Alors que les quatre plus grand pays de l’Union – l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni – devraient annoncer leur reconnaissance du Kosovo directement après la réunion, au moins six autres pays, notamment Chypre, la Roumanie, la Slovaquie, l’Espagne et la Grèce, insistent pour ne pas soutenir cette décision unilatérale de séparation de la province serbe.
L’initiative, annoncée le 17 février par le Premier ministre du Kosovo Hashim Thaçi, a été immédiatement qualifiée d’acte illégal par la Serbie, suscitant la crainte que les violences survenues lors de l’effondrement de la Yougoslavie il y a dix ans ne se répètent et obligent l’UE à parvenir à une position commune afin de garantir la stabilité de la région.
La Slovénie, actuellement à la présidence de l’UE, a déclaré que les ministres des Affaires étrangères ne pouvaient que « prendre note » de cette décision et tenter d’assurer un avenir au sein de l’UE au Kosovo et à la Serbie.
Cependant, il pourrait s’avérer difficile de parvenir à un consensus sur la formulation exacte de cette position commune, dans la mesure où plusieurs Etats membres européens craignent que la séparation du Kosovo n’alimente les mouvements séparatistes dans leur propre pays.
Chypre, théâtre d’opposition entre le sud chypriote grec reconnu par la communauté internationale et le nord chypriote turc reconnu uniquement par la Turquie, pourrait notamment compter parmi les plus difficiles à convaincre.
Le pays a déjà refusé de se prononcer en faveur de la mission de 1 800 agents de police et juges sur le territoire ethnique albanais, approuvée par les 27 Etats européens le 16 février, malgré la forte opposition de la Serbie et de son allié russe.
Avant la réunion, le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, espère mettre en place « une plateforme qui permettrait de rassembler quasiment tout le monde », ajoutant que son objectif, qu’il estime réalisable, est de réunir 26 Etats.



