Il y a quelques semaines, le European Stability Initiative (ESI), un institut de recherche et de politiques à but non lucratif, a publié une proposition visant à résoudre la « dispute de nom » qui met Skopje et Athènes dos à dos (voir "Contexte").
Le conflit semble être l'une des impasses les plus considérables aux efforts de stabilisation des Balkans occidentaux.
La proposition, signée par le président du ESI Gerald Knaus, a suscité beaucoup d’intérêt et fait naître de nombreux débats dans les médias régionaux, a noté l’institut dans un communiqué de presse diffusé hier (12 juillet).
L’ESI a été fondé en juin 1999 par un groupe multinational de praticiens et d’analystes possédant une expérience étendue dans la région des Balkans occidentaux.
L’idée de base est simple, soutient le papier de l’ESI. Bien que les fonctionnaires de l’UE, et même certains à Skopje, pensent que l’actuel gouvernement grec de George Papandreou voudrait que le conflit sur le nom soit résolu, dans l’ensemble la confiance dans l'ordre politique grec demeure limité en dehors du pays.
La fatigue de l’élargissement
Alors que la plupart des européens trouvent la position grecque déroutante ou irrationnelle, l’opinion politique dominante dans beaucoup de capitales pense que le processus d’élargissement européen devrait être ralenti, note le rapport de l’ESI. Dans ce contexte, le fait que la demande d’adhésion européenne de la Macédoine soit bloquée apparaît comme bienvenue, affirme l’institut.
M. Gerald Knaus est catégorique en affirmant que si un compromis entre Skopje et Athènes est trouvé, un référendum aura lieu en Macédoine.
Toutefois, les responsables politiques macédoniens qui seraient prêts à faire des concessions sur le nom du pays ne le feraient qu’à condition que cela garantisse l’adhésion du pays à l'UE, soutient le directeur de l’ESI.
Afin de solutionner le problème, l’ESI suggère de faire un amendement constitutionnel à Skopje, pour changer le nom du pays maintenant, permettant ainsi à Athènes de soutenir le démarrage des discussions d’adhésion à l’UE plus tard dans l’année. Cependant, l’amendement ne ferait qu’anticiper l’entrée en vigueur du changement le jour où la Macédoine rejoindra effectivement l’UE.
On peut lire sur la proposition de changement constitutionnel ce qui suit : toutes les références à la République de Macédoine dans cette Constitution seront remplacées par une référence à XX (un compromis sur le nom) dés le jour où le pays rejoint l’Union européenne.
Si, pour une raison ou une autre, Skopje ne rejoint pas l’UE, le pays ne sera jamais obligé de changer de nom, d’après le document de l’ESI.
M. Knaus soutient également que la solution proposée permettrait aux deux pays ainsi qu’à leurs dirigeants de crier victoire. En parallèle, la Grèce devrait laisser la Macédoine rejoindre l’OTAN sous le nom ARYM (le nom sous lequel la Macédoine a rejoint les Nations unies), une fois que les changements constitutionnels seront votés, explique-t-il.




