

Il indique que le processus d'élargissement et la transformation de nombreux pays de l'ex-Union soviétique  en membres de l'UE doivent être envisagés dans un contexte plus large, et pas uniquement dans le cadre des relations Est-Ouest au sein de l'UE.

Faisant référence à la tradition persistante et répandue dans le monde de dominance européenne et de supériorité "naturelle" aujourd'hui confrontée à l'arrivée massive de flux de marchandises et de capitaux en provenance de la Chine et de l'Inde, Dr András Inotai prévient que l'"Europe a encore un long processus d'apprentissage devant elle". Selon le professeur, la mondialisation implique que "les échanges vont dans les deux sens et non dans un seul sens", et "l'Europe doit s'y habituer". 

Selon András Inotai, les 15 Etats membres de l'UE ont un rôle important à jouer pour montrer le bon exemple. Il met en garde : "Si certains des anciens Etats membres, peut-être même les pays fondateurs, agissent à l'encontre l'Europe, notamment en faisant preuve de patriotisme économique, et ou à travers le rôle de l'Etat dans le blocage des flux normaux de capitaux ou les échanges de propriété, une école se forme au sein des nouveaux Etats membres. Et c'est un très bon argument pour les responsables politiques populistes et démagogues".

Néanmoins, András Inotai offre également une critique étendue et une analyse sans détour des réalités politiques et sociales dans certains des 10 Etats membres de l'UE, soutenant qu'une forme de "contamination mentale" nuit aux progrès en Europe centrale et orientale (ECO). 

Cette contamination mentale, selon András Inotai, consiste en une promesse jamais remplie de "retour à la bonne époque communiste, lorsque les Etats étaient responsables de tout", un manque d'étude et d'analyse appropriées des 90 dernières années de l'histoire turbulente, et une forme de nationalisme extrémiste. András Inotai observe avec ironie qu'un nombre considérable de jeunes en ECO, qui n'ont aucun souvenir du passé, adhèrent à l'idéologie nationaliste extrémiste. 

Tout bien considéré, András Inotai est néanmoins convaincu que l'élargissement a été "un succès", mais considère qu'à l'avenir, les nouveaux Etats membres devraient considérer leurs propres intérêts stratégiques "dans le cadre européen, car, dans de nombreux cas, les "pertes nationales" à court terme sont bien moins importantes et bien moins coûteuses que les intérêts européens à long terme".

Pour lire cet entretien dans son intégralité, veuillez cliquer ici.


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