Les premiers ministres de Macédoine et de Grèce, Nikola Gruevski et George Papandreou, se rencontreront vendredi (27 novembre) pour trouver un moyen d’écarter le veto grec sur l’ouverture des discussions d’adhésion de l’ancienne République yougoslave, ont rapporté les médias de la région.
En avril 2006, Athènes a mis son veto à la volonté de la Macédoine de rejoindre l’OTAN, expliquant que le nom « Macédoine » pourrait conduire Skopje à faire valoir des revendications territoriales concernant la province homonyme du nord de la Grèce (EurActiv 04/04/08).
Une réaction nationaliste violente a suivi dans le petit pays de 2,5 millions d’habitants, que l’ancien secrétaire d’Etat assistant Richard Holbrook a qualifié un jour de «trou au milieu du vide».
En conséquence, la Macédoine ne peut toujours pas prétendre à l’ouverture de négociations d’adhésion avec l’UE, malgré le fait qu’elle ait reçu le statut de pays candidat depuis décembre 2005.
Dans un document officiel de l’UE, la Macédoine n’apparaît toujours pas sous son nom : on s’y réfère en tant qu’ «ancienne république yougoslave de Macédoine» (ARYM).
Le commissaire à l’Elargissement Olli Rehn a prévenu de manière répétée que la non résolution de cette dispute de dénomination avec la Grèce pourrait affecter négativement l’agenda européen de la Macédoine. D’autre part, les négociations sous l’égide de l’ONU pour résoudre le différend font peu de progrès.
Dans sa stratégie pour l’élargissement récemment dévoilée, la Commission européenne a recommandé l’ouverture des négociations d’adhésion avec l’ARYM (EurActiv 15/10/09).
MM. Gruevski et Papandreou vont se rencontrer sur le bord grec du lac Prespa, divisé entre la Grèce, la Macédoine et l’Albanie, rapporte le quotidien de Skopje Vreme.
Les deux premiers ministres devraient rechercher une recette qui permettrait à la Grèce de ne pas opposer son veto à la décision des ministres des Affaires étrangères de l’UE, qui doit être rendue le 7 décembre, pour fixer une date pour l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Macédoine, explique Vreme.
Citant des sources diplomatiques, Vreme affirme que la Macédoine et la Grèce se rencontrent à la suite de fortes pressions de la part des capitales européennes. Jusqu’à maintenant, Athènes et Skipje ont communiqué indirectement concernant la querelle de nom via un intermédiaire : le médiateur de l’ONU Matthew Nimetz, un diplomate américain.
Si MM. Gruevski et Papandreou réussissent à parvenir à une « décision Salomon », M. Gruevski devra informer dès que possible le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, avec qui il a un entretien prévu le 2 décembre, écrit le quotidien.
Le ministre des Affaires étrangères suédois Carl Bildt, dont le pays est à la tête de la présidence tournante de l’UE, a récemment appelé Skopje et Athènes à s’engager dans des négociations directes afin de résoudre la question du nom. Cependant, les négociations bilatérales ne signifient pas que la médiation de l’ONU va être abandonnée, précise la presse macédonienne.
Malgré la bonne volonté apparente, le président macédonien Gjorge Ivanov a reconnu qu’un compromis serait difficile à trouver. Il a demandé avec insistance aux médias de ne pas rapporter des informations non vérifiées ou de citer des sources qui ne sont pas crédibles.
Bien que peu d’informations ne filtrent les négociations, l’agence macédonienne MINA cite M. Ivanov, qui aurait critiqué la dernière position grecque. Le processus de dénomination est à un stade sensible et chacun d’entre nous devrait agir avec responsabilité […] Nous considérons la position grecque comme extrême, aurait il affirmé.
Un ancien ministre macédonien a accusé le gouvernement de manquer de transparence sur les négociations. Le premier ministre M. Gruevski doit nous dire s’il est prêt au compromis ou pas, et préciser ce que comporte ce compromis, a déclaré à la chaîne de TV A1 l’ancien ministre des Affaires étrangères Ilinka Mitreva. M. Mitreva a occupé ce poste de 2002 à 2006, lorsque les sociaux-démocrates étaient au pouvoir.
Selon les reportages de la pesse, la « Macédoine du nord » pourrait être un compromis, résolvant ainsi un différend de longue date, mais les désaccords et la confusion règnent toujours en ce qui concerne l’utilisation interne et externe du nom et la question de l’organisation d’un référendum dans l’ancienne République yougoslave pour valider le compromis.
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