Parvenir à un accord avec les deux pays de l’UE est essentiel pour que l’aide continue à affluer vers l’Islande, toujours en proie à la récession dévastatrice après sa débâcle financière en 2008.
Toutefois, le président islandais Olafur Grimsson a de manière inattendue refusé cette semaine de signer une loi amendée sur le remboursement, s’appuyant sur une vague de colère populaire contre ce projet de loi. Dans le cadre de la constitution islandaise, cette manœuvre a déclenché un référendum national sur la question.
Les législateurs se sont remis au travail vendredi, presque trois semaines en avance par rapport au calendrier, afin de fixer la date et la formulation de la question posée aux électeurs.
J’ai une pleine confiance dans les électeurs islandais et je sais qu’ils prendront la bonne décision, a déclaré la première ministre Johanna Sigurdardottir au Parlement.
La décision du président a déclenché une agitation politique et forcé des fonctionnaires islandais à implorer les créanciers nordiques pour qu’ils continuent à apporter leur soutien. Les voisins de l’île font partie du programme d’aide multilatéral mené par le Fonds monétaire international.
La Finlande, la Norvège et le Danemark ont tous répété vendredi que l’Irlande devait respecter ses obligations internationales si elle voulait continuer à recevoir leurs prêts.
Le ministre des Finances islandais Steingrimur Sigfusson, qui s’est exprimé à Copenhague après une rencontre avec son homologue danois, a promis que Reykjavik respecterait tous ses engagements.
Le gouvernement avait prévu d’organiser le référendum le 20 février mais il envisage désormais la date du 6 mars au plus tard.
Un sondage a montré plus tôt cette semaine qu’une majorité voterait contre le projet de loi tandis qu’une autre enquête menée par Gallup montre le contraire.
Les dépositaires britanniques et néerlandais qui avaient des comptes bancaires à haut intérêt chez Icesave ont perdu leur argent lorsque la banque islandaise s’est effondrée en 2008 après des années de développement agressif alimenté par les dettes. Les deux pays ont apporté des compensations intégrales aux épargnants et souhaitent le remboursement de leur argent.
Si les électeurs rejettent le projet de loi, il faudra se référer à une version antérieure votée en août. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont rejeté ces conditions : les remboursements n’étaient pas garantis après 2024.
« Est-ce juste » ?
De nombreux Islandais s’opposent à ce que l’Etat donne une garantie sans fin, estimant qu’ils ont injustement les pieds et poings liés, sont obligés de rembourser, à cause des erreurs de leurs banques. D’autres considèrent cela comme le seul moyen pour restaurer la situation économique normale du pays, pour s’assurer qu’il ait accès aux marchés internationaux et pour lui permettre de rejoindre l’UE.
Je n’arrête pas d’avancer et de reculer sur cette question, a déclaré Gunnar Hansson, un acteur de 38 ans qui a une femme et deux enfants. Son titre participatif dans un appartement de deux chambres a été effacé par la crise financière du pays et ses remboursements de prêt augmentent.
Malgré toutes les discussions de l’année dernière, je ne suis toujours pas sûr d’avoir toutes les informations dont j’ai besoin pour me faire une opinion. Est-ce que cet accord est juste ? Pourrions nous obtenir un meilleur accord ? A combien va se monter exactement la facture finale ? Devrions-nous payer cela ?
La première ministre Mme Sigurdardottir a promis que son gouvernement informerait avec attention les électeurs, et que cela achèverait l’affaire Icesave.
Un manque de soutien à cette mesure – que certains sur l’île ont renommé la facture Icesave – pourrait prolonger la misère économique et avoir de plus larges répercussions.
Le Royaume-Uni a déclaré que l’Islande pourrait endurer un isolement économique si les électeurs n’approuvaient pas la mesure.
(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv).




