Les rapports d'évaluation sur la Bulgarie et la Roumanie publiés par la Commission le 27 juin 2007 constatent que "les progrès dans le traitement de la corruption massive sont insuffisants". Toutefois, la Commission estime qu'il est encore prématuré de déclencher ou lever la menace de sanctions à l'encontre des deux pays.
Le président de la Commission, José Manuel Barroso, prévient : "Bien que la Commission ne propose pas à ce stade d'appliquer des clauses de sauvegarde (prévues dans le traité d'adhésion), nous resterons vigilants. Les changements encore nécessaires exigent un engagement sur le long terme".
La Commission a indiqué que la Bulgarie avait adopté d'importantes réformes constitutionnelles et "montré sa bonne volonté et sa détermination", mais qu'il fallait toutefois intensifier les efforts pour que ces réformes soient appliquées. Le rapport européen pointe du doigt "les progrès insuffisants" de la Bulgarie en matière de lutte contre la grande corruption et le crime organisé. Selon le document, les "meurtres commandités" restent un sujet de préoccupation et à ce jour, "aucune poursuite ou condamnation n'a encore été annoncée".
Il a également indiqué être satisfait des progrès de la Roumanie en matière de réforme judiciaire, dans la lutte contre la corruption des autorités municipales et la création de l'Agence nationale pour l'intégrité. Toutefois, il souligne que des efforts supplémentaires sont nécessaires et que les avancées en matière de lutte contre la corruption massive est "insuffisante".
La Roumanie mène actuellement des enquêtes sur deux anciens premiers ministres et deux anciens ministres soupçonnés de corruption.
Certains ont commenté avec surprise l'adoucissement du ton des rapports, s'insurgeant contre les indications de la Commission qui affirme que même dans les domaines où les lacunes persistent, les deux pays "remplissaient largement les critères".
Toutefois, le commissaire en charge de la liberté, de la sécurité et de la justice, Franco Frattini, a souligné qu'il souhaitait envoyer le bon message aux populations de Bulgarie et de Roumanie : "Il ne s'agit pas d'infliger le blâme et la honte. Ce rapport indique honnêtement ce que ces deux gouvernements devraient faire".
Toutefois, le commissaire ne laisse pas la Bulgarie et la ROumanie s'en tirer à si bon compte. Il va continuer à suivre de près les progrès tout en maintenant suspendue la menace de sanctions, comme la non-reconnaissance des décisions de justice, jusqu'à mi-2008. Le commissaire Frattini estime que la Commission ne devrait pas avoir peur d'invoquer les clauses de sauvegarde si ces deux pays "ne parvenaient pas à faire des progrès et à se conformer aux exigences".



