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La Serbie et la Croatie doivent cesser de regarder en arrière

Publié 19 juillet 2010 - Mis à jour 20 juillet 2010
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Le président croate Ivo Josipović a rendu sa première visite officielle à la Serbie hier (18 juillet), lors de laquelle il a discuté de la résolution de toutes les questions ouvertes avec son hôte, le président serbe Boris Tadić. M. Josipović a dit que les deux pays, qui ont été en guerre de 1991 à 1995, n'avaient plus aucune raison de regarder vers le passé. Un reportage de BETA agency, le partenaire d'EurActiv en Serbie.

Le président croate a été accueilli à Belgrade par le président Tadić devant le Palace de Serbie avec le premier ministre serbe Ivica Dačić et le vice-premier ministre Božidar Djelić.

Après la cérémonie d'accueil, M. Josipović et M. Tadić ont commencé à discuter des différents moyens d'améliorer la coopération entre les deux pays et de résoudre les problèmes non traités.

Les deux présidents ont dit plus tard lors d'une conférence de presse qu'ils soutenaient tous deux l'intégration européenne de l'autre pays.

Les présidents ont également affirmé que les questions qui constituent des obstacles à de meilleures relations entre les deux pays incluent notamment le retour des réfugiés en Croatie, la dispute frontalière entre la Serbie et la Croatie, la question des personnes disparues, des minorités et de la protection des droits des minorités.

Concernant le procès sur le génocide croate et le contre procès sur le génocide entamé par la Serbie devant la Cour internationale de Justice (voir "Contexte"), M. Tadić a dit qu'il soutenait une solution à l'amiable, tandis que M. Josipović a dit que les inculpations de génocide étaient le résultat de certains problèmes qu’il serait mieux de résoudre en dehors des tribunaux.

Les deux présidents ont dit qu'ils soutenaient de façon générale la création d'une ligue régionale de football des deux pays.

Plus tard dans la journée, M. Tadić et son homologue croate M. Josipović se sont rendus à une cérémonie célébrant le 20ème anniversaire de la Ligue démocratique des Croates de Voïvodine, un parti qui représente l'ethnie croate de la province.

Un aspect central de la politique serbe réside dans le droit de chaque citoyen à sa  propre identité ou culture, un droit que personne ne peut remettre en question, de quelque façon que ce soir, a affirmé M. Tadić lors de cette célébration.

Le président croate a souligné que les deux pays étaient sur la bonne voie pour résoudre leurs problèmes, affirmant que même si tous les problèmes du passé n'avaient pas été résolus, les politiques et gouvernements d'aujourd'hui ne devaient pas en porter le blâme.

Il n'y a plus aucune raison de regarder vers le passé, a dit M. Josipović.

La Croatie est en route vers l'UE et c'est notre principal objectif, mais en même temps, il est dans notre intérêt stratégique que tous les pays d'Europe du sud est y parviennent le plus rapidement possible, et nous assisterons ce processus en utilisant tous les moyens à notre disposition, a dit M. Josipović.

M. Josipović  a remercié la Ligue démocratique des Croates de Voïvodine pour sa grande contribution à la préservation de l'identité des Croates qui y vivent, ajoutant que la communauté  croate locale pourrait à l’avenir compter sur l'aide des deux Etats.

La Voïvodine est une province autonome de Serbie, située dans la partie nord du pays frontalier avec la Hongrie et la Croatie. La Voïvodine est fière de son identité multiethnique et multiculturelle et utilise un certain nombre de mécanismes pour promouvoir les minorités.

Josipović: Let's settle problems out of courts
Contexte : 

La Croatie devrait être le premier pays à rejoindre l’UE depuis l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie en 2007. Ce pays devrait avoir achevé ses négociations d’adhésion en 2010 et rejoindre l’UE en 2012 (EurActiv 06/11/09).

Les tensions existantes entre la Croatie et la Serbie remontent à la guerre d’indépendance croate, qui a eu lieu de 1991 à 1995 entre les forces serbes et croates. Les observateurs pensent que des atrocités ont été commises des deux côtés durant cette guerre fratricide.

La Serbie a poursuivi la Croatie pour génocide devant la Cour international de justice le 4 janvier, un geste qui a été considéré comme une réponse aux poursuites de la Croatie. Les revendications serbes de génocide font référence à l’opération « Tempête » de 1995. Quant aux accusations de la Croatie, elles sont liées au nettoyage ethnique de M. Milosevic.

Dans le sillage immédiat des élections présidentielles croates tenues le 10 janvier, le président nouvellement élu, Ivo Josipović, a prévu un arrêt potentiel de la guerre entre la Croatie et la Serbie à la Cour pénale internationale (CPI) de la Haye au regard des accusations de génocide (EurActiv 12/01/10).

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