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Le Kosovo et la Serbie doivent trouver un compromis

Publié 30 août 2010
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La Serbie et le Kosovo doivent à tout prix entrer dans des discussions franches sans intervention extérieure et trouver un compromis pour parvenir à un accord s'ils veulent progresser sur le chemin de l'intégration européenne, conclut un rapport publié le 26 août par l'International Crisis Group (ICG), une ONG qui conseille les gouvernements sur la résolution des conflits.

Une attitude publique plus réaliste est perçue comme l'une des clés pour arriver à une résolution mutuellement satisfaisante du conflit qui dure depuis dix ans, dit le rapport.

La Serbie répète continuellement qu’elle ne reconnaîtra pas la « déclaration unilatérale d’indépendance » du Kosovo datant de 2008. Selon l’ICG, pourtant, le pays ne devrait pas faire l’autruche et devrait assurer des relations plus proches avec Pristina afin de soutenir l’état de droit dans la partie nord du Kosovo, où vit une minorité importante de Serbes.

Choisir de ne pas agir face à une telle opportunité risquerait de geler le conflit pendant plusieurs années, selon Marko Prelec, directeur du ICG Balkans Project, qui prévient que le conflit pourrait alors être utilisé pour mobiliser l’opinion nationaliste et détourner les critiques de la corruption domestique et des défaillances du gouvernement.

La méfiance mutuelle et les agendas incompatibles ont été identifiés comme les deux facteurs majeurs empêchant un approfondissement des relations des deux cotés.

La Serbie a présenté une demande en vue de poser sa candidature pour l’adhésion européenne et l’on s’attend à ce que celle-ci arrête d’empêcher la participation du Kosovo dans les institutions régionales si elle souhaite que sa demande soit prise en compte. Jeudi dernier, le ministre des affaires étrangères allemand Guido Westerwelle a dit à Belgrade que la route vers l’adhésion à l'UE passe par la réconciliation avec le Kosovo.

La même idée est développée dans le rapport de l’ICG. Si la Serbie cherche réellement un progrès signifiant, celle-ci doit mettre ses cartes sur la table et traiter le Kosovo en égal ; et Pristina devrait examiner avec attention ce que Belgrade a à lui offrir, déclaré Prelec.

Une des propositions les plus controversées discutées dans le rapport concerne la possibilité d’un échange de terres entre la partie nord du Kosovo qui est ethniquement serbe et la portion albanaise de la vallée Preševo en Serbie, une idée soutenue par l’ICG, bien qu’elle ne soit pas à l’agenda des capitales de l’UE ou de ses institutions.

Une plus grande autonomie pour le nord et le statut d’indépendance pour les sites de l’Eglise Orthodoxe serbe, ainsi que cela a été présenté dans le plan d’Ahtisaari, en échange de la reconnaissance serbe du Kosovo, devrait être acceptable pour les deux parties, selon l’ICG.

Sabine Freizer, directrice du Programme Europe de l’ICG, pense qu’une solution à l’impasse Belgrade-Pristina viendrait le plus probablement sans médiation directe étrangère.

La meilleure politique pour les amis du Kosovo est de faciliter l’opportunité pour que les partis s’engagent dans un dialogue franc et ouvert, sans contraintes et sans agendas imposés ou limités par l’extérieur, conclu le rapport.

Selon l’ICG, rien d'autre que la reconnaissance serbe de l’indépendance du Kosovo, à travers une certaine forme de relations diplomatiques et à terme une reconnaissance formelle et entière, ne pourrait influencer les Etats membres de l’UE ou les membres du Conseil de sécurité des NU qui demeurent opposés, notamment l’Espagne, la Grèce, la Russie et la Chine.

Contexte : 

Le Kosovo, la plus petite nation des Balkans, a fait sécession de la Serbie en 2008, neuf ans après la fin de la guerre de 1998-1999 entre les forces de sécurité de Belgrade et les guérillas albanaises ethniques. Dans les années qui ont suivi, le Kosovo était sous protectorat international contrôlé par les casques bleus de l’OTAN.

Après que le Kosovo a déclaré son indépendance le 17 février 2008, la république, forte de deux millions d’habitants, dont 90% de la population est d’origine ethnique albanaise, a mis en place certains des attributs de l’état de droit, incluant une nouvelle constitution, une armée, un hymne national, un drapeau, des passeports, cartes d’identité et une agence de sûreté d’Etat.

Plus de 60 pays ont reconnu le Kosovo, dont les Etats-Unis et la plupart des Etats membres de l’UE exception faite de l’Espagne, de Chypre, de la Grèce, de la Roumanie et de la Slovaquie. La Serbie, soutenue par la Russie, est fermement opposée à l’indépendance du Kosovo.

A la demande de la Serbie, le 1er décembre 2009, la Cour internationale de justice a entamé l’examen de légalité de la déclaration d’indépendance du Kosovo et a prononcé son jugement le 22 juillet, selon lequel cette déclaration d’indépendance ne transgresse pas la loi internationale, par une majorité de 10 contre 4 (EurActiv 23/07/10).

En dépit des différences d’opinion entre les Etats membres concernant le statut du Kosovo, les institutions européennes soutiennent qu’il est vital que l’UE s’engage par rapport au Kosovo afin que la stabilité et la sécurité dans les Balkans de l’Ouest – voisins immédiats de l’UE – puissent être préservées et qu’il n’y ait pas de « trou noir » sur la carte de l’Europe.

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