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L’UE conseille à la Serbie d’abandonner la bataille

Publié 31 août 2010 - Mis à jour 27 juillet 2011
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La Serbie a présenté une initiative visant à passer au travers d’une résolution de l’Assemblée Générale des Nations unies, déclarant la sécession unilatérale du Kosovo « inacceptable ». Cependant, certains pays de l’UE ont averti Belgrade qu'elle devrait chercher à régler ses problèmes à Bruxelles, pas à New York. Un reportage de l'agence Beta, partenaire d’EurActiv en Serbie. 

Mécontents de la décision de la Cour internationale de justice selon laquelle la déclaration d’indépendance du Kosovo ne viole pas le droit international (EurActiv 23/07/10), la Serbie a porté la question à l’attention des Nations unies, espérant une approche plus compatissante de ses membres sur la question de l’intégrité territoriale.

L’ébauche de la résolution fait appel à de nouveaux dialogues sur toutes les questions en suspens, mais elle condamne également la déclaration d’indépendance unilatérale du Kosovo. Belgrade voudrait faire adopter cette résolution lors d’une session qui commence mi-septembre.

Ainsi que l’ont rapporté les agences internationales, l’UE a prévenu Belgrade qu’insister sur la résolution pourrait endommager les relations avec Bruxelles, et à terme ses aspirations à rejoindre l’UE.

Le président serbe Boris Tadić a dit ce samedi qu’une délégation gouvernementale allait venir à Bruxelles dans les prochains jours et rencontrer les représentants de l’Union européenne, a rapporté l’agence Beta.

S’adressant à la presse, M. Tadić a attiré l’attention sur le fait que les commentaires sur l’ébauche de la résolution concernant le Kosovo ne sont pas venus des institutions européennes, mais des ministres des affaires étrangères des pays, indépendamment.

Nous serons flexibles, mais nous avons des limites que nous ne pourrons pas dépasser, a dit M. Tadić.

Le nom de la personne qui présidera la délégation serbe n’a pas encore été dévoilé, cette délégation pourrait faire le voyage pour entamer des discussions avec les fonctionnaires européens plus tard dans la semaine.

Maja Kocijancic, porte-parole de la Haute représentante européenne aux affaires étrangères et à la politique de sécurité Catherine Ashton, a déclaré que l’Union est consciente de l’empressement de Belgrade d’harmoniser les visions sur la résolution du Kosovo.

La presse serbe rapporte que les pays de l’UE vont probablement faire pression pour un changement dans l’ébauche de la résolution, potentiellement pour le rendre dépourvu de tout sens.

Le ministre des affaires étrangères allemand Guido Westerwelle a déclaré le 26 août à Belgrade que l’Union européenne était en faveur de discussions directes entre Belgrade et Pristina, et que celles-ci devraient prendre place à Bruxelles et non à New York.

Il est impératif que le dialogue soit axé sur les questions pratiques et les meilleures conditions de vie. L’UE croit en ces dialogues, mais à Bruxelles, pas à New York, a dit M. Westerwelle à des étudiants dans la salle de l’Université de Belgrade.

Il a ajouté que la réconciliation ne pourrait être réussie que si Belgrade fait face à la réalité. M. Westerwelle a rappelé que l'indépendance du Kosovo était une réalité et que l'expertise de la CIJ n'était pas ambiguë.

Le ministre britannique des affaires étrangères William Hague doit se rendre à Belgrade aujourd'hui (31 août). D'après le quotidien Blic, M. Hague pourrait demander à M. Tadić de retirer entièrement la résolution.

Un traitement humiliant?

Blic a écrit que de nombreux officiels internationaux, y compris l'ambassadeur britannique en Serbie Stephen Wordsworth, ont été outrés par la façon dont la Serbie a présenté sa résolution à l'Assemblée générale des Nations unies.

Les ambassadeurs ont été convoqués au ministère des affaires étrangères, où la résolution a été lue à voix haute devant eux. Ils devaient la noter par écrit, puis la résolution a été immédiatement soumise à l'Assemblée générale des Nations unies sans aucune autre consultation. C'était humiliant, selon ce journal.

Le Frankfurter Allgemeine Zeitung a cité un responsable politique serbe qui n'a pas été nommé, qui a dit confidentiellement qu'ils avaient besoin de cette "dernière bataille" aux Nations unies pour pouvoir dire au peuple qu'ils ont fait tout ce qu'ils pouvaient essayer pour garder le Kosovo.

Contexte : 

Le Kosovo, la plus petite nation des Balkans, a fait sécession de la Serbie en 2008, soit 9 ans après la fin de la guerre de 1998-1999 entre les forces de sécurité de Belgrade et la guérilla de l’ethnie albanaise. Durant les années suivantes, la Kosovo a été sous protectorat international assuré par les soldats de maintien de la paix de l’OTAN. Après la déclaration d’indépendance du Kosovo le 17 février 2008, la République, forte de 2 millions de personnes parmi lesquels 90 % viennent de l’ethnie albanaise, a mis en place de nombreux attributs étatiques, notamment une nouvelle constitution, une armée, un hymne nationale, un drapeau, des passeports, cartes d’identité et une centrale de renseignements.

La plupart des pays de l'UE, mis à part l'Espagne, la Grèce, la Roumanie, Chypre et la Slovaquie, ont reconnu l'indépendance du Kosovo. Parmi les membres des Nations unies, 69 l'ont reconnu jusqu'ici. 

En octobre 2009, les Nations unies ont approuvé la requête de la Serbie demandent à la Cour international de justice (CIJ) si la session du Kosovo de la Serbie était légale. Le 22 juillet 2010, la CIJ a rendu son arrêt, qui était fortement ambigu, mais a tout de même déclaré que le Kosovo n'avait pas violé le droit international en déclarant sa sécession de la Serbie (EurActiv 23/07/10).

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