Lors de sa séance plénière le 15 mars 2006, le Parlement européen a débattu d'un rapport, élaboré par le député allemand Elmar Brok, président de la commission Affaires étrangères, sur la future stratégie d'élargissement de l'UE. Ce rapport est un examen critique de la stratégie d'élargissement de la Commission telle qu'elle a été définie par cette dernière en 2005. La séance plénière doit adopter le rapport le 16 mars 2006.
Entre autres questions, le rapport:
- Appelle à une stratégie de communication complète à échelle européenne afin de traiter des "préoccupations légitimes" des citoyens;
- Demande à la Commission de clarifier les principes qui conditionnent la capacité d'absorption de l'UE dans un rapport qui doit être présenté au Parlement d'ici le 31 décembre 2006;
- Recommande d'autoriser les commissions Affaires étrangères et Affaires constitutionnelles du Parlement à traiter de la question de la capacité d'absorption de l'UE dans un rapport volontaire;
- Rappelle au Conseil que tout nouvel élargissement de l'UE doit dépendre de la disponibilité des ressources budgétaires adéquates;
- Encourage vivement une hausse des budgets alloués aux instruments de pré-adhésion (IAP) et de voisinage et de partenariat (ENPI);
- Recommande la création d'un cadre pour des "relations multilatérales rapprochées avec l'UE" auquel tous les pays ayant des perspectives d'adhésion reconnues devraient pouvoir participer en vue de leur adhésion complète.
Au sujet de la Turquie, le rapport fait remarquer que le rythme des réformes a ralenti en 2005. Il réitère ainsi les attentes et les conditions associées à la demande d'adhésion d'Ankara et indique que la Turquie doit "présenter dès que possible un projet comprenant un calendrier et des mesures spécifiques pour respecter ces délais". Concernant la mise en oeuvre toujours en cours par la Turquie du Protocole additionnel de l'accord d'Ankara, le rapport rappelle à la Turquie que "la reconnaissance de tous les Etats membres est un élément nécessaire au processus d'adhésion".
au sujet de la Croatie, le rapport salue les "bon progrès" du pays ainsi que sa "pleine coopération" avec la Cour pénale internationale de La Haye. Le rapport indique que, tandis que la Croatie "remplit les critères politiques nécessaires" pour une adhésion à l'UE, "elle est confrontée à un certain nombre de défis importants" en termes de réforme judiciaire, de lutte contre la corruption et de la situation améliorée de la population gitane.
Dans son évaluation de la situation dans les Balkans occidentaux, le rapport remarque que le chômage "est toujours à un niveau inadmissible" dans la région, et demande à la Commission de faire de la création d'emplois "l'une des priorités de sa politique générale dans la région".



