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L’élection des Chypriotes turcs amenuise les espoirs de réunification [FR][en][de

Publié: lundi 20 avril 2009   

Dimanche (19 avril), les chypriotes turcs partisans de la ligne dure ont remporté les élections parlementaires du Nord de l’île. Ce résultat pourrait entraver les négociations portant sur la réunification avec les Chypriotes grecs, qui sont essentielles pour les ambitions turques d’adhésion à l’UE. 

Contexte:

L’élection de Demetris Christofias comme président de Chypre en février 2008 grâce à ses bonnes relations avec le leader de la communauté turque Mehmet Ali Talat a ouvert des perspectives encourageantes pour la réunification de l’île. Chypre est divisée en deux depuis son invasion par des troupes turques en 1974 afin d’empêcher son annexion par la Grèce. 

Une illustration frappante du nouveau climat de confiance est la réouverture, en avril dernier, de la rue Ledra, au cœur de la capitale, Nicosie (EurActiv 04/04/08). 

M. Christofias est le secrétaire général d’AKEL, un parti marxiste-léniniste, et le premier chef d’Etat communiste de l’UE. Il entretient de bonnes relations avec le leader de la République turque non reconnue de Chypre du Nord, Mehmet Ali Talat, qui est également un leader de gauche. 

Les négociations portant sur la réunification se tiennent discrètement entre MM. Christofias et Talat, sous le regard d’Alexander Downer, conseiller spécial des Nations unies à Chypre et ancien ministre autrichien des Affaires étrangères. 

Comme l’a récemment confié M. Christofias à EurActiv lors d’un entretien, son message pour la communauté internationale est de conseiller à la Turquie de se montrer constructive et d’éviter de s’immiscer dans les discussions. 

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Autres articles:

Après le décompte de 100% des voix, il est apparu que le Parti d’unité nationale (UBP) de droite s’était assuré 44,06% des votes, lui donnant provisoirement une incontestable majorité au Parlement, qui compte 50 sièges. C’est une défaite cuisante pour le parti au pouvoir, le Parti turc républicain (CTP), un allié clé du leader chypriote turc Mehmet Ali Talat. 

Un peu moins de 162 000 personnes sont allées voter aux élections parlementaires à Chypre du Nord, reconnue uniquement par la Turquie. 

Le CTP, qui a subi le poids du mécontentement populaire à cause d’une économie en déclin et a poursuivi l’isolement international du territoire séparatiste, a obtenu 29,25% des voix. 

L’UBP défend catégoriquement la création de deux Etats à Chypre, divergent en cela d’avec le modèle fédéral en discussion entre M. Talat et le leader chypriote grec, le président Demetris Christofias. 

Les Chypriotes grecs représentent Chypre à l’Union européenne et ont dit vouloir bloquer l’entrée de la Turquie dans l’UE aussi longtemps que l’île resterait divisée. La Turquie négocie actuellement son adhésion, mais rencontre une forte résistance parmi plusieurs Etats membres. 

M. Talat conservera son leadership sur le territoire, mais sa marge de manœuvre sera probablement limitée par un parlement à présent dominé par l’UBP. 

Les bases des discussions actuelles sont la réunification de l’île en tant que fédération bizonale. L’UBP a déclaré vouloir repenser le processus. 

Nous continuerons à soutenir les négociations, a affirmé le chef de l’UBP, Dervis Eroglu. Personne ne devrait dire que nous nous opposons à eux. Nous avancerons nos points de vue et les discuterons dans le cadre de la politique étrangère de la Turquie sur Chypre.

Dans un entretien donné avec le journal turc Zaman, M. Eroglu a déclaré que tout serait plus facile si chacun acceptait que les Chypriotes turcs sont une nation et qu’ils ont un Etat.

L’UE espère 

Les Chypriotes grecs refusent de discuter de la souveraineté chypriote turque, et ont déclaré qu’un accord pourrait voir l’évolution de la République de Chypre, internationalement reconnue, en une fédération plutôt qu’une association lâche de deux Etats. 

Les Chypriotes grecs ont accueilli froidement le résultat des élections, déclarant qu’ils allaient au-devant de plus grands problèmes, selon les prédictions de M. Christofias, faisant en référence aux élections. 

M. Talat, dont le mandat de président échoit en avril 2010, a affirmé que le gagnant du vote de dimanche de devrait pas bouleverser les négociations de réunification.

« Un gouvernement (du nord de Chypre) qui chercherait à saboter les pourparlers nuirait aussi au processus d'adhésion de la Turquie à l'UE », a prévenu Talat dans les colonnes du quotidien chypriote turc Havadis.

Des analystes ont déclaré que la Turquie, qui a soutenu un plan de paix des Nations unies pour Chypre rejeté par les Chypriotes grecs en 2004, ne souhaitait pas l’interruption des négociations portant sur le règlement du conflit.

La Turquie va continuer son chemin vers l’UE et souhaite que la partie nord de Chypre en fasse autant, a indiqué Ahmet Sozen, chargé d’enseignement des relations internationales à l’Eastern Mediterranean University. La Turquie a envoyé un message à tous les acteurs politiques du Nord de Chypre selon lequel une politique de non solution n’est pas une politique. 

MM. Talat et Christofias négocient actuellement de questions complexes et qui sèment la discorde, telles que le partage des pouvoirs, les droits de propriété intellectuelle et les ajustements territoriaux.

L’envoyé des Nations unies pour Chypre, Alexander Downer, a indiqué la semaine dernière que les négociations enregistraient des progrès constants. 
 (EurActiv avec Reuters. Ce texte a été traduit de l’anglais par EurActiv.) 

Positions:

L’eurodéputé néerlandais Joost Lagendijk (Verts/Alliance libre européenne), qui préside la délégation du Parlement européen du Comité paritaire mixte UE-Turquie, a déclaré que les Etats membres de l’UE pouvaient travailler en coulisses pour assurer une solution à la division de l’île chypriote aussi rapidement que possible, mais que certains d’entre eux n’ont pas la volonté de le faire.

Certains pays semblent se cacher derrière le problème chypriote – par exemple le gouvernement français et les Autrichiens, a-t-il déclaré dans un entretien publié par le quotidien turc Zaman. La majorité des Etats européens qui sont favorables à l’adhésion de la Turquie devraient clairement faire savoir au sein de l’UE, aux Français, aux Autrichiens et, bien sûr, aux Chypriotes qu’il est dans l’intérêt de l’UE de voir ce problème résolu, a-t-il ajouté. 

Il a averti que si les négociations actuelles sur l’unification de la partie turque isolée du Nord et la partie grecque du Sud, qui est d’ores et déjà dans l’UE, échouaient, il n’y aura peut être pas de solution au cours de la prochaine décennie, ou que, pire, la division de l’île deviendrait permanente. 

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