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Le "oui" ouvre la voie de l'adhésion à la Croatie

Publié 07 juin 2010 - Mis à jour 09 juin 2010
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La Slovénie a approuvé de peu l'accord d'arbitrage frontalier avec la Croatie lors d'un référendum le 6 juin, levant le principal obstacle à la candidature de Zagreb à l'UE. D'après les diplomates, l'élection donne aussi espoir aux autres prétendants à l'UE.

Après le comptage de 99,9 % des bulletins de vote, les résultats préliminaires ont montré que 51,5 % des Slovènes ont approuvé cet accord, selon la commission électorale du pays.

Ce vote devrait multiplier les chances croates de rejoindre l'Union des 27 en 2012 si le pays parvient à terminer ses négociations d'adhésion l'année prochaine.

Dans le cadre de cet accord d'arbitrage, une équipe internationale va régler le différend sur les frontières terrestres et maritimes qui date de la dissolution de l'ex-Yougoslavie en 1991. La décision de justice sera contraignante pour les deux parties.

C'est une décision historique. C'est un grand succès pour la Slovénie, a déclaré à la TV nationale slovène le premier ministre Borut Pahor.

La Slovénie a rejoint l'UE en 2004, il s'agit du seul ancien Etat yougoslave à y être parvenu jusqu'ici. Comme tous les autres Etats membres, elle peut opposer son veto à tout progrès de la Croatie vers l'adhésion.

La première ministre croate Jadranka Kosor, qui s'est entretenue avec M. Pahor par téléphone après le scrutin, a déclaré à la télévision d'Etat croate qu'elle n'imaginait plus d'autre initiative slovène pour bloquer l'adhésion de Zagreb.

Il n'y aura plus de barrages. Le dialogue va continuer. Avec cet accord, nous avons séparé les négociations croates de la résolution du problème frontalier, a-t-elle précisé.

Signal important

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a salué le résultat de ce référendum.

C'est un important pas en avant. Nous envisageons désormais le règlement final de ce différend. Résoudre cette question bilatérale est un signal important pour la région et les relations entre la Slovénie et la Croatie, a-t-il dit dans une déclaration.

Le gouvernement de centre gauche de M. Pahor a fait de la résolution du conflit frontalier avec la Croatie son principal objectif en matière de politique étrangère. La Slovénie a bloqué le processus de candidature croate tout au long de 2009, jusqu'à ce que les deux gouvernements trouvent un accord en septembre dernier.

Janez Jansa, dirigeant de l'opposition et ancien premier ministre qui a dénoncé l'accord comme étant préjudiciable pour la Slovénie, a déclaré que l'approbation de cet accord allait priver la Slovénie de son accès aux eaux internationales.

Ce résultat montre que la Slovénie est divisée sur une question qui ne devrait pas nous diviser du tout, a-t-il dit.

Ce différend repose sur une parcelle de terre de la péninsule istrienne dans l'Adriatique du nord. La Slovénie – coincée entre l'Italie et la Croatie – a demandé un accès direct aux eaux internationales, ce qui pourrait conduire la Croatie à céder une partie de son territoire en mer.

Les analystes affirment que ce vote positif va mettre un terme à cette vielle dispute de 19 ans et adoucir les relations entre les deux pays.

Aucune des anciennes républiques yougoslaves n'a ouvert de négociations d'adhésion pour le moment et la plupart d'entre elles restent coincées dans des rivalités et héritages historiques des guerres des années 1990.

Il reste encore à comptabiliser un certain nombre de votes postaux, et les résultats définitifs sont attendus pour le 29 juin.

(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EurActiv.)

Réactions : 

Les diplomates ont affirmé à EurActiv que le référendum slovène recelait beaucoup d'enjeux.

En pleine crise économique et alors que l'opinion publique des "vieux" Etats membres est plutôt réticente à tout nouvel élargissement, un résultat négatif aurait eu pour conséquence de changer radicalement l'état d'esprit des décideurs politiques européens, a déclaré un représentant en vue d'un pays européen.

L'adhésion croate à l'UE est considérée comme une locomotive pour garder les autres candidats des Balkans occidentaux qui ont des problèmes encore plus importants sur le bon chemin, a ajouté cette source.

Contexte : 

La Croatie devrait être le premier pays à rejoindre l’UE depuis l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie en 2007. Ce pays devrait avoir achevé ses négociations d’adhésion en 2010 (EurActiv 11/02/10).

Mais l'ouverture de neuf des dix chapitres de négociations a été bloquée par la Slovénie en 2008 sous la présidence française de l'UE en raison d'un différend frontalier avec Zagreb (EurActiv 18/12/08).

En septembre 2009, les premiers ministres des deux pays ont convenu que cela ne devrait pas constituer un obstacle à l'adhésion de la Croatie (EurActiv 30/09/09).

Le conflit frontalier entre la Slovénie et la Croatie est lié à de petites enclaves de terre le long de la côte adriatique, qui pourraient se révéler importantes si elles s’accompagnaient de droits exclusifs aux zones de grand fond. Contrairement à la Slovénie, la Croatie a une longue ligne côtière, ce qui pousse la première à tenter de faire valoir ses droits d’Etat géographiquement désavantagé.

Le parlement slovène a décidé lundi (3 mai) d'organiser un référendum pour décider de l'adoption ou du rejet d'une loi destinée à solutionner le différend frontalier du pays avec la Croatie, sur la base d'un arbitrage international (EurActiv 05/05/10). L'opposition slovène de centre droit a fait campagne contre cette législation.

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