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L’Islande se faufile dans l’antichambre de l’UE

Publié 27 juillet 2010 - Mis à jour 30 juillet 2010
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Seulement un an après que l’Islande, touchée par la crise, ait remis sa candidature d'adhésion à l’Union Européenne, les ministres des affaires étrangères du bloc ont décidé hier que le pays nordique devrait entamer ses discussions d'adhésion aujourd’hui (27 juillet).

Contrairement à d'autres prétendants de l'UE, parmi lesquels certains ont attendu des années sur le chemin de l'adhésion, l'Islande a bénéficié d'une procédure accélérée.

En comparaison, la Turquie a remis sa candidature d'adhésion totale à l'UE en 1987 et les discussions ont été symboliquement ouvertes 18 ans plus tard, en 2005. D’autres pays d'Europe de l'est ont également du attendre longtemps avant de démarrer leurs discussions d'adhésion – la Bulgarie et la Roumanie ont postulé en 1995 et ont entamé leurs discussions on 2000.

Annonçant la décision lundi (26 juillet), le ministre belge des affaires étrangères, Steven Vanackere, dont le pays est à la tête de la présidence tournante de l'UE, a admit qu'alors que les 27 ministres des affaires étrangères avaient pris la décision à l'unanimité, certains avaient fortement insisté pour que les discussions d'adhésion de l'Islande soient perçues comme une impulsion pour l'élargissement dans son ensemble.

Bien que l'Islande ait été avantagée grâce au fait qu'elle soit membre de l'Espace économique européen (EEE) et de l'espace Schengen sans passeport, M. Vanackere a dit que les discussions d'adhésion seraient aussi rigoureuses que pour les autres candidats.

Questions environnementales

Il y a certains problèmes qui doivent être résolus et nous encouragerons évidemment l'Islande à les prendre en compte, a dit M. Vanackere. Pensez à l'environnement, à la chasse à la baleine, au secteur financier, aux discussions sur Icesave, a-t-il dit, en référence à la banque islandaise qui s'est effondrée (voir "Contexte").

Le ministre ne s'est pas étendu sur l'environnement, mais on trouve de nombreuses fonderies d'aluminium en Islande. Le pays attire les entreprises d'aluminium en raison de son abondance d'électricité propre renouvelable. Les fonderies d'aluminium sont très intenses en énergie et les entreprises cherchent des moyens de réduire leur empreinte carbone.

Toutefois, de telles productions d'énergie coûtent souvent cher à la nature, car les rivières sont barrées ou les puits géothermiques forés. Un barrage comme celui de Karahnjukar est le plus grand d'Europe et a été construit seulement pour alimenter la fonderie Alcoa.

Les traditions islandaises de la chasse à la baleine pourraient également représenter un obstacle aux discussions d'adhésion du pays. Dans l'UE, tous les cétacés -baleines, dauphins et marsouins- sont protégés par la loi. Malgré l'interdiction en cours de la commission baleinière internationale et l'opposition de nombreux pats, l'Islande permet actuellement le commerce baleinier dans ses eaux, avec un quota de 150 nageoires pour 2009-2013.

Interrogé pour savoir si la chasse à la baleine est maintenant devenue une condition pour que l'Islande rejoigne l'Union, le ministre belge a dit qu'il ne rentrerait pas dans les détails et ne prescrirait pas de solution.

Icesave

Interrogé sur Icesave, M. Vanackere a dit qu'en ce qui concernait les négociations, rien n'était résolu jusqu'à ce que le dernier chapitre ne soit résolu. 

Le chapitre sur les obligations du pays au niveau financier devra être solutionné. Si vous me demandez à quel point c'est crucial, je vous dirais que quand tout est en ordre sauf une chose, alors cette dernière chose devient cruciale. Toutefois, si on peut résoudre le problème plus tard, alors l'importance est moindre, a-t-il dit.

Interrogé sur un récent sondage d'opinion d'après lequel 60 % des Islandais se sont prononcés contre l'adhésion à l'UE, M. Vanackere a dit que l'Union avait conscience de ces problèmes de communication, comme il les appelle.

Il a ajouté que les deux parties devraient avoir le courage de communiquer avec les populations islandaises et dans l'UE d'une manière qui rendrait l'adhésion possible.

Il a conclu en affirmant que les réserves révélées par le sondage n'avaient pas découragés ou empêchés les ministres des affaires étrangères de l'UE de décider de lancer les discussions d'adhésion avec Reykjavik.

Contexte : 

Au beau milieu de la crise économique, l’Islande a considéré que rejoindre l’UE serait une solution viable pour stabiliser son économie. Le pays nordique a une relation bien développée avec l’UE en tant que membre de l’Espace Economique Européen (EEE). Il a postulé officiellement pour adhérer à l’UE le 16 juillet 2009.

Un mois après, le 27 juillet 2009, les ministres des affaires étrangères de l'UE ont formellement demandé à la Commission européenne d'émettre un avis sur la candidature de l'Islande à l'UE.

Le 18 octobre, l'Islande a approuvé un nouvel accord pour rembourser au Royaume-Uni et aux Pays-Bas les milliards d'actifs perdus lors de la chute de la banque islandaise Icesave. L'accord a été perçu comme la fin d'un obstacle à l'adhésion du pays. La Commission, par ailleurs, pense que la question d'Icesave ne doit pas affecter les perspectives d'adhésion de l'Islande à l'UE  (EurActiv 09/03/10).

Le 28 octobre 2009, le FMI a approuvé un prêt de 167,5 millions de dollars à l'Islande.

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