La proposition du ministre des affaires sociales, Henk Kamp, a été soutenue par le gouvernement néerlandais, selon la presse.
M. Kamp souhaite que les employeurs des secteurs de l'agriculture et de l'horticulture, par exemple, engagent davantage de personnes de nationalité néerlandaise. Cette approche est conforme à la politique du gouvernement qui veut mettre la pression sur les chômeurs pour qu'ils acceptent de travailler, a-t-il expliqué.
Depuis l'arrivée dans l'UE en 2004 de dix Etats membres, quelques 165 000 personnes d'Europe centrale et orientale en moyenne travaillent dans les secteurs de l'agriculture et de l'horticulture, de la construction, de l'industrie et des transports aux Pays-Bas.
« Dans le même temps, plus d'un millier de personnes de moins de 65 ans sont sans emploi et vivent grâce à l'aide sociale », argue M. Kamp.
Même si les Pays-Bas bénéficient du taux de chômage le plus bas de l'UE avec 4,5 %, en comparaison à 10 % pour l'UE dans son ensemble, ils doivent faire face depuis des années à un nombre énorme de personnes en incapacité de travail.
Sur approximativement un million de personnes « en incapacité de travail » dans un pays de 16,6 millions d'habitants, au moins la moitié sont en réalité capables de travailler, selon M. Kamp. Il souhaite les rendre actifs en « s'assurant simplement qu'il n'y a pas d'avantage pour ceux qui peuvent travailler et ceux pour qui il y a du travail ».
Fermeté envers les travailleurs étrangers
Concernant les travailleurs issus de pays extérieurs à l'UE, M. Kamp se montre encore plus ferme : « Je ne vois pas pourquoi nous devrions les accepter. D'abord on aide les chômeurs aux Pays-Bas à trouver du travail, et puis les membres de l'UE et seulement ensuite ceux qui viennent d'autres pays », a-t-il dit, cité par le site Internet NIS news.
Par « pays extérieurs à l'UE », M. Kamp entend également la Roumanie et la Bulgarie, peut-on encore lire sur le site web. Les deux pays ont rejoint l'UE en 2007, mais les Pays-Bas appliquent des restrictions à l'emploi pour ces pays (voir « Background »).
Pour les travailleurs issus d'autres pays membres de l'UE, notamment la Pologne, rien ne changera. « Ils ont le droit fondamental » de travailler aux Pays-Bas, a reconnu le ministre.
Les employeurs qui affirment avoir besoin des Bulgares et des Roumains doivent faire une demande de permis de travail auprès des services publics pour l'emploi du pays, UWV. M. Kamp souhaite que le système devienne plus strict via le recours à cet organisme public. Un employeur qui tente d'engager un Bulgare ou un Roumain devrait justifier sa demande par le fait qu'aucun autre candidat ne puisse être trouvé aux Pays-Bas ou dans le reste de l'UE.
Les cultivateurs de fruits et légumes dans le Noord-Brabant sont apparemment heureux d'employer des Roumains et des Bulgares, et l'organisation des agriculteurs, LTO, s'est insurgée contre les propos de M. Kamp.
« La Haye décharge sur les employeurs sa propre incapacité à engager des chômeurs néerlandais », s'est plaint le président de l'organisation, Albert Jan Maat.
Les agriculteurs engagent parfois des Néerlandais sans emploi via l'UWV, mais selon eux, leur moral au travail n'est pas très bon. Ils se plaignent de problèmes de dos et ne travaillent pas aussi dur que les Européens de l'est, affirme la LTO.




