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L’incertitude augmente après le premier tour des élections présidentielles roumaines [FR]

Publié 23 novembre 2009
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Romania
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Le président en fonction Traian Basescu a remporté le premier tour des élections présidentielles roumaines le 22 novembre, a montré un sondage à la sortie des bureaux de vote, mais le faible écart a donné peu d'indices quant à savoir qui formera la prochain gouvernement et aidera à surmonter la crise économique.

Le président a peu de pouvoir pour gouverner le pays au jour le jour, mais il nommera le premier ministre, qui devra former un gouvernement de coalition, suite à la chute du gouvernement en octobre qui a retardé l’aide indispensable du FMI. 

M. Basescu, 58 ans, affrontera le dirigeant de gauche Mircea Geoana, 51 ans, lors du deuxième tour de l’élection qui aura lieu le 6 décembre dans ce pays des Balkans. 

Les sondages de sortie des urnes réalisés par les enquêteurs d’INSOMAR et CURS (Centre for Urban and Regional Studies) ont montré que M. Basescu rassemblait entre 33 et 34% des votes, suivi de près par M. Geoana avec 31/32%. D’après le droit roumain,  il doit nécessairement y avoir un second tour si aucun candidat ne remporte plus de 50 % des voix. Le vote de dimanche avait été un obstacle majeur à la stabilité politique des derniers mois, le parti démocrate-libéral de M. Basescu et le parti social-démocrate de  M. Geoana refusant de travailler ensemble pour mettre fin à l’impasse, et mettant en attente une aide de 20 milliards d’euros du FMI, dégradant ainsi la confiance de l’investisseur. La fonction principale du nouveau gouvernement sera de regagner la confiance des prêteurs internationaux, y compris le FMI et la Commission européenne, en introduisant des coupes budgétaires douloureuses afin de sortir l’économie du pays de la récession. Ce qui compte pour le moment pour les marchés, c’est d’avoir un président et un gouvernement le plus rapidement possible, et de remettre l’accord du FMI sur les rails, a dit Nicolaie Alexandru-Chidesciuc de la banque ING de Bucarest. Il est primordial d’effectuer des réformes majeures. 20 ans après la chute du règne du communisme le pays de 22 millions d’habitants est l’un des plus pauvres et des plus corrompus de l’UE. L’économie devrait reculer de 8 % en 2009, des millions de roumains vivent avec moins de 100 euros par mois et aucun des hauts fonctionnaires accusés de pots de vin n’a été condamné.

Des discussions intenses en amont

M. Basescu et M. Geoana ont promis d’avancer rapidement sur les discussions gouvernementales et de réparer les relations avec le FMI, mais de grandes réformes doivent avoir lieu, que l’élection soit remportée par l’un ou l’autre des candidats. Si M. Basescu est élu, il voudra probablement  relancer sa campagne de lutte contre la corruption omniprésente et coopérer étroitement avec la banque centrale pour réparer l’économie effondrée. Mais, pour y parvenir, il devra modérer son tempérament conflictuel qui a irrité ses rivaux et découragé les électeurs. La Roumanie a besoin d’un gouvernement de toute urgence, a dit M. Basescu à ses sympathisants après la sortie des premiers résultats des sondages de sortie d’urne.  Un gouvernement dirigé par  M. Geoana est plus susceptible de trouver un soutien chez les autres centristes du Parlement, ce qui pourrait former un gouvernement plus stable. L’élection de M. Geoana entraînerait également le retour au pouvoir de vétérans du parti social-démocrate, un parti qui trouve ses racines dans le régime communiste de la Roumanie. Le gouvernement de ce parti, pendant les premières années qui ont suivi la chute du communisme en 1989, a été marqué par une évolution économique lente et des scandales liés à la corruption. Il est très difficile de prédire qui sera le vainqueur de l’élection. Il y a beaucoup de votes à partager entre les deux candidats, mais M. Basescu est le meilleur choix concernant les réformes, a dit Cristian Patrasconiu, journaliste. Après plusieurs années de forte croissance économique, la Roumanie était l’une des régions les plus touchées l’an dernier lorsque la crise a réduit les sources de financements et augmenté le taux de chômage. Ayant été très populaire à une époque, M. Basescu semble avoir porté le poids de la colère des électeurs, de nombreux roumains étant attirés par les promesses de M. Geoana en matière de protection sociale, et blâmant M. Basescu pour ses « chamailleries » qui ont ralenti la mise en place de réformes. En cinq ans, rien n’a changé, a dit Georgeta Mihai, une femme au foyer de 40 ans, qui vit dans le village de Sintesti près de Bucarest. Beaucoup de roumains se sentent également délaissés par les progrès économiques qui ont amplement bénéficié aux résidents des zones urbaines et aux élites dirigeantes. La grande majorité des résidents de Sintesti dépend des empois quotidiens des sites en construction, la plupart desquels ayant disparu rapidement lorsque la récession a frappé l’industrie, fondement de la forte croissance économique de ces dernières années. Dans un référendum lié à l’élection, les électeurs ont également soutenu le projet de M. Basescu de réduire les effectifs du Parlement en diminuant le nombre de sièges par plus d’un tiers et en éliminant l’une des deux chambres.

EurActiv avec Reuters, traduit de l’anglais par EurActiv.

Réactions : 

Une revue de presse de Hotnews révèle que de façon analogue aux élections précédentes, la fraude et l’achat de votes ont été souvent remarqués cette fois-ci. Pour ces élections, la différence de participation entre les villes et les villages a été moins importante qu’il y a 4 ans, en 2004- les sociologues expliquent cette différence par une plus grande utilisation d’Internet pour la mobilisation.

D’après le quotidien Evenimentul Zilei, la différence de participation entre les villes et les villages a été de 5%  seulement (51,50% en milieu urbain et 56,3% en milieu rural), différence qui était de 10% en 2004. 53,2 % des citoyens ont donné leurs voix hier, a annoncé le “Central Electoral Office” (bureau du centre des élections) après la fermeture des bureaux de vote.

Le quotidien Cotidianul a reporté une fraude massive, due principalement à un manque d’organisation adéquate. De nombreux présidents de comités n’ont pas été formés comme ils auraient du l’être, certains n’ont pas été sélectionnés car les critères et la législation qui régissent les élections ont été modifiés à de nombreuses reprises, nous informe le journal.

Il s’agissait également de fraude organisée, continue l’article. Dans un village près de Bucarest, 3 membres du comité électoral ont été attrapés après que deux électeurs ont reçu deux bulletins.

Le député-maire de Stefanesti  Ion Mihalcea a reçu une amende de 25 000 lei (5 800 euros) pour avoir emmené des personnes aux bureaux de vote locaux. Aussi, de nombreux morts ont-ils voté lors de ces élections. A Fagaras, deux personnes font l’objet d’une enquête policière après avoir été aperçus en train de donner 20 lei (environ 5 euros) en échange d’un vote pour le « bon candidat ».

Contexte : 

La Roumanie, qui a été sévèrement touchée par le déclin économique, a également subi une crise politique lorsque les 9 ministres de centre gauche du parti social-démocrate se sont résignés de la grande coalition gouvernementale afin de protester contre le limogeage du ministre de l’Intérieur (EurActiv 02/10/09).

Le 13 octobre, les législateurs roumains ont fait basculer le gouvernement centriste du premier ministre Emil Boc, ce qui compromet la mise en place d’un accord avec le FMI. Le gouvernement d’Emil Boc a depuis gouverné par intérim (EurActiv 14/10/09).

Les dernières élections roumaines ont eu lieu le 28 novembre 2004, et se sont déroulées en même temps que les élections législatives. Le candidat de centre droit, Traian Basescu, ancien maire de Bucarest et commandant dans la marine de métier, est sorti vainqueur de ces élections.

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