Lors de sa visite en Macédoine le 19 décembre, M. Tadić a déclaré à la presse que le principe de « souveraineté partagée » déjà appliqué par d'autres Etats dans le passé pourrait être une solution.
Il a cité l'exemple de l'Irlande, en expliquant que « La République d'Irlande, qui ne reconnaît pas la division de son territoire (avec l'Irlande du Nord), fait toutefois partie de l'Union européenne ».
En vertu de l'Accord du Vendredi saint de 1998, le gouvernement de Dublin a abandonné sa revendication de la souveraineté de l'Irlande du Nord, espérant voir une Irlande unie. Cette décision avait fait suite à un vote de part et d'autre de la frontière.
M. Tadić a évoqué d'autres modèles applicables, comme celui du Tyrol du Sud, une province autonome du nord de l'Italie limitrophe à l'Autriche et à la Suisse. La majeure partie de la population parle allemand et la région a atteint un niveau considérable d'autogouvernement. Elle jouit d'un large éventail de pouvoirs législatifs exclusifs et d'un régime fiscal qui lui permet de conserver 90 % de l'ensemble des impôts prélevés.
Le président serbe a également mentionné le modèle des deux Allemagnes de 1972. Le système des « deux Allemagnes » permettait à l'Allemagne de l'Ouest de ne pas reconnaître l'Est communiste tout en maintenant ses relations avec la République démocratique allemande et en établissant un ministère en charge des relations entre les deux parties.
M. Tadić a souligné que « le modèle devrait être européen, dans le sens où il devrait garantir la paix et résoudre les problèmes quotidiens des populations ».
La Serbie espère que les dirigeants européens décideront en février de lui accorder le statut de candidat, ce qui permettrait au pays d'entamer ses négociations d'adhésion au cours de l'année prochaine.
Mais l'évolution de la situation dépendra de l'état des relations entre Belgrade et Priština, ont prévenu des diplomates.




