Il devrait y avoir une politique du doute zéro par rapport à notre engagement, a dit M. Füle lors d’une conférence avec les ministres turcs à Istanbul. Nous avons un mandat très clair des Etats membres.
La Turquie est irritée par la lenteur des progrès des négociations formelles entamées il y a cinq ans.
Nous chercherons des moyens d'accélérer le processus d’adhésion, a dit M. Füle. Personne n’est satisfait de la vitesse actuelle.
La haute représentante des affaires étrangères de l’UE Catherine Ashton et M. Füle ont rencontré le ministre des affaires étrangères turques Ahmet Davutoğlu et le ministre aux affaires européennes Egemen Bağış pour une première série de discussions dans le cadre d’un nouveau dialogue politique destiné à rapprocher les deux parties.
Les turcs suspectent certains des pays de l’UE de traîner les pieds, en raison de leur réticence à laisser entrer une nation musulmane, dont l’adhésion signifierait pour l’UE la perte d’une zone tampon entre elle-même et le Moyen Orient.
Des 35 chapitres – les domaines de négociations en amont de l’entrée dans l’UE – la Turquie en a complété un et en a ouvert treize autres, laissant les 21 autres de côté (voir le LinksDossier d'EurActiv sur les relations entre l’UE et la Turquie).
Toutes sont bloquées sauf trois, principalement en raison de l’impasse sur la division de l’île de Chypre, un Etat membre de l’UE dont le gouvernement a entravé les progrès turcs contre le soutien d’Ankara vis-à-vis des chypriotes turcs, qui se sont séparés de leurs homologues grecs.
La Turquie soutient les efforts de réunification, et souhaite que l’UE lève son embargo sur la partie nord turcophone de l’île, tandis que l’UE s’attend à ce que la Turquie ouvre ses ports et aéroports au trafic en provenance de Chypre.
M. Füle a accordé son soutien à l’ensemble des changements constitutionnels proposés par le gouvernement turc, sur lesquels les Turcs voteront lors d’un référendum le 12 septembre.
Il a déclaré que ces changements correspondaient aux attentes européennes sur un certain nombre de questions et les a qualifiés de pas positif dans le cadre de la candidature turque à l’adhésion européenne.
La plupart des changements proposés sont controversés, mais le projet du gouvernement de modifier la façon dont sont nommés les jugés de haut niveau a déclenché un débat sur l’infraction possible au principe de séparation des pouvoirs.
Les critiques du parti du premier ministre Tayyip Erdoğan, l'AKP, disent que c’est une tentative qui vise à prendre contrôle du système judiciaire, qui est considéré par les laïcs turcs comme le bastion le plus important.
Les critiques du parti AKP suspectent celui-ci de nourrir en secret le projet d’abandonner les habitudes laïques établies par le fondateur de la république moderne, Mustapha Kemal Atatürk.
Le parti nie avoir de tels projets, et se perçoit comme une version musulmane des partis chrétiens démocrates européens socialement conservateurs.
(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv.)




