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Füle : Icesave n'empêche pas l'Islande de débuter les négociations d'adhésion

Publié 09 mars 2010 - Mis à jour 26 juillet 2010
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La question de savoir si l'Islande devrait rembourser les 3,9 milliards d'euros au Royaume-Uni et aux Pays-Bas perdus par les épargnants britanniques et néerlandais à l'occasion de la faillite d'Icesave est une question bilatérale et ne devrait pas affecter ses perspectives d'adhésion à l'UE, a déclaré le commissaire à l'Elargissement Štefan Füle au Parlement européen hier (8 mars).

S'exprimant sur le référendum Icesave du 6 mars, qui a vu les électeurs islandais rejeter l'accord visant à rembourser les gouvernements britannique et néerlandais pour les dépôts perdus lors de la chute de la banque islandaise Landsbanki, M. Füle a déclaré que la Commission avait pris note des résultats du référendum.

C'était un sujet sur lequel le peuple d'Islande devait décider. De ce fait, les résultats du référendum sont tout à fait distincts du processus d'adhésion de l'Islande. Icesave est une question bilatérale entre l'Islande et deux Etats membres.

Le commissaire a déclaré qu'il ne pensait pas que les résultats du référendum empêcheraient les dirigeants européens de donner leur feu vert fin mars pour débuter les négociations d'adhésion UE-Islande.

Pas de raccourci à l'adhésion à l'UE

Cependant, il n'y aura pas de procédure accélérée, ni de raccourci pour adhérer à l'UE, a-t-il ajouté.

Les critères qui doivent être remplis sont les mêmes que pour tous les autres pays candidats, sur la base du principe des "'mérites propres". Des efforts plus substantiels seront nécessaires pour s'aligner sur l'acquis dans des domaines non couverts par l'Accord EEE (Espace économique européen), notamment dans l'agriculture et le développement rural, les pêcheries et l'environnement, a-t-il dit.

L'Islande, un atout pour l'UE

Le commissaire à l'Elargissement a souligné les nombreux avantages pour l'Union d'admettre un pays nordique.

L'adhésion islandaise contribuerait au renforcement du rôle de l'Union dans la promotion au niveau mondial des droits de l'homme et des valeurs démocratiques. Grâce à sa position géographique stratégique, l'Islande renforcerait, en tant que membre de l'UE, le positionnement stratégique de l'Union dans la zone atlantique nord. L'Islande a également une expérience considérable en termes de technologies d'énergie renouvelable, de protection environnementale et de lutte contre le changement climatique, a affirmé M. Füle.

Réactions : 

Icesave est un dossier bilatéral qui ne devrait pas avoir de répercussions sur l'adhésion, a déclaré l'eurodéputé en première ligne dans le dossier islandais Cristian Dan Preda (Parti populaire européen, PPE, Roumanie).

La balle est désormais dans le camp du Conseil [Conseil européen des 25 et 26 mars] qui peut ouvrir les négociations avant la fin du mois, a déclaré l'eurodéputé irlandais Pat the Cope Gallagher, président de la délégation parlementaire pour les relations avec la Suisse, l'Islande, la Norvège et l'Espace économique européen (EEE).

L'eurodéputé allemand Elmar Brok (PPE) a noté que l'Islande était idéalement placée pour la fourniture énergétique et a affirmé que seulement 33 % des Islandais soutenaient l'adhésion à l'UE. Peut-on négocier avec une population qui dira sans doute "non" à la fin du processus ? Les Norvégiens nous ont fait le coup par deux fois dans le passé ! a-t-il dit, une opinion partagée par les eurodéputés Hannes Swoboda (S&D, Autriche) et Ulrike Lunacke (Verts/Alliance libre européenne, Autriche).

Füle: Iceland an asset to EU
Contexte : 

Lors d'un référendum qui a eu lieu le 6 mars, 64 % des Islandais se sont prononcés pour le rejet de l'accord visant à rembourser le Royaume-Uni et les Pays-Bas, qui ont été obligés de rembourser les détenteurs de comptes "Icesave" à Landsbanki, l'une des trois principales banques islandaises qui se sont effondrées sous le poids de dettes massives (EurActiv 18/08/08). L'Islande a été durement touchée par les crises financière et économique. Ses problèmes ont été révélés en septembre 2008 quand les trois banques principales du pays – Glitnir, Landsbanki et Kaupthing – ont été placées sous le contrôle des autorités de surveillance financière islandaises. Depuis lors, l'Islande a poussé dans la direction d'une adhésion à l'UE comme étant une solution viable à ses problèmes. Le pays nordique, déjà membre de l'EEE, s'est officiellement porté candidat le 16 juillet 2009. L'adhésion à l'UE est considérée comme un moyen de restaurer la crédibilité du pays parmi les créanciers et de stabiliser sa monnaie en adoptant l'euro. Les différends bilatéraux ne devraient pas constituer un obstacle aux progrès pour l'adhésion, ont déclaré en novembre 2009 les eurodéputés dans le rapport Albertini sur la stratégie d'élargissement de l'UE pour les Balkans occidentaux, l'Islande et la Turquie. Cependant, la pratique montre que la Macédoine n'a pas été capable de débuter ses négociations d'adhésion en raison du différend sur son nom avec la Grèce, et la Croatie s'est vu bloquer le chemin de l'adhésion pendant des mois à cause d'un différend frontalier avec la Slovénie.  

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