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La dispute de nom de la Macédoine donne des idées exotiques

Publié 13 juillet 2010 - Mis à jour 16 juillet 2010
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Un institut de recherche renommé a suggéré que la Macédoine change son nom pour une formule approuvée le jour de son adhésion à l'UE afin de résoudre l'actuelle dispute avec la Grèce. Aussi exotique que cela puisse paraître, la proposition a déjà suscité l'intérêt et déclenché les débats débats des médias régionaux.

Il y a quelques semaines, le European Stability Initiative (ESI), un institut de recherche et de politiques à but non lucratif, a publié une proposition visant à résoudre la « dispute de nom » qui met Skopje et Athènes dos à dos (voir "Contexte").

Le conflit semble être l'une des impasses les plus considérables aux efforts de stabilisation des Balkans occidentaux.

La proposition, signée par le président du ESI Gerald Knaus, a suscité beaucoup d’intérêt et fait naître de nombreux débats dans les médias régionaux, a noté l’institut dans un communiqué de presse diffusé hier (12 juillet).

L’ESI a été fondé en juin 1999 par un groupe multinational de praticiens et d’analystes possédant une expérience étendue dans la région des Balkans occidentaux.  

L’idée de base est simple, soutient le papier de l’ESI. Bien que les fonctionnaires de l’UE, et même certains à Skopje, pensent que l’actuel gouvernement grec de George Papandreou voudrait que le conflit sur le nom soit résolu, dans l’ensemble la confiance dans l'ordre politique grec demeure limité en dehors du pays.

La fatigue de l’élargissement

Alors que la plupart des européens trouvent la position grecque déroutante ou irrationnelle, l’opinion politique dominante dans beaucoup de capitales pense que le processus d’élargissement européen devrait être ralenti, note le rapport de l’ESI. Dans ce contexte, le fait que la demande d’adhésion européenne de la Macédoine soit bloquée apparaît comme bienvenue, affirme l’institut.

M. Gerald Knaus est catégorique en affirmant que si un compromis entre Skopje et Athènes est trouvé, un référendum aura lieu en Macédoine.

Toutefois, les responsables politiques macédoniens qui seraient prêts à faire des concessions sur le nom du pays ne le feraient qu’à condition que cela garantisse l’adhésion du pays à l'UE, soutient le directeur de l’ESI.

Afin de solutionner le problème, l’ESI suggère de faire un amendement constitutionnel à Skopje, pour changer le nom du pays maintenant, permettant ainsi à Athènes de soutenir le démarrage des discussions d’adhésion à l’UE plus tard dans l’année. Cependant, l’amendement ne ferait qu’anticiper l’entrée en vigueur du changement le jour où la Macédoine rejoindra effectivement l’UE.

On peut lire sur la proposition de changement constitutionnel ce qui suit : toutes les références à la République de Macédoine dans cette Constitution seront remplacées par une référence à XX (un compromis sur le nom) dés le jour où le pays rejoint l’Union européenne.

Si, pour une raison ou une autre, Skopje ne rejoint pas l’UE, le pays ne sera jamais obligé de changer de nom, d’après le document de l’ESI.

M. Knaus soutient également que la solution proposée permettrait aux deux pays ainsi qu’à leurs dirigeants de crier victoire. En parallèle, la Grèce devrait laisser la Macédoine rejoindre l’OTAN sous le nom ARYM (le nom sous lequel la Macédoine a rejoint les Nations unies), une fois que les changements constitutionnels seront votés, explique-t-il.

Réactions : 

La proposition de Gerald Kraus mérite d’être étudiée et débattue de manière approfondie,écrit Ivica Bocevki, ancien ministre des affaires européennes macédonien dans le quotidien bulgare Dnevnik.

Fondamentalement, M. Bocevski est d'accord avec l'avis de M. Kraus selon lequel le climat politique en Grèce pourrait changer au fil des négociations d'adhésion de la Macédoine à l’UE, et par conséquent, le besoin d’avoir une garantie stratégique est indéniable, soutient-il.

M. Bocevski fait également allusion au problème du référendum en Macédoine pour avaliser un possible compromis sur la dispute de nom. Un climat favorable à ce genre de sondage devrait être soigneusement mis en place, sans quoi les opinions nationalistes dominantes détruiraient tout compromis, a-t-il affirmé.

Contexte : 

De tous les obstacles qui sont sur le chemin de l'adhésion de la Macédoine à l'UE, le différend sur son nom avec la Grèce semble être le plus important (voir le LinksDossierd' EurActiv).

Du point de vue d'Athènes, le nom officiel utilisé par Skopje – République de Macédoine – constitue un défi ouvert à l'encontre de la région grecque de Macédoine. En représailles, la Grèce a promis d'opposer son veto à la participation de la Macédoine aux institutions internationales, y compris l'UE, jusqu'à ce que cette question soit réglée.

Bien que le nom Macédoine soit reconnu comme étant le nom constitutionnel du pays par tous les Etats membres excepté la Grèce, la dispute sur le nom a conduit à une impasse concernant l'adhésion du pays à l'OTAN et à l'UE.

Selon certaines informations récentes en provenance de sources diplomatiques, un nom avec une connotation géographique – définissant la Macédoine plus comme une région que comme un pays – serait une solution acceptable pour la Grèce (EurActiv 07/04/10).

La Grèce insiste pour que le nouveau nom géographique soit utilisé par Skopje dans ses relations avec tout un chacun, rejetant ainsi l'idée de Skopje d'avoir un nom à usage interne.

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