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Entretien : l'UE doit payer le prix de l'échec au Kosovo [FR]

Publié 20 février 2008
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Kosovo
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La déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo a ouvert une "boîte de Pandore" qui aura des répercussions sur les minorités, en particulier en Russie, comme l'explique Thierry de Montbrial, directeur de l'Institut français des relations internationales (Ifri), dans un entretien à EurActiv France.

« Le Kosovo proclame son indépendance, mais n’a aucune des caractéristiques de la viabilité d’un Etat indépendant; il dépend de l’extérieur sur à peu près tout, y compris d’ailleurs sur le plan de sa sécurité intérieure », a fait remarqué M. de Montbrial.

Le principal problème est que la position américaine selon laquelle le Kosovo mérite d’avoir son propre Etat – position soutenue par certains pays européens – n’a jamais été preparée sur le plan régional, a affirmé M. de Montbrial. 

« Nous nous trouvons donc aujourd’hui dans une situation où la Serbie considère avoir été blessée dans sa chair, et où, sur le plan du droit international, les points de vue sont extrêmement différents ».

Il accuse les Européens ne pas avoir réussi à imposer leur leadership sur la question et d’avoir fait créé des attentes auprès des Kosovars albanais. M. de Montbrial explique que l’Europe doit maintenant payer les conséquences, ajoutant que « l’Europe est habituée à payer pour des situations qu’elle ne contrôle pas politiquement ».

« Si les Américains et certains Européens ne leur avaient pas dit depuis 1999 qu’ils allaient devenir indépendants, si nous n’avions pas entretenu cette flamme depuis, ils auraient eu une autre attitude aujourd’hui et la situation antérieure aurait pu être maintenue », affirme-t-il.

Le directeur de l’Ifri souligne que les conséquences de l’inaction et les vaines promesses de l’Europe se seront pas seulement ressentie dans l’Union, mais dans le monde entier : « ce qui se passera en Géorgie ou ailleurs sera très largement influencé par la situation actuelle ».

M. de Montbrial affirme que l’un des autres défauts de l’Europe est d’avoir continuellement ignoré l’opposition de la Russie à l’indépendance du Kosovo. Selon lui, il ne serait pas surprenant que Moscou, à l’avenir, apporte son soutien à la séparation des provinces de l’Abkhazie ou de l’Ossétie du Sud, en Géorgie, dans la mesure où elles aspirent à l’indépendance.

Pour lire l’entretien de Thierry de Montbrial à EurActiv France, cliquez ici.

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