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Pression sur la Macédoine pour régler le différend sur son nom

Publié 07 avril 2010
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Le représentant de l'UE en Macédoine, l'ambassadeur Erwan Fouéré, a pressé Skopje hier (6 avril) de résoudre rapidement le différend vieux de 19 ans qui l'oppose à la Grèce concernant le nom de ce pays balkanique. De récentes déclarations faites par un fonctionnaire grec ont été rapportées par les médias occidentaux – peut être à tort – comme étant un signe d'ouverture.

Mardi, le ministre macédonien des affaires étrangères a refusé de commenter les récentes remarques largement diffusées du ministre adjoint grec aux affaires étrangères Dimitris Droutsas, affirmant qu'Athènes accepterait le nom de "Macédoine du Nord" afin de mettre un terme au différend qui a empoisonné les négociations d'adhésion à l'UE de ce pays balkanique.

Cependant, tous les médias n'ont pas rapportés l'intégralité de la déclaration de M. Droutsas. Le Grec a ajouté que le nom de "Macédoine du Nord" devrait être utilisé par Skopje dans ses relations avec le reste du monde, rejetant ainsi l'idée selon laquelle un nom à usage interne pourrait être conservé.

Utilisation duale ou erga omnes

Selon des sources diplomatiques, le médiateur de l'ONU Matthew Nimetz a proposé que le nom "République de Macédoine" soit conservé pour un usage interne, alors que celui de "République de Macédoine du Nord" serait utilisé pour les relations internationales. De manière similaire, sa proposition de compromis affirme que les passeports des citoyens macédoniens devraient mentionner le nom de "République de Macédoine du Nord" lorsqu'ils sont rédigés en anglais, et de "République de Macédoine" dans la langue macédonienne.

Une telle utilisation duale permettrait à Skopje de ne pas réviser sa constitution. Les pressions occidentales ont déjà amené une fois le pays à réaliser des changements à sa constitution, après un conflit ethnique en 2001 et la signature de l'accord cadre "Ohrid". Même avant cela, au milieu des années 1990, la Macédoine avait été obligée de retirer de son drapeau le soleil de Vergina et d'effacer de sa constitution certaines dispositions considérées comme irrédentistes.

Actuellement, le gouvernement du premier ministre Nikola Grueveski a refusé d'apporter de nouveaux changements à la constitution et a menacé d'organiser un référendum sur la question s'il devait faire face à de nouvelles pressions.

En ce qui concerne M. Droutsas, il a fermement rejeté toute idée d'utilisation duale et a insisté sur la formule erga omnes, c'est-à-dire sur un nom pour toutes les utilisations internationales qui décrit d'un point de vue juridique les droits et obligations envers toutes les parties.

Nous sommes très clairs : un nom avec un qualificatif géographique, qui sera utilisé dans les relations avec tout le monde. Un qualificatif géographique qui ne laisse aucun doute sur la réalité de la situation, et pour les relations avec tout le monde, pour que le jeu de cache-cache puisse être stoppé et pour qu'une solution définitive soit trouvée. "Macédoine du Nord" convient dans ce cadre pour la solution que je mets en avant, a affirmé M. Droutsas.

Interrogé par un journaliste pour savoir s'il y aurait encore besoin de changer la constitution de la Macédoine, le diplomate grec a déclaré que la solution sur laquelle tout le monde sera d'accord devra être pleinement mise en œuvre et de manière universelle. Si cela requiert un changement de la constitution, alors c'est ce qui devra se passer.

Si à Skopje le premier ministre Nikola Gruevski rejette la proposition grecque, il faudra qu'il explique à son peuple pourquoi il les prive d'une perspective européenne, a mis en garde M. Droutsas.

Contexte : 

De tous les obstacles qui sont sur le chemin de l'adhésion de la Macédoine à l'UE, le différend sur son nom avec la Grèce semble être le plus important (voir EurActiv LinksDossier sur les relations UE-Macédoine).

Du point de vue d'Athènes, le nom officiel utilisé par Skopje – République de Macédoine – constitue un défi ouvert à l'encontre de la région grecque de Macédoine. En représailles, la Grèce a promis d'opposer son veto à la participation de la Macédoine aux institutions internationales, y compris l'UE, jusqu'à ce que cette question soit réglée.

Bien que le nom Macédoine soit reconnu comme étant le nom constitutionnel du pays par tous les Etats membres exceptés la Grèce, la dispute sur le nom a conduit à une impasse concernant l'adhésion du pays à l'OTAN et à l'UE.

Le sommet de Bucarest du 4 avril 2008, lors duquel la Croatie et l'Albanie ont été invitées à rejoindre l'OTAN tandis que la candidature macédonienne a été mise au réfrigérateur, a été perçu comme un coup sérieux pour les espoirs de Skopje. Il a aussi déclenché des critiques dures contre la position grecque, considérée comme une atteinte à l'Accord intérimaire de l'ONU de 1995 (EurActiv 04/04/08).

La dernière et plus prometteuse option pour parvenir à une solution semble être la dénomination de "République de Macédoine du Nord". Ce qui reste à déterminer, c'est la portée de l'usage de ce nouveau nom, notamment par exemple si tous les documents, y compris les passeports, devront être changés en conséquence.

D'après un certain nombre de négociateurs internationaux, y compris le commissaire de l'UE à l'élargissement Štefan Füle, le ministre espagnol des affaires étrangères Miguel Angel Moratinos et M. Nimetz lui-même, les prochains mois pourraient aboutir à une solution longtemps attendue sur la question du nom (EurActiv 17/02/10)

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