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Mardi 24 juin, la commission parlementaire Affaires étrangères a adopté un rapport rappelant l’engagement ferme de l’UE auprès des pays candidats et appelant l’Union à mieux prendre en compte le soutien de ses citoyens pour une nouvelle expansion.
Alors que le rapport fait des éloges du « grand succès » des élargissements précédents, il demande à ce que le processus des futures vagues soit entièrement repensé.
Il souligne notamment l’importance de veiller à ce que tout pays candidat résolve ses principaux problèmes internes « en particulier en ce qui concerne [leurs] questions constitutionnelles et de territoire », avant de pouvoir intégrer l'Union.
Il insiste également sur le fait que les nouveaux élargissements devraient « trouver un équilibre entre les intérêts géostratégiques de l’Union, l’impact de l’évolution politique en dehors de ses frontières et la capacité d’intégration de l’Union ». La notion précédente, souvent présentée par ceux qui critiquent la politique d’élargissement de l’UE, est définie selon les quatre éléments suivants :
Les eurodéputés mettent particulièrement l’accent sur le dernier point, insistant sur le fait que ces politiques en faveur de l’élargissement « doivent être communiquées et expliquées efficacement à nos citoyens » afin d’assurer « un soutien clair et durable à l'adhésion de chaque pays candidat à l'UE ».
Les craintes du dumping social suite à l’élargissement de l’UE aux Etats européens orientaux sont régulièrement avancées pour expliquer le rejet de la constitution européenne par les électeurs français en 2005, le plombier polonais ayant un de plus en plus statut ironique dans la presse française.
En faisant le lien avec les débats actuels, Andrew Duff, un eurodéputé britannique du groupe de Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE), a estimé qu’un manque de confiance a un effet particulièrement négatif sur les négociations en cours avec la Turquie, le soutien à l’adhésion étant en baisse dans l’UE et même en Turquie.
Le rapport souligne également que l’adhésion ne devrait pas être perçue comme la fin d’un processus, déclarant que « chaque élargissement doit être accompagné d'une consolidation et d'une concentration politique appropriées » au sein même de l'Union.
Le texte avait été préparé avant le rejet du traité de Lisbonne par les Irlandais lors d’un référendum il y a deux semaines (EurActiv 13/06/08), et également avant la déclaration du président français Nicolas Sarkozy lors du sommet européen de la semaine dernière selon laquelle l’élargissement, même pour les pays proches de l’adhésion, doit être mis en attente jusqu’à ce que le traité de Lisbonne entre en vigueur.
51 eurodéputés ont voté en faveur du rapport – rédigé par l’eurodéputé allemand de centre-droit Elmar Brok (PPE-DE) – seul un député ayant rejeté le rapport et neuf s’étant abstenus. Le texte doit encore être approuvé en session plénière.