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La mission de l’UE sous le feu croisé des Serbes et Kosovars [FR]

Publié 26 août 2009
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EULEX, la mission de l’UE au Kosovo, connaît des moments difficiles alors que plus de 20 de ses véhicules ont été renversés et endommagés par des extrémistes albanais ethniques hier (25 août). De plus, les Serbes vivant au nord de la province ont exigé le départ des représentants de l’UE.

Un accord qui doit être signé entre EULEX et Belgrade, destiné à aider à résoudre un problème de visa pour les ressortissants serbes, est devenu selon toute vraisemblance une cause d’irritation pour les extrémistes albanais, qui ont renversé 28 véhicules utilitaires appartenant à la mission de l’UE à Pristina.

De nombreux Kosovars albanais ont insisté pour dire qu’il revenait au Kosovo, et non pas à EULEX, de signer des engagements internationaux.

Quelque 21 manifestants ont été arrêtés par la police kosovare. Ils appartiennent à « Vetevendosje », un mouvement de protestation albanais qui a combattu tant contre la MINUK, la mission de l’ONU, que contre EULEX, appelant les organisations étrangères à quitter le Kosovo. Un porte-parole d’EULEX a regretté cet incident.

« Vetevendosje » a publié une déclaration dans laquelle ‘elle explique que le protocole entre la mission de l’UE et le ministère intérieur serbe constituait juste un « symptôme », quand EULEX était la véritable « maladie ».

Dans ce protocole, la frontière entre le Kosovo et la Serbie est qualifiée de frontière administrative et non pas de frontière internationale. Il ne s’agit même pas de neutralité – c’est ainsi que les Serbes appellent notre frontière, explique « Vetevendosje ».

Les autorités serbes sont aussi sous le feu des critiques des cercles extrémistes serbes, qui affirment que la signature de l’accord équivaut à une reconnaissance du Kosovo par Belgrade. L’unique objectif de cet accord est d’avoir un échange d’information adéquat avec EULEX, dans le but de stopper tous les incidents et conflits  potentiels dans la province, a déclaré Goran Bogdanović, le ministre serbe pour le Kosovo. Il a bien précisé que l’accord était nécessaire pour permettre à Bruxelles de lever les exigences de visa pour les ressortissants serbes, et a exprimé l’espoir que le document serait rapidement signé.

M. Bogdanović a rappelé que les citoyens du Kosovo étaient exclus du processus de libéralisation des visas, conséquence d’un contrôle inapproprié des personnes, des marchandises et des capitaux franchissant les limites administratives entre la Serbie et le Kosovo. Il a ajouté qu’il espérait que le protocole avec EULEX permettrait à ces personnes de figurer sur la liste blanche de Schengen.

Entretemps, sept personnes ont été blessées mardi dans la partie nord du Kosovo après des affrontements entre des groupes de Serbes et d’Albanais dans la ville de Mitrovica. Environ 100 Serbes manifestaient contre la reconstruction des maisons albanaises.

Il n’y a eu aucun contact physique mais ils se sont lancés des pierres. Des unités de la police spéciale d’EULEX sont intervenus en utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants et la situation est sous contrôle, a déclaré la police du Kosovo dans un communiqué de presse.

Les dirigeants serbes à Mitrovica ont déclaré qu’EULEX devait quitter le pays. Ils ont pressé le président serbe Boris Tadić d’exiger le retrait de la mission de l’UE du territoire serbe.

Contexte : 

Le Kosovo a déclaré son indépendance de la Serbie de manière unilatérale en février 2008, neuf ans après la fin de la guerre de 1999 entre les forces de sécurité de Belgrade et les guérillas « albanaises ethniques ». Dans les années qui suivirent, le Kosovo est devenu un protectorat international quadrillé par les forces de maintien de la paix de l’OTAN.

Ces dernières années, la république forte de deux millions d’habitants, dont 90 % est composée de personnes d’origine albanaise, a réuni de nombreux attributs d’un Etat, notamment une nouvelle constitution.

Plus de 50 pays ont reconnu le Kosovo, y compris les Etats-Unis et la plupart des membres de l’UE. La Serbie, soutenue par la Russie, s’est opposée à l’indépendance du Kosovo.

L’UE a décidé en février 2008 de déployer une mission « Etat de droit » au Kosovo, dénommée EULEX Kosovo. La motivation derrière le lancement d’EULEX était hautement politique, l’Union étant déterminée à dépasser les critiques sur la gestion de l’après-crise sur un territoire appartenant au continent européen. Son but central est d’assister et soutenir les autorités du Kosovo en matière d’Etat de droit, notamment en ce qui concerne la police, les instances judiciaires et les douanes.

Avec le soutien de la Russie, la Serbie s’est fermement opposée à la mission EULEX et a insisté pour ne traiter qu’avec la MINUK, la mission civile établie dans la province serbe, après l’adoption de la résolution 1244 du Conseil de sécurité, en juin 1999. La MINUK reconnaît l’intégrité territoriale de la Serbie. 

L’objectif initial d’EULEX était de prendre le relais de la MINUK. Sous la pression serbe, l’UE a commencé à préférer le terme « reconfiguration » de la MINUK plutôt que le « remplacement » de la mission des Nations unies par l’UE. 

Un compromis a récemment vu le jour selon lequel les nations occidentales ont consenti aux exigences serbes visant à déployer la mission avec la bénédiction du Conseil de sécurité des Nations unies et à lui donner un statut neutre ; cela signifie qu’elle n’officialiserait pas la sécession du Kosovo de la Serbie et ne mettrait pas en œuvre le plan Ahtisaari des Nations unies (EurActiv 28/10/08). 

Cela a motivé les personnes d’origine albanaise à s’opposer à EULEX (EurActiv 25/11/09).

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