« Le message correct est que nous ralentissons les négociations et que nous ne voulons pas les faire échouer. Il n'en a jamais été question », a indiqué l'ambassadeur Thorir Ibsen à EurActiv mercredi (16 janvier).
L'ambassade a publié plus tôt un communiqué faisant référence à la réflexion célèbre de l'écrivain Mark Twain : « La nouvelle de ma mort a été grandement exagérée. »
« Permettez-moi de vous dire que nous avons constaté des exemples d’interprétations trompeuses dans la presse internationale concernant la décision de l'Islande de ralentir les négociations d'adhésion à l'UE », peut-on lire dans le communiqué de l'ambassadeur. « L'objectif est de garantir une gestion prudente et calme du processus d'adhésion de l'Islande à l'UE pendant la période électorale. »
Le communiqué indiquait également que la négociation des chapitres « difficiles » relatifs à la pêche, l'agriculture, le droit d'établissement et de services ainsi qu’à la libre circulation des capitaux était suspendue jusqu'aux élections prévues le 27 avril.
Les pourparlers se poursuivront sur 16 autres chapitres déjà entamés et sur 2 autres à propos desquels l'Islande a fait part de sa position.
« Ralentir les négociations et non les faire échouer »
Un gouvernement de coalition est traditionnellement au pouvoir en Islande. L'Alliance sociale-démocrate, un parti de centre-gauche, a remporté une victoire historique en 2009 mettant un terme à la dominance du Parti de l'indépendance eurosceptique. L'alliance est maintenant à la tête du gouvernement avec son partenaire de coalition, le Mouvement gauche-vert.
Les derniers sondages donnaient une longueur d’avance au Parti de l'indépendance avec 36 % contre 19 % pour l'Alliance sociale-démocrate.
M. Ibsen a indiqué que le gouvernement est arrivé à la conclusion qu'il était judicieux de suspendre les négociations sur la plupart des sujets difficiles qui nécessiteraient une décision politique avant les élections.
« Cela serait antidémocratique, car [...] trop proche d'un éventuel changement de gouvernement », a-t-il affirmé.
Tous les autres chapitres déjà entamés seront toutefois traités comme d'habitude.
« Le fait est que nous avons mené ces négociations de manière très transparente et démocratique. Dans d'autres pays aussi, les élections ont ralenti le processus de négociations. Notre gouvernement a décidé d'annoncer publiquement cette décision [...] », a-t-il poursuivi.
Interrogé sur l'éventualité d'un changement de position du nouveau gouvernement quant à l'adhésion à l'UE, M. Ibsen a répondu que la décision ne dépendait pas de lui, mais qu'il espérait que « le processus se poursuivrait » après les élections.
Il a également ajouté que la Conférence intergouvernementale, qui redonne une impulsion politique aux négociations d'adhésion chaque année et est censée se dérouler au début du printemps, « n'aura probablement pas lieu ».
Crise de la zone euro
Quand EurActiv lui a demandé si les troubles de la zone euro avaient un impact sur le point de vue des Islandais concernant l'adhésion à l'UE, l'ambassadeur a répondu que la crise influençait la perception des États de l'Union.
« L'UE a toutefois pris le contrôle d'une série d'événements et la situation semble s'être améliorée, avec de meilleures perspectives pour l'avenir », a-t-il ajouté.
Peter Stano, le porte-parole de Štefan Füle, le commissaire en charge de l'élargissement, a indiqué que l'exécutif européen « n'interprétait pas » la décision du gouvernement islandais sur la suspension des négociations avant les élections législatives.
« Nous avons pris note de leurs décisions. La Commission demeure convaincue que l'adhésion de l'Islande à l'UE serait bénéfique aux deux parties et elle continue à s'engager à accompagner l'Islande sur le chemin de l'adhésion à l'UE », a-t-il conclu.




