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Première élection au Kosovo depuis l’indépendance [FR]

Publié 16 novembre 2009
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Le Kosovo a tenu ses premières élections dimanche (15 novembre) depuis qu’il a déclaré son indépendance de la Serbie l’an dernier. Les questions qui ont le plus touché les électeurs concernaient le chômage, la corruption, la pauvreté des infrastructures et la faiblesse des investissements.

Les scrutins locaux sont considérés comme un test clé pour le Kosovo, qui veut s’établir comme une démocratie pleine et entière et obtenir la reconnaissance de son indépendance de la part de davantage de pays que les 63 actuels.

Aujourd’hui, nous montrons que notre pays et ses citoyens ont mérité l’indépendance, la démocratie et  la perspective d’une adhésion à l’UE, a dit le premier ministre kosovar, Hashim Thaci. 

Selon les analystes, la faible participation, de 45 %, reflète la déception des Kosovars vis-à-vis de leurs dirigeants, ces derniers ayant échoué à améliorer l’économie de l’un des pays les plus pauvres d’Europe.

Au Kosovo, on a perdu la foi à cause de la forte corruption qui existe parmi les partis politiques, a déclaré Halil Matoshi, un analyste politique, avant d’ajouter que la plupart de ceux qui ont voté aujourd’hui sont des militants appartenant à un parti.

La participation parmi la minorité serbe du Kosovo a été très faible.

La commission électorale a dit qu’il n’y avait pas eu d’irrégularités majeures et que les bureaux de vote avaient fermé à 18 heures GMT.

Peu de personnes s’attendent à ce que les vainqueurs des élections locales réussissent à remédier aux taux de chômage de 40 % et à créer des emplois pour les 30 000  jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Beaucoup d’entre eux continuent de quitter le pays pour trouver du travail ailleurs.

Nous avons besoin d’eau, de meilleures routes, d’ascenseurs dans nos immeubles, ce qui relève de la municipalité, a dit Hasim Canolli, 60 ans, après avoir déposé son bulletin de vote à Pristina, capitale du pays. Il a ajouté : la question de l’indépendance est terminée, maintenant les gens ont besoin de trouver du travail.

Les dirigeants serbes à Belgrade ont demandé à la minorité serbe de ne pas légitimer l’indépendance du Kosovo.

Puisque mon président, mon gouvernement et mon Eglise à Belgrade m’ont dit de ne pas voter, évidemment je ne vais pas le faire, a affirmé Snezana Markovic dans la forteresse serbe de Mitrovica dans la partie nord du Kosovo.

Pourtant, certains électeurs de la minorité  serbe dans le sud du pays ont voté pour leur nouveau conseil municipal, tel que prévu par le projet d’indépendance du Kosovo rédigé par l’ancien président  finlandais Martti Ahtisaari, mais la participation a également été faible. 

Environ 1,5 millions de personne étaient aptes à élire des maires et conseils municipaux dans 36 municipalités. Les vainqueurs seront connus seulement après le deuxième tour des municipales dans un mois.

Le Kosovo a déclaré son indépendance de la Serbie en 2008, 9 ans après que les bombes de l’OTAN aient conduit les forces serbes à arrêter le massacre des Kosovars d’origine albanaise dans une guerre de contre insurrection qui a duré 2 ans.

La plupart des pays occidentaux ont reconnu l’indépendance du Kosovo, mais ce n’est pas le cas de la Serbie, son ancien pays, ni de la Russie.

Après la fin de la guerre en 1999, des élections ont été tenues par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Ce sont les premiers votes organisés par des autorités locales.

(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv.)

Réactions : 

Le premier ministre Hashim Thaci a déclaré que son parti, le Parti démocratique du Kosovo (PDK), avait remporté de façon convaincante 20 des 36 municipalités lors des élections de dimanche, d’après l’AFP.

La victoire du PDK représente un référendum sur la bonne gouvernance de la République du Kosovo, a-t-il dit aux centaines de partisans qui scandaient son nom.

De l’autre côté, la Ligue démocratique du Kosovo (LDK) du président Fatmir Sejdiu, partenaire minoritaire dans la coalition gouvernementale, a revendiqué la victoire absolue dans la capitale Pristina, où elle a gagné le poste de Maire ainsi que la majorité dans l’assemblée locale.

C’était un grand jour pour la LDK, a dit aux journalistes le vice-président  Lutfi Haziri, déclarant que son parti avait également remporté plusieurs municipalités de taille.

Le ministre des affaires étrangères serbe Vuk Jeremic a déclaré que la Serbie ne reconnaîtrait pas une seule des actions de la soit disant République du Kosovo. Toutefois, il a précisé que cela n’engendrera pas de représailles ni de répercussion sur les citoyens serbes qui ont décidé de participer aux élections municipales dans la province, d’après Radio Serbia.

Le Kosovo est une partie intégrante et inaliénable de la Serbie, ça l’a toujours été et le sera toujours, a déclaré M. Jeremic à TV Pink hier soir. Il a ajouté que la Serbie ne reconnaîtrait pas ces élections organisées par le gouvernement du soit disant Kosovo indépendant. C’est une position claire et la République serbe, fondée sur la constitution du pays et la Résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies, a rappelé le ministre des affaires étrangères serbe.

Contexte : 

Le Kosovo, plus petite nation des Balkans, a fait sécession de la Serbie en 2008, soit 9 ans après la fin de la guerre de 1998-1999 entre les forces de sécurité de Belgrade et la guérilla de l’ethnie albanaise. Durant les années suivantes, la Kosovo a été sous protectorat international assuré par les soldats de maintien de la pais de l’OTAN.

Après la déclaration d’indépendance du Kosovo le 17  février 2008, la République, forte de 2 millions de personnes parmi lesquels 90 % viennent de l’ethnie albanaise, a mis en place de nombreux attributs étatiques, notamment une nouvelle constitution, une armée, un hymne nationale, un drapeau, des passeports, cartes d’identité et une centrale de renseignements. 

En octobre dernier, les Nations unies ont approuvé la demande de la Serbie déposée devant la Cour internationale de justice des Pays Bas concernant la question de la légalité de la sécession du Kosovo. La Cour rendra sa décision dans deux ans environ.

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