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Rapport du Parlement : un test pour les relations UE-Turquie [FR]

Publié 28 septembre 2006
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Le Parlement a adopté un rapport très critique à l'égard des réformes en Turquie en vue de son adhésion. Cependant, une clause controversée sur la reconnaissance du génocide arménien a été supprimée. 

Le rapport a obtenu le soutien de la majorité des députés européens (429), 71 votant contre et 125 s'abstenant. Une clause controversée, faisant de la reconnaissance du génocide arménien une "condition préalable" à l'adhésion de la Turquie à l'UE, a été amendée. 

Selon le rapporteur Camiel Eurlings des Chrétiens-Démocrates (PPE-DE), le rapport est "sévère mais juste". Il souligne les principaux obstacles sur la voie de l'adhésion turque, à savoir les réformes dans les domaines de la liberté de religion et de la liberté d'expression, et notamment le célèbre article 301, sur lequel reposaient les procès sur "l'identité turque" d'écrivains et de journalistes. Un autre point préoccupant est l'ouverture des ports et aéroports turcs aux navires et avions en provenance de Chypre.

Réactions : 

La présidence finlandaise a noté que de nombreux progrès avaient été réalisés mais a insisté sur la nécessité de plus de "résultats tangibles". Selon la ministre des affaires européennes, Paula Lehtomäki, la Turquie doit accélérer le rythme des réformes politiques et poursuivre intensément le processus de réforme. Elle doit absolument mettre en oeuvre ses réformes de façon complète et efficace pour garantir le caractère irréversible et durable des changements.

Le commissaire à l'élargissement, Olli Rehn, a également regretté le "manque de progrès des réformes." Il a souligné que les négociations étaient un "processus ouvert" sans garanties automatiques. "L'intégration de la Turquie serait bénéfique des deux parts," a-t-il déclaré, ajoutant : "l'UE a besoin d'une Turquie prospère et stable."

Le rapporteur Camiel Eurlings (PPE-DE) a souligné avant tout que le PE regrettait la "lenteur des réformes"en Turquie, mais a salué le 9ème paquet de réformes du gouvernement turque. 

Le député européen chrétien-démocrate Elmar Brok (PPE-DE) a mis l'accent sur les problèmes relatifs aux droits de l'homme, à la protection des minorités et à la liberté de religion et d'expression. Il a précisé qu'il s'agissait de "conditions préalables" à l'adhésion de la Turquie, qui n'a même pas encore mis en oeuvre le protocole d'Ankara. Il a également souligné l'importance de traiter des aspects financiers des négociations en raison de l'absence de "liberté financière" de l'UE dans le cadre des perspectives financières.

Le député européen libéral Andrew Duff (ALDE) a rappelé que le rôle du PE était "de soutenir la démocratie parlementaire en Turquie," ce qui signifie encourager la modernisation du pays en ne mettant pas de "faux obstacles" à son processus d'adhésion. S'il y avait un "accident de parcours" avec Chypre, il resterait deux points : un concernant "les efforts de la Turquie pour créer une réforme viable de l'Islam européen", l'autre concernant les efforts de l'Europe pour définir une politique étrangère et de défense commune solide, à laquelle la Turquie pourrait "contribuer grandement". 

Joost Lagendijk, député européen vert, a estimé que faire de la reconnaissance du génocide arménien par la Turquie une condition préalable à son adhésion, et ce à la suite de pressions de groupes de lobbying, posait problème. Il a souligné que le Parlement devait "soutenir les citoyens turcs qui se battent pour les mêmes choses que nous."

Le mouvement turc ARI a prévenu qu'en raison de cette condition, la Turquie pourrait se montrer moins enthousiaste et revoir ses ambitions à la baisse concernant son processus de réformes. 

Prochaines étapes : 

Le rapport de suivi de la Commission sur la Turquie a été reporté et devrait être publié le 8 novembre 2006.

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