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Lors du vote de dimanche prochain (8 février), les Suisses décideront s'ils autorisent ou non les Bulgares et les Roumains à travailler librement en Suisse. Toutefois, le pays alpin risque de se retrouver dans une situation « délicate » vis-à-vis de l'UE si le résultat s'avère négatif. C'est ce qu'a déclaré dans un entretien à EurActiv Jacques de Watteville, ambassadeur suisse auprès de l'UE.
Le vote de ce dimanche déterminera si le marché du travail suisse sera ouvert à la Bulgarie et la Roumanie. Ce privilège n’a jusqu’à présent était conféré qu’aux vingt cinq anciens Etats membres.
Jacques de Wattewille a expliqué que ce qui était en jeu n’était ni plus ni moins que les fondements sous-tendant les relations entre Berne et Bruxelles. En effet, conformément à la « clause guillotine », négociée en 1999, en cas de résultat négatif, un certain nombre d’accords commerciaux relatifs à la libre circulation prendraient automatiquement fin.
« La chute de l’accord sur la libre circulation des personnes aurait pour effet de provoquer, six mois plus tard, la fin des six autres accords», a déclaré l’ambassadeur à EurActiv.
Ces accords concernent globalement le commerce entre la Suisse et l’UE ainsi que le transport terrestre (notamment le transit par les Alpes), créant d'éventuels problèmes tant pour la Suisse que pour l’UE, selon Jacques de Watteville.
Les sondages indiquant que l’issue du référendum demeure incertaine, l’ambassadeur a déclaré qu’il commençait à envisager sérieusement des options en cas de résultat négatif.
« Disons que si le résultat était négatif, la Suisse serait dans une situation difficile. Et ce ne serait pas non plus une situation facile pour l’UE, parce que nous avons des relations tellement étroites : nous sommes le deuxième partenaire économique de l’UE, son deuxième client après les Etats-Unis, il y a chaque jour pour près d’un milliard de francs suisses de biens qui s’échangent entre la Suisse et l’UE », a indiqué l’ambassadeur.
Jacques de Watteville a expliqué que les principaux partis politiques de son pays sont en faveur de l’extension de la libre circulation à la Bulgarie, à l’exception d’un tiers du parti UDC de Christoph Blocher, homme d’affaires et homme politique populiste. M. Blocher lui-même fait campagne pour le non, depuis qu’il a été écarté du gouvernement, a indiqué l'ambassadeur.
Le diplomate suisse a ajouté que la crise économique actuelle a aggravé la situation, relevant que le référendum aurait été facilement accepté il y a six mois. Il a insisté sur le fait que son gouvernement a fait un effort important au niveau de la communication pour expliquer cette question aux électeurs, et que les médias suisses ont dans l’ensemble fait « du bon travail ».
Jacques de Watteville a expliqué les positions de son pays par rapport à la réforme en cours des règles financières internationales. Il a admis que la Suisse n’était pas représentée dans un certain nombre d’institutions politiques créées à cette fin, tout en indiquant qu’aux niveaux technique et opérationnel, son pays était à la fois « présent et actif ».
L’ambassadeur a également présenté dans les grandes lignes la position de son pays vis-à-vis du secret bancaire.
Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici.