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L'élargissement de la Francophonie inquiète le 'premier cercle' [FR][en

Publié: mercredi 4 octobre 2006   

Le 11ème Sommet de la Francophonie s'est achevé par une déclaration sur le Liban, la Côte d'Ivoire et la crise du Darfour et a révélé des tensions au sein de la Francophonie. 

Contexte:

Les participants au 11ème Sommet de la Francophonieexternal , parmi lesquels figuraient 22 chefs d'Etat, 11 premiers ministres et 36 ministres des affaires étrangères, ont adopté une déclarationPdf external reconnaissant les victimes civiles du conflit entre le Hezbollah et Israël au Liban.

La proposition d'origine de l'Egypte, qui précisait que les seules victimes étaient Libanaises, a été rejetée par le premier ministre canadien, Stephen Harper, qui estimait que toutes les victimes devaient être reconnues.

Les dirigeants ont également évoqué le conflit israélo-palestinien, la Côte d'Ivoire, la crise au Darfour et les problèmes dans les Balkans occidentaux. Le 29 septembre également, l'ancien président du Sénégal Abdou Diouf a été réélu à l'unanimité en tant que secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie, qui compte 63 membres. Abdou Diouf, 71 ans, est à la tête de cette organisation depuis 2002.

Le président de la Commission, José Manuel Barroso, et le commissaire à l'élargissement, Olli Rehn, étaient également présents à Bucarest. La Commission a annoncé le 26 septembre 2006 que la Bulgarie et la Roumanie pouvaient adhérer à l'UE en 2007 (voir EurActiv, ).

Autres articles:

Avec ces deux nouveaux Etats membres, l'OIF compte aujourd'hui 21 membres ou observateurs européens, dont 11 Etats membres de l'UE. Au cours des 15 dernières années, 14 des 21 nouveaux membres de l'OIF ont été des pays d'Europe de l'Est. De plus, le Sommet de la Francophonie s'est tenu pour la première fois cette année dans cette région.

Cette expansion à l'Est inquiète les membres traditionnels de la Francophonie, les pays africains. En effet, la plupart des membres de l'organisation sont d'anciennes colonies française d'Afrique et des Caraïbes. Ces dernières craignent que leur influence et l'aide qu'elles reçoivent ne diminuent. "C'est une préoccupation légitime. Au fur et à mesure que la famille francophone s'agrandit, les initiateurs, c'est-à-dire le tout premier cercle de la francophonie, s'inquiète," a déclaré le ministre délégué aux affaires étrangères du Burkina Faso, Jean-Didier Somda.

Certains journaux britanniques critiquent par ailleurs le fait que de nombreux pays parmi ces nouveaux membres sont moins francophones qu'anglophones. En Roumanie par exemple, les citoyens sont plus enclins à apprendre l'anglais comme seconde langue que le français. Ils soulignent également que le budget de l'OIF de 136 millions d'euros est financé à 80% par Paris, soutenant que l'organisation est utilisée par la France simplement pour résister à la puissance économique et culturelle des Etats-Unis.

La convention de l'Unesco pour la défense de la diversité culturellePdf external , adoptée en octobre 2005, est une autre source éventuelle de conflit avec les Etats-Unis. En effet, ces derniers sont opposés à cette convention, craignant qu'elle n'instaure des barrières commerciales aux exportations culturelles comme les films. Le président français Jacques Chirac a appelé les dirigeants internationaux assistant au Sommet des 28 et 29 septembre à ratifier cette convention. De plus, le président Barroso a annoncé que les premiers instruments européens de ratification de cette convention seraient déposés avant la fin de l'année.

Premier instrument de droit international en matière de commerce de biens culturels, cette convention a été l'une des principales réalisations de la Francophonie et a illustré la dimension de plus en plus politique de l'organisation. Cette dimension, ajoutée aux récents élargissements, rend de plus en plus difficile l'unité parmi les membres de l'OIF. Des divisions sont ainsi apparues lors du Sommet entre ceux qui veulent insister sur les crises africaines et ceux considérant que la Francophonie, c'est "autre chose". Comme l'UE, l'organisation pourrait être confrontée dans les années à venir à un débat entre "élargissement" et "approfondissement".

Positions:

Le secrétaire générale de la Francophonie, Abdou Diouf, a précisé que les pays membres de l'OIF ne cherchaient pas à défendre le français contre l'anglais, mais "nous considérons que l'honnête homme du XXIe siècle, doit pouvoir parler sa langue maternelle et parler au moins deux grandes langues de communication internationale et quand nous disons cela, nous disons le français et l'anglais". Il s'est également opposé à "une hégémonie, une conception unique du monde".

Le président français Jacques Chirac a souligné que "la paix et l'avenir du monde" dépendaient du dialogue interculturel, ajoutant que la convention de l'Unesco devait être ratifiée pour "développer des initiatives culturelles... et pour offrir à notre jeunesse l'espoir d'un monde ouvert et libre".

Le président roumain Traian Basescu a déclaré : "La Roumanie a récemment profité d'une visibilité accrue, notamment dans la presse internationale, grâce au Sommet." Il a souligné qu'en dépit de la solidarité des pays francophones à l'égard de la Roumanie, en raison de son statut de pays membre de l'OIF, son pays devait poursuivre ses efforts au sein de l'Union européenne. 

Le premier ministre canadien, Stephen Harper : "J'espère que nous pouvons tous reconnaître la souffrance des humains, des hommes et des femmes, de reconnaître toute la souffrance et pas seulement la souffrance basée sur la nationalité des gens," ajoutant : "On peut déplorer la guerre. On doit reconnaître les victimes des deux côtés. La Francophonie ne peut pas reconnaître les victimes selon leur nationalité."

Prochaines étapes:

  • 2008  : Le prochain sommet se tiendra à Québec, au Canada.

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