Mardi, le ministre macédonien des affaires étrangères a refusé de commenter les récentes remarques largement diffusées du ministre adjoint grec aux affaires étrangères Dimitris Droutsas, affirmant qu'Athènes accepterait le nom de "Macédoine du Nord" afin de mettre un terme au différend qui a empoisonné les négociations d'adhésion à l'UE de ce pays balkanique.
Cependant, tous les médias n'ont pas rapportés l'intégralité de la déclaration de M. Droutsas. Le Grec a ajouté que le nom de "Macédoine du Nord" devrait être utilisé par Skopje dans ses relations avec le reste du monde, rejetant ainsi l'idée selon laquelle un nom à usage interne pourrait être conservé.
Utilisation duale ou erga omnes
Selon des sources diplomatiques, le médiateur de l'ONU Matthew Nimetz a proposé que le nom "République de Macédoine" soit conservé pour un usage interne, alors que celui de "République de Macédoine du Nord" serait utilisé pour les relations internationales. De manière similaire, sa proposition de compromis affirme que les passeports des citoyens macédoniens devraient mentionner le nom de "République de Macédoine du Nord" lorsqu'ils sont rédigés en anglais, et de "République de Macédoine" dans la langue macédonienne.
Une telle utilisation duale permettrait à Skopje de ne pas réviser sa constitution. Les pressions occidentales ont déjà amené une fois le pays à réaliser des changements à sa constitution, après un conflit ethnique en 2001 et la signature de l'accord cadre "Ohrid". Même avant cela, au milieu des années 1990, la Macédoine avait été obligée de retirer de son drapeau le soleil de Vergina et d'effacer de sa constitution certaines dispositions considérées comme irrédentistes.
Actuellement, le gouvernement du premier ministre Nikola Grueveski a refusé d'apporter de nouveaux changements à la constitution et a menacé d'organiser un référendum sur la question s'il devait faire face à de nouvelles pressions.
En ce qui concerne M. Droutsas, il a fermement rejeté toute idée d'utilisation duale et a insisté sur la formule erga omnes, c'est-à-dire sur un nom pour toutes les utilisations internationales qui décrit d'un point de vue juridique les droits et obligations envers toutes les parties.
Nous sommes très clairs : un nom avec un qualificatif géographique, qui sera utilisé dans les relations avec tout le monde. Un qualificatif géographique qui ne laisse aucun doute sur la réalité de la situation, et pour les relations avec tout le monde, pour que le jeu de cache-cache puisse être stoppé et pour qu'une solution définitive soit trouvée. "Macédoine du Nord" convient dans ce cadre pour la solution que je mets en avant, a affirmé M. Droutsas.
Interrogé par un journaliste pour savoir s'il y aurait encore besoin de changer la constitution de la Macédoine, le diplomate grec a déclaré que la solution sur laquelle tout le monde sera d'accord devra être pleinement mise en œuvre et de manière universelle. Si cela requiert un changement de la constitution, alors c'est ce qui devra se passer.
Si à Skopje le premier ministre Nikola Gruevski rejette la proposition grecque, il faudra qu'il explique à son peuple pourquoi il les prive d'une perspective européenne, a mis en garde M. Droutsas.




