Les eurodéputés ont soutenu la récente décision des dirigeants européens d’ouvrir le dialogue sur l’adhésion du pays nordique, lequel, suite à la dévastation de son système bancaire dans la crise financière globale, espère rejoindre le bloc d’ici 2012.
La résolution, ébauchée par l’eurodéputé roumain Cristian Dan Preda (Parti Populaire Européen), prend note de la forte culture démocratique du pays et déclare que l’adhésion de l’Islande permettra à l’UE de jouer un rôle plus actif dans la région arctique.
L’adhésion islandaise à l’Espace Economique Européen (EEE) signifie qu’une grande partie de ses lois sont déjà en accord avec celles de l’UE. Cependant, des négociations seront de mise dans un certain nombre de domaines politiques – à savoir l’agriculture, l’industrie de la pêche, les impôts, les politiques économiques et financières et les relations externes.
L’organisation et le fonctionnement d’un système de supervision financière – la faiblesse institutionnelle principale de l’économie du pays – requerra des réformes particulièrement importantes, ont affirmé les eurodéputés.
Le soutien public islandais en chute libre
Reconnaissant un récent déclin du soutien public à l’adhésion européenne dans le pays, les eurodéputés ont également demandé aux autorités islandaises de lancer un débat public sur les réticences du peuple à propos de l’adhésion européenne.
S’adressant au Parlement européen, le commissaire à l’élargissement de l'UE Štefan Füle a admis que les discussions en vue de l’adhésion étaient confrontées à de potentiels obstacles.
Je partage votre inquiétude concernant les défis découlant de l’absence d’un consensus national et du niveau relativement bas de soutien public à l’adhésion, a-t-il dit.
Mais nous ne pouvons pas fermer les yeux sur le fait que la route qui mène à l’adhésion comprendra un certain nombre de défis. Nous sommes bien conscients que les problèmes de la pêche à la baleine ou de l’industrie de la pêche sont sensibles pour l’Islande autant que pour les Etats membres de l’UE.
Quant à la question controversée du remboursement aux gouvernements britanniques et hollandais – qui ont dédommagé 400 000 de leurs citoyens après que ceux-ci aient perdu leurs dépôts dans une banque islandaise qui a coulé pendant la crise financière de 2008 – la résolution du Parlement déclare que cette question doit être réglée bilatéralement.
Ceci est en accord avec la position de M. Füle, qui a déclaré en mars que le remboursement possible des 3,9 billions d’euros à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas était un problème bilatéral et que cela ne devrait pas affecter les perspectives d’adhésion européenne du pays (EurActiv 09/03/10).
La question de la pêche à la baleine
Bien qu’ils approuvent la proposition d’adhésion, les eurodéputés ont également appelé l’Islande à cesser la pêche à la baleine, une tradition de longue date, en contradiction avec les lois européennes ainsi qu’avec une interdiction établie par la Commission baleinière internationale (CBI) en 1986.
Au sein de l’UE, tous les cétacés – incluant les baleines, les dauphins et les marsouins – sont protégés par la loi. En dépit des oppositions venant de plusieurs pays et d’activistes environnementaux, l’Islande autorise la pêche à la baleine à des fins commerciales dans ses eaux, avec un quota de 150 nageoires de baleine pour la période 2009-2013.
L’Islande souhaite que la CBI lève le moratoire sur la chasse à la baleine, mais l’appel a rencontré une opposition de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne entre autres. Et dans sa résolution, le Parlement a demandé à l’Islande de renoncer à ses réserves concernant l’interdiction.




