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L’ouverture des négociations avec la Macédoine repoussée à 2010 [FR]

Publié 08 décembre 2009
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Macedonia
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L’Union européenne a repoussée aujourd’hui (8 décembre) la décision d’ouvrir les négociations d’adhésion avec la Macédoine, après que le pays voisin, la Grèce, se soit opposé à un début anticipé des discussions.

Une déclaration convenue par les ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles affirme qu’ils envisageront la question au moment de la présidence espagnole de l’UE, qui commence le 1er janvier et durera jusqu’au 30 juin 2010.

La Macédoine avait espéré que les dirigeants de l’UE détermineraient une date pour le lancement des négociations lors du sommet de cette semaine, après que l’exécutif de l’UE ait soutenu une telle avancée cet octobre.

Toutefois, Athènes s’oppose à l’entrée de la Macédoine dans l’UE à cause des problèmes concernant le nom du pays. En effet, Macédoine est le nom d’une province grecque frontalière de l’ancienne république yougoslave et Athènes considère ce télescopage comme une anicroche à sa souveraineté.

Le Conseil note que la Commission recommande l’ouverture des négociations d’adhésion avec l’ancienne république yougoslave de Macédoine et se penchera de nouveau sur la question au moment de la prochaine présidence, ont affirmé les ministres dans la déclaration.

Un projet de déclaration antérieur expliquait que les ministres allaient revoir cette question en mars 2010, avec l’intention de fixer une date pour l’ouverture des négociations d’adhésion.

Un diplomate européen a déclarer qu’Athènes avait indiqué ne pas vouloir lever son veto sur la question macédonienne avant les élections présidentielles grecques de mars 2010.

Le ministre français des Affaires européennes Pierre Lellouche a déclaré lundi que les ministres n’étaient pas sur la même longueur d’onde, la Grèce s’opposant à toute mention d’une date pour débuter les négociations et d’autres pays souhaitant le lancement des négociations dès que possible.

La France soutient la Grèce

Il a précisé que la France, qui désire renvoyer à plus tard tout nouvel élargissement de l’UE après l’adhésion attendue de la Croatie et de l’Islande en 2012, a soutenu la Grèce en signe de solidarité, même s’il était dans l’intérêt de l’UE de commencer les discussions dès que possible.

La déclaration approuvée a salué les progrès de la Macédoine en matière de réforme, en particulier pour la lutte contre la corruption. Elle appelle la Macédoine à assurer l’indépendance de la justice. La Macédoine a fait des progrès dans l’établissement de liens plus étroits avec l’UE lors de ces derniers mois et l’Union devrait lever les restrictions de visa pour ses citoyens le 19 décembre. Toutefois, la Grèce reste un obstacle et a empêché la Macédoine de rejoindre l’OTAN l’an dernier.

Les ministres européens ont souligné le besoin d’une résolution de la question du nom et d’un maintien des bonnes relations de voisinage. Au même moment, ils ont dit qu’ils étaient encouragés par de récents développements positifs dans les relations entre la Grèce et la Macédoine.

(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv)

Réactions : 

Dans un éditorial intitulé « Un holocauste européen », le quotidien macédonien Nova Makedonia remet en question l‘intérêt pour le pays de rejoindre l’UE alors que cette dernière, selon les auteurs, n’a aucun principe.

Quel prestige y a-t-il encore à adhérer ? Où est le prestige dans une Union où le dialogue est remplacé par les diktats ? […] Quelles sortes de valeurs ces eurocrates prêchent-ils, s’ils ne sont pas tenus de les respecter en premier lieu ? De quels progrès parle-t-on quand vous dîtes aux Macédoniens : agenouillez-vous, baisez ma main, et pour le reste, nous déciderons. […] Il y a aussi quelque chose qui ne va pas avec les symboles européens, comme appeler le traité de Lisbonne du nom du port portugais d’où l’Europe a commencé ses conquêtes coloniales. Un nouveau néocolonialisme ? N’est-ce pas l’esprit de la décision d’aujourd’hui du Conseil des ministres ?. Voilà ce qu’on peut lire dans cet éditorial.

Contexte : 

En avril 2006, Athènes a mis son veto à la volonté de la Macédoine de rejoindre l’OTAN, expliquant que le nom « Macédoine » pourrait conduire Skopje à faire valoir des revendications territoriales concernant la province homonyme du nord de la Grèce (EurActiv 04/04/08).

Une réaction nationaliste violente a suivi dans le petit pays de 2,5 millions d’habitants, que l’ancien secrétaire d’Etat assistant Richard Holbrook a qualifié un jour de «trou au milieu du vide».

En conséquence, la Macédoine ne peut toujours pas prétendre à l’ouverture de négociations d’adhésion avec l’UE, malgré le fait qu’elle ait reçu le statut de pays candidat depuis décembre 2005.

Dans un document officiel de l’UE, la Macédoine n’apparaît toujours pas sous son nom : on s’y réfère en tant qu’ «ancienne république yougoslave de Macédoine» (ARYM).

Le commissaire à l’Elargissement Olli Rehn a prévenu de manière répétée que la non résolution de cette dispute de dénomination avec la Grèce pourrait affecter négativement l’agenda européen de la Macédoine. D’autre part, les négociations sous l’égide de l’ONU pour résoudre le différend font peu de progrès.

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE vont se rencontrer les 7 et 8 décembre à Bruxelles pour décider des prochaines étapes concernant l’intégration des aspirants à l’UE.

Ces rencontres, présidées par la présidence suédoise de l’UE, vont préparer le sommet européen des 10-11 décembre, où des décisions sur les questions d’élargissement devraient être prises. La Serbie s’est déjà assurée du déblocage d’un accord commercial provisoire avec l’UE, ce qui constitue une étape intermédiaire avant l’entrée en vigueur de son Accord de stabilisation et d’association (EurActiv 08/12/09).

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