S'adressant aux participants du congrès annuel du Parti populaire européen (PPE) qui s'est tenu à Rome ce 30 mars 2006, le Pape Benoît XVI a invité les politiques à mettre leur foi en pratique, insistant sur le fait que "lorsque l'Eglise ou les communautés ecclésiastiques interviennent dans le débat public [...], cela ne constitue pas une forme d'intolérance ou une ingérence".
Selon Benoît XVI, "en valorisant ses racines chrétiennes, l'Europe sera à même de donner une direction sûre aux choix des citoyens et des peuples, elle renforcera la conscience d'appartenir à une civilisation commune". Il a également affirmé que l'UE "ne peut que s'enrichir en s'engageant [dans la foi chrétienne]". Il a demandé aux hommes politiques de rejeter une société qui incite les individus à déclarer que les chrétiens doivent garder leur vision "pro-vie" pour eux.
Le chef du PPE, Hans-Gert Poettering, a confié au Pape en privé que "les chrétiens et les musulmans peuvent être des partenaires privilégiés", ce qui a été interprété comme une réitération à mots couverts de la position du PPE sur le fait que la relation entre l'UE et Ankara prendrait fin si la Turquie ne devenait pas membre à part entière de l'UE.
Le PPE, qui rassemble 68 partis démocrates-chrétiens et conservateurs de 35 pays, a fêté son trentième anniversaire lors de son dix-septième congrès à Rome.



