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La Serbie demande la fin du « chantage » de l'UE sur le Kosovo

Publié 30 août 2011 - Mis à jour 01 septembre 2011
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Une semaine après la visite d’Angela Merkel à Belgrade, la Serbie appelle l’Union européenne à rester neutre dans ses relations avec la province séparatiste du Kosovo. Bozidar Djelic, vice-premier ministre serbe chargé de l'intégration européenne, s’est confié à EurActiv Serbie lors d’un entretien exclusif.

La Serbie espérait obtenir le statut de candidate à l'UE peu après avoir arrêté les fugitifs Ratko Mladic et Goran Hadzic, auteurs de crimes de guerre, et les avoir extradés vers le tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie à La Haye.

L'objectif du pays est d'« obtenir le statut de candidat et de définir une date pour le début des négociations d'adhésion », a déclaré Bozidar Djelic à EurActiv Serbie lors d'un entretien.

« Ne nous doutons pas que la Serbie obtiendra ce statut de candidat », a-t-il ajouté. « Mais nous verrons comment cela se passera au sommet en décembre », a-t-il poursuivi, faisant référence à la réunion prévue des chefs d'Etat et de gouvernement européens, lors de laquelle le statut de candidat devrait officiellement être accordé au pays.

Cependant, lors d'une récente visite à Belgrade, la chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré que la Serbie devrait aboutir à des résultats concrets dans ses discussions avec le Kosovo, supervisées par l'UE, avant que les négociations officielles puissent être lancées.

EULEX devrait rester neutre

La chancelière allemande a instamment demandé à Belgrade d'accepter la présence d'EULEX, la mission européenne de police et de justice, sur tout le territoire kosovar, ainsi que d'abolir ses structures administratives parallèles dans le nord du Kosovo.

Belgrade s'oppose à EULEX, affirmant que les Nations Unies devraient administrer le Kosovo jusqu'à la détermination finale de son statut.

Bozidar Djelic affirme que la Serbie a accepté la présence d'EULEX comme faisant partie du plan en six points de l'ONU pour la région. L'objectif de cette mission en termes de renfort de l'Etat de droit est « dans l'intérêt de la République de Serbie, de la région et de l'Europe, et nous y sommes favorables », a-t-il affirmé à EurActiv Serbie.

Il a toutefois nuancé ces propos, affirmant qu'EULEX devait mener à bien sa mission « de manière neutre », afin de respecter les deux parties, laissant entendre que ce n'était pas le cas actuellement.

« Nous demandons à reprendre le dialogue. Nous avons initié ce dialogue, il est donc important de ne pas le transformer en chantage pour la Serbie ».

« Si ce dialogue se révèle asymétrique, si Belgrade doit accepter tout ce qu'exige Pristina, ce n'est plus un dialogue, c'est du chantage ».

Abolir les institutions parallèles serait « non-démocratique »

Bozidar Djelic a également rejeté les accusations selon lesquelles Belgrade mettrait en place des autorités administratives parallèles au Kosovo afin de garder un pied dans la province séparatiste.

« En ce qui concerne ces soi-disant institutions parallèles, nous avons clairement expliqué à la chancelière allemande que les institutions en question étaient élues par les citoyens et possédaient une légitimité démocratique. Ce n'est pas un secret, les maires n'ont pas tous la même vision que le gouvernement serbe, mais il existe une légitimité, et celle-ci doit être respectée ».

« C'est pourquoi l'idée d'abolir ces institutions n'est pas démocratique.  Il est très important d'admettre cet état de fait si nous voulons construire une démocratie dans les Balkans : les institutions soutenues par les citoyens doivent être respectées ».

La question des douanes

Les discussions entre ces deux Etats des Balkans, supervisées par l'UE, devraient reprendre vendredi (2 septembre) et se concentreront sur le différend en cours qui a conduit Belgrade à interdire le transit des exportations kosovares sur le territoire serbe.

En juillet, la police kosovare a tenté de prendre le contrôle de deux postes frontières contrôlés par la Serbie au nord du pays, ce qui a forcé l'ONU à dépêcher des forces de maintien de la paix sur place. Un policier kosovar a été tué au cours de ces affrontements.

Pour Bozidar Djelic, l'utilisation de timbres par le Kosovo serait un pas supplémentaire vers la reconnaissance internationale de l'Etat séparatiste, une chose que la Serbie ne peut accepter.

« Je pense qu'on ne peut pas demander l'impossible à la Serbie », a poursuivi Bozidar Djelic, appelant les négociateurs européens à ne pas tirer parti des aspirations de la Serbie à adhérer à l'UE pour forcer la main à Belgrade.

« Aujourd'hui, il est très important de ne pas tenter de profiter du souhait de notre pays d'obtenir le statut de candidat à l'UE pour exercer une pression malvenue sur notre gouvernement, en essayant de nous soutirer quelque chose qui irait à l'encontre des lignes rouges de notre politique, ce serait tout simplement impossible ».

« Il est évident que Pristina et certains cercles européens souhaitent tirer profit des fortes pressions qui s'exercent sur Belgrade et de son désir de devenir candidat à l'UE ».

« C'est une politique anti-européenne et dangereuse ».

Pour lire l’entretien dans son intégralité, veuillez cliquer ici.

Bozidar Djelic s'entretenant avec EurActiv Serbie à Belgrade
Contexte : 

En décembre 2008, l'UE a déployé une mission en faveur de l'Etat de droit intitulée « EULEX Kosovo », avec l'intention de gérer ce territoire européen, qui a déclaré son indépendance de la Serbie en 2008.

Le but de l'opération est d'aider et de soutenir les autorités kosovares dans l'établissement d'un Etat de droit, notamment en ce qui concerne la police, le système judiciaire et les douanes. 

La plupart des pays européens ont reconnu l'indépendance du Kosovo, à l'exception notable de Chypre, de l'Espagne, de la Grèce, de la Roumanie et de la Slovaquie.

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